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Rencontre avec Yen Yen, la dernière recrue de Cracki Records

Avec un premier single alléchant, Yen Yen est la révélation de la fin d’année 2018 trouvée par le label Cracki Records. Un morceau qui nous donne envie d’en connaitre plus sur ce jeune artiste et ses futurs projets. Qui est Yen Yen?

Manifesto XXI : Peut-on définir le style de Yen Yen comme « pop »?

Yen Yen : Complètement, oui. C’est très pop au sens de la culture de la musique populaire qui existe depuis les années 60. J’ai fait beaucoup de musiques expérimentales, mais avec ce projet là, ça marque un retour plus classique…

Plus accessible du coup?

Plus accessible, mais je m’autorise toujours quelques petits écarts. Mais c’est extrêmement intéressant de construire des morceaux  sous un format « couplet/refrain » car ce n’est pas comme ça que j’ai appris à composer.

Je ne peux pas travailler dans une logique de stakhanoviste, je prends mon temps.

Pour l’instant, nous ne connaissons que le single « Sh<3tcut », mais on suppose que tu vas nous dévoiler de nouvelles pépites cette année. Peux-tu nous en dire plus?

Tout d’abord, je ne sais toujours pas si je pars sous un format album ou un format EP pour mon nouveau projet. Je travaille plus dans une logique de créer des morceaux, l’un après l’autre, et ensuite je verrai comment je les assemble ensemble. Ce qui n’était pas le cas avant par contre, où je partais d’une thématique et je construisais des morceaux autour de cette dernière. Aujourd’hui c’est différent. Je prends beaucoup de temps à travailler chaque morceau, contrairement à avant où j’avais cette volonté de créer plein de morceaux différents. Je ne peux pas travailler dans une logique de stakhanoviste, je prends mon temps maintenant car j’ai envie d’aller au bout de mes idées.

Tu prends donc le temps de composer tes morceaux, mais d’où vient l’idée d’origine lorsque tu composes un nouveau morceau? D’une mélodie? D’un son? D’une image?

Avec ma nouvelle façon de travailler, comme la création des morceaux est beaucoup plus espacée, c’est très différent selon les morceaux. Par exemple, « Sh<3cut » est un morceau sur lequel j’ai d’abord écrit le texte, puis la mélodie vocale, et tout le reste a suivi. En revanche, j’ai d’autres morceaux où c’est l’inverse, où je pars de l’instrumental, puis je cherche la voix ensuite. Mais dans tous les cas, c’est une logique de choses qui s’empilent, comme si tu tirais des fils les uns après les autres. Le point de départ peut être un mot, ou un outil. En ce moment je travaille pas mal avec l’auto-tune. Cet outil peut me faire partir dans des directions que je n’avais pas envisagées avant.

Avec Aurélien de Saint DX, on a très vite découvert une passion commune pour des registres musicaux R&B.

Sur « Sh<3 Cut », tu chantes et tu fais la production. C’est important pour toi de créer un morceau de A à Z ? Où envisages-tu de collaborer avec d’autres artistes vocaux ou producteurs?

Pour ce nouveau projet et en ce qui concerne la voix, je pense que je vais toutes les chanter car je parle de choses très personnelles. Par contre pour la production, au contraire, je suis assez friand de collaborations. Pour ce morceau là par exemple j’ai travaillé avec un autre artiste du label, qui est venu faire des arrangements sur le morceau.

En parlant de Cracki Records, y a-t-il un esprit de famille « Cracki »?

Tout à fait. Après je sais que c’est une famille qui existait déjà avant que j’arrive. Mais il y a une véritable interaction directe entre tous les artistes. Par exemple, avec Aurélien de Saint DX, on a très vite découvert une passion commune pour des registres musicaux R&B, et ça nous a rapprochés. J’ai tourné également avec les Agar Agar pendant pas mal de temps, j’ai partagé mon studio avec Fred de Renart… Donc oui il y a une véritable connexion entre tous les artistes, c’est sûr. Et le label organise souvent des soirées où on se retrouve tous, donc on se voit pas mal.

Je me suis pris de passion pour les chansons d’amour.

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Tu dis que tes morceaux sont des histoires très personnelles. C’est quoi l’histoire de « Sh<3cut »?

Tout le projet est né d’un contexte. Premièrement, j’avais envie de me tourner vers la pop après des années dans un style « dark ». Puis je me pris de passion pour les chansons d’amour. Je n’en avais pas écrites depuis mes 16 ans. Et c’est pourquoi « Sh<3cut » est une chanson de rupture, puisqu’elle parle de cette sensation où tout le monde disparaît, où la sensation d’être dans l’esprit de quelqu’un d’autre s’éteindra un jour où l’autre. C’est comme ça qu’est né le morceau avec cette analogie entre la facilité de disparaître de la vie de quelqu’un et la mémoire vive digitale.

Mais c’est super pessimiste pour un morceau pop et joyeux comme celui-là ?

C’est assez paradoxale en effet, mais en même temps, je ne l’ai jamais trouvé joyeux, ce morceau. Je le trouve mélancolique, mais pas joyeux. Mais ce n’est pas tragique non plus, ce n’est pas un drame absolu.

Et pour toi la plus belle chanson d’amour, c’est laquelle?

Alors ce n’est pas vraiment une chanson d’amour, mais je dirais « Mother » de John Lennon. Cette chanson te brise le cœur. Il parle de l’abandon de sa mère, mais ça parle d’amour du coup. Ce morceau est bouleversant et d’un point de vue musical, c’est parfait.

Retrouvez Yen Yen au Point Éphémère le 7 février

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