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Douce Dibondo : « Avec la charge raciale, la menace de mort est perpétuelle »

Douce Dibondo : « Avec la charge raciale, la menace de mort est perpétuelle »

Dans son analyse psycho-politique La charge raciale : vertige d’un silence écrasant (Fayard), Douce Dibondo soupèse le fardeau que la blanchité fait peser sur le corps et le mental des personnes racisées. Rencontre.

Combien de fois me suis-je surpris·e à censurer les expressions créoles qui se bousculaient spontanément derrière mes lèvres ? Combien de fois ai-je devancé les remarques racistes par l’humour ou performé une politesse forcée pour dégoupiller les stéréotypes ou les menaces de violence ? Hypervigilance, lissage des attitudes et des aspérités, évitements, modifications physiques et surcompensations… Ce sont, entre autres, les conséquences de ce qu’on appelle la charge raciale. Un concept qu’analyse l’ouvrage éponyme de Douce Dibondo, paru le mois dernier chez Fayard.

On connaît bien la charge mentale, « l’espace mental et l’énergie psychologique » [Camille Robert et Louise Toupin, Travail invisible : portraits d’une lutte féministe inachevée] porté·es par les femmes pour gérer la vie de famille, un terme popularisé en France par la dessinatrice Emma. La charge raciale, quant à elle, concerne toutes les tactiques déployées par les personnes racisées pour survivre dans une société majoritairement blanche. Cette charge nous dépossède de nous-mêmes, nous dissocie de nos corps et de nos individualités qui ploient sous le poids de mille stratégies de silenciation et d’adaptation.

Dans son premier essai, La charge raciale : vertige d’un silence écrasant, Douce Dibondo explore les traces que laisse le racisme sur le corps des personnes noires et le fardeau qu’il fait peser dans leur psyché. Comme elle l’avait déjà amorcé auprès du journaliste Anthony Vincent dans leur podcast Extimité, la poétesse et autrice démasque les silences et replace les intériorités au centre de la race. L’essai est aussi une main tendue pour dépasser les stratégies individuelles de survie, vers une libération commune.

La noirité, c’est le pendant positif de la noirceur. Dans le livre, je fais un parallèle avec les trous noirs. Et la noirité est la singularité des trous noirs, ce point le plus dense, le plus attractif, là où il y a le plus de gravité : il est insécable, on ne peut pas le détruire.

Douce Dibondo


Manifesto XXI – Quelle distinction fais-tu entre la charge mentale et la charge raciale ?

Douce Dibondo : Avec la charge raciale, la menace de mort est perpétuelle. On le voit à travers ce que les personnes noires ou racisées ont vécu tout au long de l’Histoire : il y a toujours cette tuabilité, c’est-à-dire cette capacité que l’Occident et la suprématie blanche ont de tuer des corps qui ne leur servent pas ou plus. On le voit aussi au quotidien : qui fait le travail le plus dur, qui est corvéable jusqu’à en mourir, qui se frotte au danger de la police, aux violences médicales ? Cette menace de mort est même parfois intériorisée et pousse à se taire. 

Tu parles aussi de la charge raciale comme d’une dette qu’on porte d’avance : c’est une dette envers qui et de quoi ?

Quand je parle de dette raciale, je parle de ce que la condition noire porte en elle. Je fais une analogie avec ce que le philosophe Charles W. Mills qualifie de contrat racial. Il montre qu’au XVIIᵉ siècle, l’Occident fonde un contrat social censé régir la société « civilisée » par des lois souveraines, tout en justifiant la colonisation et l’assujettissement de millions de personnes. Dans ce contrat social-là, il y a une clause implicite qui érige les un·es (les Occidentaux) au rang de personnes, et les autres (les personnes racisées) à celui de non-personnes. Nous (personnes racisées) sommes signataires de ce contrat par la force des choses et portons le poids de devoir sans cesse prouver notre humanité, notre droit d’exister et de vivre. C’est ça, la dette raciale. Et les enfants racisé·es la portent en elleux quand iels naissent.

