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Music For Containment : l’ambient comme remède au confinement

Music For Containment : l’ambient comme remède au confinement

Manifesto 21 - molécule

À l’initiative de Molecule, 33 artistes se sont réuni·e·s autour d’un seul et même projet solidaire : Music For Containment. Une compilation de titres ambient, dont tous les bénéfices seront reversés à la Fondation de France.

On vit une période où plus de 2 milliards d’humain·e·s sur Terre sont aujourd’hui cloîtré·e·s entre quatre murs, vivant en boucle la même journée. Face à ce confinement, les consciences s’éveillent et le milieu artistique se mobilise pour pallier cette solitude étouffante. On a vu éclore ces dernières semaines de nombreux projets caritatifs, en soutien au corps médical, mais également à toutes ces personnes isolées. Citons la compilation de la scène rave française TEK + KARE ou encore l’album de reprises à sortir le 15 avril de Sick Sad World Music avec notamment TH Da Freak, Tallisker, ou encore CATHÉDRALE.

Dans cette effervescence solidaire, Molecule a réuni 33 artistes sur une maxi compil : Music For Containment. Une compilation de musique ambient, quasi sans paroles, sur laquelle on peut voir figurer notamment Rone, Rebeka Warrior ou encore Apollo Noir. Brian Eno, un des pionniers de la musique ambient, avait expliqué sa création dans une interview : « J’ai soudainement eu l’idée de faire de la musique qui ne s’imposerait pas de la même manière à l’espace, mais qui créerait une sorte de paysage auquel on pourrait appartenir, dont on pourrait faire partie. » C’est ce qui explique ce choix de direction artistique : effacer nos frontières qui se resserrent jour après jour, pour laisser entrevoir de nouveaux horizons. Une évasion de l’esprit vers des espaces plus vastes, grâce à laquelle on pourra partir en balade aux côtés de Flavien Berger et sa mère, pendant une petite demi-heure, par exemple.

Le temps continue de passer, mais la vie, elle, semble arrêtée. Dans ce moment étrange où le présent ne semble donc pas vraiment important, on pense juste à l’après. Quel impact va avoir cette crise sanitaire sur nos vies ? À quoi va ressembler le futur ? On en a profité pour poser la question à Molecule, Flavien Berger et Marion de Requin Chagrin :

Molecule

« L’élaboration de ce projet m’a donné le privilège d’échanger avec plein d’artistes, de les écouter, de les lire… et leurs mots sont profonds, sincères. Ils ont une résonance toute particulière sur ce qui est en train de se passer actuellement. Nous vivons une période impensable. Le temps se mue, il s’étire puis s’accélère. Chaque jour nous dévoile son lot d’incertitudes. On se fait chahuter par la force de chaque instant, l’impression d’être parfois fort, souvent fragile face au vide nouveau qui se présente à nous. Comme une évidence, le son apporte une présence réconfortante, ineffable. Un moyen de retrouver de l’énergie dans un confinement que l’on apprend à vivre à chaque seconde qui passe. L’espace, le sentiment de liberté s’entend dans les harmonies et les vibrations de chaque son. Le besoin dans ce contexte étrange de se sentir près d’artistes que l’on aime au présent. »

Nous sommes aujourd’hui à un moment charnière où l’artiste doit aider et accompagner les initiatives aux changements nécessaires, via les intellectuels, les scientifiques…

Molecule

Flavien Berger

« Je pense que ce confinement va marquer la jeune génération, les enfants, les adolescents qui sont interdits d’école. Il y a une violence lourde et latente derrière ce grand changement et je pense qu’ils la ressentent encore plus que nous, et ça va changer leurs choix futurs, qui seront marqués par le fait d’avoir connu une crise sanitaire mondiale. Moi je ne peux plus aller voir mes parents avec qui je voulais passer du temps et je me rends compte encore plus de l’urgence d’aller les rejoindre. Ma pièce musicale parle un peu de ça, je fais une balade virtuelle avec ma mère. »

Et on se demande à quoi va bien pouvoir ressembler le futur.

Flavien Berger

Marion (Requin Chagrin)

« Le fait d’être sous la contrainte de rester chez soi en ce moment peut dans certains cas être bénéfique pour créer, prendre le temps et même oser de nouvelles choses, chercher un peu ses limites (après tout, on peut toujours réessayer demain…). Je vois aussi qu’il y a pas mal de collaborations et de ponts qui se créent entre les groupes et artistes en plus d’un retour, pour certain·e·s, au DIY (do it yourself). Dans l’urgence on crée avec ce que l’on a devant soi. Il y a une espèce d’ébullition qui, j’espère, durera dans le temps et nous apportera plein de jolis albums à écouter et à aller voir en concert une fois libéré·e·s. »

D’une manière générale, j’imagine qu’une fois sorti·e·s de tout ça, on découvrira un nouveau monde qui tournera peut-être plus au ralenti, autour de valeurs essentielles et du plaisir qu’on aura à se retrouver. En espérant qu’entre-temps cela ne nous ait pas rendu fous·folles.

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Marion (Requin Chagrin)

Tous les bénéfices de Music For Containment seront reversés à la Fondation de France.

Voir les commentaires (1)
  • Par nature, la musique nous rassemble toujours !
    Mais aussi l’un des avantages de cette épidémie est qu’elle a uni tout le monde pour la combattre par tous les moyens.

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