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Ed Mount, le confort en dessous de 125 bpm
ed mount x Manifesto XXI

Ed Mount sortait le 19 avril dernier un nouvel EP, Left my heart sur le label nantais Futur. Un an après Space cries, plus pop synthétique, Thibault Chevallier revient avec cinq nouveaux titres plus smooth, plus élégants, peut-être moins dansants, et surtout plus aventureux. Du vintage dans les claviers, de la soul dans les chants, du cosmique dans les guitares… Ed Mount nous a parlé de sa musique, qui électrise autant qu’elle repose.

Manifesto XXI : Tu peux nous parler de ton processus de composition ?

Ed Mount : Je compose au clavier – bien que je sois guitariste – ça m’amène des choses nouvelles, et c’est plus immédiat pour les « couleurs ». J’ai une idée générale de la mélodie de chant que je peaufine au fur et à mesure, et le texte vient ensuite.

Une volonté de créer libérée des contraintes d’une formation classique, ça se traduit comment dans la composition ?

Ça permet de s’en détacher justement, elles sont là, mais on peut les oublier. La difficulté reste de ne pas trop analyser la musique mais de la ressentir. Trop comprendre la musique donne une approche mathématique et cartésienne, plus dans le cerveau et moins dans les sensations qu’elle procure.

Qu’est-ce que tu gardes de ton passé de jazzman ?

Des couleurs harmoniques je crois. Une certaine façon d’agencer les grilles d’accords.

Inspirations McCartney-Prince ; mais il y a un côté beaucoup plus smooth, cloud, moderne, comment tu l’insuffles à tes morceaux ?

C’est marrant que ce mot « smooth » revienne si souvent. Le mot est très connoté « playlist chill » quand même… Mais j’aime les morceaux confortables dans le son, dans le mix, et c’est peut-être ça.

Qu’est-ce qui a évolué depuis tes deux derniers EPs ?

Je me connais mieux, je sais où je vais, et où je veux amener le projet ! J’ai déjà le son et l’instrumentation en tête pour l’album !

La ligne rouge de ce nouvel EP ?

Des retours que j’en ai eu, il est plus calme que le précédent, ce qui n’était pas une volonté, simplement mon humeur au moment de le réaliser j’imagine. En règle générale je ne compose pas de morceaux au-dessus de 125 bpm, je n’arrive pas à sentir de groove au-delà. Je crois ma musique est assez axée autour de ça.

Left my heart… Où ?

Ce morceau traite en filigrane de ma difficulté à exprimer verbalement mes émotions… Que j’ai transposée en une histoire d’amour. Forcément.

Les cinq chansons de l’album sont très cinématographiques. Comment tu les projettes ? Tu veux que tout se raconte par le son ?

C’est malheureusement impossible aujourd’hui de dire « Tiens écoute ça, mais tu n’auras aucune info visuelle de ce que tu écoutes ». Ce n’est pas forcément une mauvaise chose d’associer les deux, c’est simplement que, aujourd’hui, c’est poussé à l’extrême. C’est pour ça que des mecs comme les Daft ou Banksy sont si fascinants, on ne comprend pas tout. C’est bien parfois de ne pas avoir toutes les clés.

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Quelle va être ta formule de live ? Quand on est exigeant dans la composition, qu’on cherche des arrangements pour créer des histoires, des atmosphères, comment on appréhende de simplement les jouer en live ? Est-ce que ce qui se passe en studio peut être changé par ce qui se passe sur scène ?

On réarrange, ça ressemble au disque mais ça n’est pas figé. Et j’aime pouvoir improviser.

Qu’est-ce que raconte la chanson « No one else » ?

C’est une déclaration d’amour. Je cuisine beaucoup et la ligne « I wanna cook for you and no one else » peut paraître ordinaire, mais je la prends hyper au sérieux !

Qu’est-ce que tu aimerais qu’on en dise de cet EP ?

Tout sauf qu’il est « chill » !

Qu’est-ce que tu écoutes en ce moment et que tu recommanderais ?

J’écoute pas mal Benny Sings, et Michael Franks depuis que ma tourneuse me l’a fait découvrir.

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