On hériterait donc de cette charge raciale selon toi ?

Oui. Même si les neurosciences et l’épigénétique en sont encore aux balbutiements, il y a des études qui montrent comment le trauma et les secrets se transmettent de génération en génération. Imaginons une dette, une charge raciale, qui existe depuis près de quatre cents ans : évidemment, cela se reflète dans les systèmes familiaux et communautaires. On le voit, entre autres, avec le colorisme (discrimination, en particulier au sein d’un groupe racial ou ethnique, favorisant les personnes à la peau claire plutôt que celles à la peau foncée, ndlr). On hérite également de mécanismes, comme celui de la silenciation à travers lequel on s’auto-censure pour se protéger. Cet héritage se retrouve dans ce que la chercheuse Patricia Donatien-Yssa appelle la blès. La blès, ce sont toutes les maladies psychosomatiques, les troubles, le psychisme effracté et les dépressions avec lesquels les personnes issues des Antilles peuvent naître.

Je vois aussi le silence comme un antidote. Pourquoi ne pas se préserver en arrêtant de témoigner pour quémander une validation auprès de la blanchité ? On peut prouver notre existence de manière communautaire, dans un silence qui nous sert d’abord à nous.

Douce Dibondo

Dans ton livre, tu parles beaucoup de silence, de silenciation et d’une charge silencieuse. Tu as également un rapport particulier au silence. Comment en es-tu sortie ? 

Le silence dans lequel je me murais enfant était en partie dû à une neuroatypie, mais aussi à mon caractère introverti. Une autre facette de ce silence est arrivée de manière plus fracassante, avec la guerre civile au Congo que j’ai vécue quand j’avais 4 ans. Ma famille n’a jamais parlé de ce qu’il s’était passé. Ma mère m’a toujours dit que je n’avais jamais pleuré, que je ne m’étais jamais plainte. Pendant très longtemps, je ne me suis pas rendu compte de ce que j’avais traversé. Avec le recul, je sais que ce n’était pas normal de ne rien extérioriser à cet âge. Récemment, je suis tombée sur un article de Dr. Muriel Salmona sur ce que le traumatisme fait à la mémoire, l’amnésie, le silence des victimes et comment le système nerveux nous protège en bloquant la parole. Tout a fait sens. De manière plus collective, en tant que personnes noires, on vit des traumas jour après jour et nos systèmes nerveux compensent et érigent des silences, des censures et des évitements. Il y a des contournements, comme l’humour ou le divertissement, qui nous permettent de porter des masques et de nous distancier de cette douleur. 

Ça peut paraître paradoxal, mais je vois aussi le silence comme un antidote. Si notre système nerveux se protège en faisant silence, pourquoi ne pas se préserver de manière collective en arrêtant de témoigner pour quémander une validation et une humanisation auprès de la blanchité ? Cette preuve de notre existence, on peut la faire de manière communautaire, dans un silence qui nous sert d’abord à nous.

Tu expliques que l’Occident sépare le corps de l’esprit pour nous déconnecter et mieux nous contrôler. Tu parles aussi de la charge raciale comme d’une blessure qu’on ressent viscéralement dans nos corps. Toi, comment ressens-tu cette blès ? Où se dépose la charge raciale en toi ?

Pendant longtemps, j’ai eu mal aux épaules, aux omoplates et au foie. J’avais le diaphragme raide et des calculs. En fait, je ne respirais pas. Quand je riais, je ne riais pas avec mon corps, mais avec ma tête. Intellectualiser mes émotions m’a permis de me protéger de la douleur de cette charge raciale. Quand je suis arrivée en France à 12 ans et que je me suis rendu compte de mon bagage, mon corps s’est distancié de lui-même. Je n’arrivais pas à poser mes limites, ni à mettre des mots sur le racisme, le sexisme ou la misogynie. Puis j’ai rencontré des personnes qui m’ont aidée à comprendre ce que je vivais et j’ai enfin pu respirer. Mais le retour de bâton a été dur. J’ai été malade pendant très longtemps, mon système immunitaire était défaillant. 

Nos corps sont des surfaces d’alarme, et quand la charge raciale prend trop de place, ils se coupent pour survivre. C’est aussi pour ça, selon moi, que la suprématie blanche se permet de capitaliser sur notre souffrance. Elle ne nous voit plus que comme des corps, mais pas des corps souffrants, des corps utiles dont on peut s’emparer pour se divertir et pour désirer. Notre subjectivité et notre intériorité sont totalement mises de côté. Parfois même par nous-mêmes, par survie.

En tant que personnes racisées, on voit tout : l’humour soi-disant innocent, les remarques, l’ignorance autour de la négrophobie, etc. Et même si on se tait ou qu’on ne fait pas un travail de pédagogie, on se traîne une charge : celle de savoir et de remarquer.

Douce Dibondo

Quel est l’endroit ou le moment où tu ressens la charge raciale la plus lourde ? 

Au travail. C’est l’endroit où on met le plus de masques, surtout si on est à l’intersection de plusieurs discriminations. Mais aussi dans les relations interpersonnelles. C’est là que se joue une intimité ouverte à une Histoire qui nous dépasse. En tant que personnes racisées, on voit tout : l’humour soi-disant innocent, les remarques, l’ignorance autour de la négrophobie, etc. Et même si on se tait ou qu’on ne fait pas un travail de pédagogie auprès de nos proches non-concerné·es, on se traîne une charge : celle de savoir et de remarquer. Souvent, on arrive à faire l’effort de comprendre d’où vient ce manque de vigilance, on excuse certains manquements car on se rappelle l’humanité des personnes non-concernées, mais elles ne voient pas toujours la nôtre. Pourquoi ce manque d’empathie de la part de la blanchité ? C’est ce qui nous tue, que ce soit à l’échelle du génocide en Palestine, ou à celle du couple interracial. 

En tant que personnes noires assignées femmes, on est en bas de l’échelle de l’humanité. Pourtant, on a toujours eu cette capacité à se mettre à la place de l’Autre, mais le contraire est très rare. Et ça, c’est tellement lourd. Alors j’essaie de me détacher du fait de vouloir éduquer, de vouloir tout pardonner trop vite pour aller de l’avant. Je creuse en moi-même, j’écris ce que je vis et je m’autorise à porter ma rancune ou ma colère le temps qu’il faut.

Penses-tu qu’identifier cette blessure, la ressentir dans son corps, dans son intériorité, c’est refuser ce silence et s’alléger du poids de la charge raciale ? 

La charge raciale vient de l’extérieur, elle est presque indépassable. Plus on se rapproche de notre intériorité, plus cette charge s’allège. Sans tomber dans l’essentialisation, en tant que personnes minorisées, on vient de générations qui ont réussi à obtenir des droits, à se libérer, à résister, à brûler la maison du maître. Il y a des choses en nous qu’on peut aller puiser, notamment à travers la créativité dans son sens le plus large. Et ce n’est pas forcément individualiste. Cette intériorité peut se sonder à plusieurs. Là, par exemple, il y a plein de connexions qui se créent entre toi et moi. On respire, et nos cœurs sont en train de se synchroniser. Et puis avec tes questions, tu me fais voir les choses sous un autre angle et je me sens comprise, donc on avance. 

Cette intériorité passe aussi par une lutte existentielle, en n’ayant plus peur de renverser la dichotomie entre le corps et l’esprit. C’est avec cette fusion-là qu’on va réussir à s’alléger de la charge raciale de manière commune. Ça peut passer par les rituels ou par la réparation du vivant, par exemple.

Pour paraître crédibles, on se sent obligé·es d’être les plus rationnel·les et les plus carré·es. J’espère qu’on va se rapprocher d’autres manières de comprendre l’être humain. Que nos savoirs dits “alternatifs” soient au même plan épistémologique que tout le reste.

Douce Dibondo

Tu expliques que même à la gauche de la gauche, on a tendance à ne parler du racisme que sous le prisme de la matérialité, ce qui n’est pas suffisant. Est-ce que l’intériorité est la pièce manquante ?

Quand je parle de ce biais de la gauche, je m’inclus dedans. Moi aussi, j’ai construit ma pensée sous un prisme matérialiste, avec des arguments que je pouvais balancer à la face de mes adversaires politiques. Quand on creuse, on se rend compte que ces adversaires ont l’inconscient collectif de leur côté. Un inconscient bardé de forces invisibles qui nous dépassent. Et nous, pour paraître crédibles, on se sent obligé·es d’être les plus rationnel·les et les plus carré·es, d’où ce recours à la matérialité. J’espère qu’on va se rapprocher d’autres manières de comprendre l’être humain. Que nos savoirs dits « alternatifs » soient au même plan épistémologique que tout le reste. 

Dans les discussions qu’on a pu avoir autour du racisme, et dans certaines parties de ton livre, tu rappelles que même les motivations des puissances coloniales ne sont analysées que sous le prisme de la matérialité. On ne parlerait que de motifs rationnels et économiques et on oublierait l’intériorité, l’agentivité et l’intentionnalité des acteur·ices de la suprématie blanche. Tu peux en dire plus ?

La sociologie française nous apprend que la société dicte le comportement des individus. La théorie allemande nous dit que les individus ont des intentions et que ce sont ces intentions-là qui créent la société. En général, on divise ces deux manières de penser, mais les deux sont liées. Je me suis dit : si la colonisation et le système esclavagiste s’expliquent par des motifs rationnels comme l’économie, quelles sont les autres raisons ? Comment des personnes ont pu déshumaniser d’autres humains ? Je suis allée chercher du côté de la psychanalyse et du penseur et psychiatre Carl Gustav Jung. Je me suis rendu compte que la psyché et l’inconscient de la civilisation occidentale étaient influencés par l’alchimie. 

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Dans l’alchimie, Jung explique que l’Homme évolue du noir, le nigredo, c’est-à-dire la noirceur, le mystique, l’infantile et la mort, au point ultime de l’albedo, soit la blancheur, le désir, la conscience, la pureté et le Soi. Tous ces concepts rappellent ce qui est projeté sur les personnes et les corps noirs. Quand les « colons alchimistes » sont arrivés en Afrique et dans les Amériques, ils ont vu des personnes « infantiles » à purifier et à éduquer, parce que noires. Ce sont des choses qui sont inconscientes. Par la suite, la civilisation occidentale a dû justifier cette pulsion de puissance et ce sentiment de supériorité. Sans rentrer dans un racisme moral, il faut parler de cet inconscient collectif. Il porte des forces invisibles que les professionnel·les de la santé, les antiracistes, les chercheur·ses devront déterrer. Il faut s’emparer de cette question de l’intériorité, autant chez les personnes noires que chez les personnes blanches.

Je m’inscris dans une tradition afroféministe où le “je” raconte le vécu des personnes noires par la fiction et le récit de soi. C’est un moyen de me rapprocher des gens de la communauté, et de moi-même. Plus on parle du “je”, plus on parle du “nous”.

Douce Dibondo

Justement, on nous refuse cette intériorité. Toi, comment arrives-tu à dire « je » et à faire émerger le Soi ? 

C’est un apprentissage de tous les jours. Si je me dis que je suis un être détaché de tout regard extérieur, je meurs à petit feu. Je suis un être social, j’ai besoin de la communauté. Mais une communauté qui puisse s’autocritiquer et se soutenir. Pour cela, il faut qu’on accepte les individualités de chacun·e. Mais dans une société où on nous met sans cesse en compétition, où les Noir·es sont vu·es comme un groupe monolithique, où les seules portes qui nous sont ouvertes sont celles du divertissement, comment réussir à dire « je » et « nous » ?

Moi, je le fais par la poésie. C’est ce qui m’aide à être traversée par le « nous ». Je reconnais d’où je viens et quels sont les apports de mes ancêtres : celleux d’il y a trois cents ans, comme celleux mort·es il y a trente ans ou un an. Je dis « je » à travers l’art, la créativité et la mémoire ; en discutant avec mes parents et mes ami·es, en allant creuser dans leurs expériences noires. Ce qui me connecte, c’est aussi l’attention permanente, le fait de créer des entités et des collaborations avec les gens qui m’entourent. Je pense que ça se ressent dans l’écriture de l’essai. Je n’ai pas voulu adopter une posture académique. Je m’inscris dans une tradition afroféministe où le « je » raconte le vécu des personnes noires par la fiction et le récit de soi. C’est un moyen de me rapprocher des gens de la communauté, et de moi-même. Plus on parle du « je », plus on parle du « nous ».

Tu utilises le terme de « noirité » : peux-tu expliquer pourquoi tu le préfères à d’autres mots, comme blackness, noirceur ou négritude ? Et pourquoi le concept de blackness ne prend pas en France ? 

En France, on a du mal à traduire le terme de blackness. Aux États-Unis, dans la communauté afro-américaine, blackness renvoie à la condition noire, c’est-à-dire à la condition sociologique faite de discriminations mais aussi de fierté et de dignité noires. Ici, on a eu le concept de négritude, qui s’inscrit dans un mouvement diasporique en réponse à la société française. Blackness est parfois traduit par « noirceur ». Mais on n’entend jamais « je suis fièr·e de ma noirceur », cette traduction ne prend pas. Il existe tout de même une conception de la noirceur qui vient des afro-pessimistes qui l’inscrivent dans une mort sociale. Selon elleux, à partir du moment où les personnes noires ont été déportées du continent africain, la face du monde a été changée. Et depuis, le noir est le néant. Pour moi, c’est une part de la vérité qui souligne une partie de notre histoire. Mais que fait-on de l’autre vérité ? 

La noirité, c’est le pendant positif de la noirceur. Dans le livre, je fais un parallèle avec les trous noirs. Le trou noir est le point le plus dense, le plus attractif, là où il y a le plus de gravité : il est insécable, on ne peut pas le détruire. Pour moi, c’est là que se trouve la dualité de la charge raciale. Je fais aussi l’analogie avec la manière dont on se raconte au Congo. Je vois évidemment la blessure de la déportation, mais je vois aussi l’espoir et la résilience du continent africain.

Le mot résilience est souvent accolé aux personnes noires, surtout aux femmes noires. Est-ce que tu n’as pas l’impression qu’il y a un piège là-dedans ? Personnellement, je déteste ce mot. 

Si, bien sûr. Le mot a été galvaudé. Souvent, ce terme nous refuse notre douleur et notre expérience traumatique. Quand je parle de résilience, je parle de la conscience de ses émotions, de sa douleur et de sa colère et du fait d’en avoir assez, de dire au système qui nous fait souffrir « vous n’aurez pas cette part de moi ». La résilience, c’est aussi savoir quand partir. Et dans ce départ, faire en sorte de ne pas y laisser la personne qu’on est. Être résilient·e, ce n’est pas s’inscrire dans une positivité toxique, ni être dans une force surhumaine ou ravaler ses émotions, au contraire. 

Quel est l’endroit ou le moment où tu te sens la plus légère ? 

Entourée de personnes noires. J’arrive à être moi-même, je ressens de la joie, j’ai l’impression que la charge raciale est répartie et donc qu’elle s’allège. Mais ça peut être très dur quand on sort de ces moments de communauté. Je me demande toujours : était-ce une illusion ? Non, c’est l’utopie qu’on mérite.


Photo à la Une : © Céline Nieszawer / Leextra / Éditions Fayard

Relecture et édition : Sarah Diep et Benjamin Delaveau

Réécouter notre discussion « Prendre soin de soi dans une société raciste : une question communautaire ? » menée lors du Take Care Festival en 2020 avec la fondatrice du compte Insta La charge raciale (aujourd’hui @mangouinistan)

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