d r ô n e, le nouveau système mode. Interview

Saint-Ouen, aux portes de Paris, cache des perles rares. Entre les antiquaires et les usines désaffectées, nous avons atterri au Wonder, le squat des squats. Nous y avons rencontré d r ô n e, maison de mode pas comme les autres.

Manifesto XXI – Pour commencer, pourquoi « d r ô n e » et pourquoi écrit de cette manière ?

Dr. One : Le choix des minuscules c’est parce qu’on ne désirait pas se mettre en avant et on voulait prendre le contrepied de toutes les marques qui donnent le nom du créateur à la marque. Supprimer les majuscules c’est supprimer une quelconque hiérarchie, tout est à la même hauteur, tout le monde est égal.

On voulait donner un côté aérien avec les espaces entre les lettres. C’est aussi pour se différencier, dans un long texte ça permet de repérer tout de suite le nom de la marque. Et le mot « drône » répondait à tout ce qu’on cherchait, le rapport au militaire ou encore celui aux machines, qui sont faites pour être efficaces et non superflues.

Le clash générationnel nous plaisait beaucoup, pour les anciennes générations, ce sont des machines de l’armée qui font peur et qui tuent, pour les jeunes ce sont des jouets contrôlables par smartphone, ça montre comment la technologie a été démocratisée, c’est un peu une scission entre les deux. En allemand, « drone » signifie « faux bourdon ». Et on aime bien cette idée d’objet volant omniscient qui peut tout voir, il y a un côté très inquiétant et très actuel.

Manifesto XXI – Tout est fabriqué ici, en France. C’est vous qui faites tout ?

Dr. One : On fait tous les prototypes, toutes les collections ici. Les pièces sont produites en France ou dans des pays voisins, comme le Portugal.

On ne veut pas travailler avec la Chine pour l’instant par exemple, parce que c’est plus simple et agréable de travailler avec des gens qui sont proches, pour la communication, et le suivi de qualité, et là-bas les conditions de travail sont difficiles. On est une petite entreprise, on ne fait pas énormément de pièces, donc ça n’aurait pas d’intérêt.

Manifesto XXI – Dans vos clips, vos visuels, vos défilés, il y a un parti pris esthétique très underground, parsemé de science-fiction. C’est voulu ?

Dr. One : Ce n’est pas entièrement voulu. Le décor dans lequel on vit et on travaille, dans les ateliers Wonder, a beaucoup joué sur nous. C’est notre quotidien, on reste des jours et des jours ici et on peut avoir du mal à sortir dehors, dans la réalité.

On a fait beaucoup de nos premières photos ici, on aimait bien le rapport entre le béton et la nature qui a repris son territoire. Cet endroit c’est le clash entre les deux, c’est beau. Ça donne un décor naturel et fort. Il y a un côté science-fiction qui nous plaît, créer des choses qui sortent du quotidien. On veut amplifier et extrapoler le côté fiction de notre quotidien.

Manifesto XXI – En quoi le fait de travailler dans un tel lieu, à Saint-Ouen plutôt que dans le 11e par exemple, influence votre marque, votre identité ?

Dr. One : Ce n’est pas dans la localité que ça change quelque chose, mais plutôt le fait d’être avec d’autres artistes et artisans, ça facilite les rencontres et les collaborations. On essaie de rester plus ou moins en dehors, en dehors de la ville, du système. On a travaillé avec des gens qu’on a rencontrés ici, il y a une sorte de synergie particulière.

Dans une marque de vêtements, il y a beaucoup d’aspects autres que le vêtement en lui-même, comme la photo, la vidéo, ou la musique des événements. On essaie de maîtriser tous les paramètres, de déléguer le minimum. Pour le lieu ça se ressent forcément sans qu’on le veuille, ça fait trois ans qu’on vit ici, c’est ici que la marque est née, ça ne serait pas la même chose si on était coupés des autres, dans notre bureau.

On a fait le test, mais tu t’ennuies, dans le travail comme dans la vie. Nous on ne sépare pas, les deux fusionnent, on travaille tout le temps tout en ayant l’impression de vivre normalement.

Manifesto XXI – Est-ce que vous pensez que le fait de vouloir changer notre système de travail est quelque chose de générationnel ?

Dr. One : Certainement. Pour une question d’argent, parce que plus personne n’en a. Et puis l’envie de faire des choses soi-même, faire partager son expérience, décider de faire alors que personne ne te l’a demandé. Il y a quelques années, les gens étaient centrés sur le culte de la personnalité, une personne fondait sa marque, son entité, maintenant c’est plus l’esprit collectif. Avec Internet il y a moins de spécialisations directes, tu vois tout ce qui t’intéresse et ça donne envie de tout faire soi-même, que ce soit la vidéo, les photos, la musique…

Manifesto XXI – Est-ce que vous jugez que vos collections sont politisées ?

Dr. One : Ce sont des questionnements personnels, plus existentiels que politiques, par exemple sur la manière qu’on a d’exister, de vivre, comment on pourrait faire différemment, s’habiller différemment. Ce n’est jamais gratuit, ça a toujours plus de force lorsque c’est réfléchi. C’est plus sociologique que politique. Ça change en fonction des collections. La collection qui va sortir cet hiver est autour du sommeil polyphasique, comment tu dors, comment tu arrives à gérer ton énergie.

Les nouvelles générations vivent différemment, on remet en question cette histoire de sommeil, d’optimisation du temps. On a une nouvelle approche, il y a une génération de geeks de l’informatique qui essaient d’optimiser leur temps. On s’est beaucoup questionnés sur les écrans, l’informatique, les jeux vidéo, le digital. Aujourd’hui tout est très orthonormé dans les vêtements, tu trouves tout le temps la même chose dans les magasins.

On veut pousser les questions plus loin, même si les vêtements sont moins faciles à faire accepter à tout le monde. Un monde où tu te baladerais de boutique en boutique avec des vêtements et des formes complètement différents, où tu découvrirais de nouvelles façons de présenter le corps, ça serait la liberté. Maintenant les gens préfèrent porter un t-shirt parce que s’ils mettent autre chose ils penseront avoir l’air chelou. Il faut les pousser à sortir de ça, tu peux acheter un truc de sport, de canoë par exemple, et sortir dans la rue avec, c’est de la bombe.

Manifesto XXI – Comment choisissez-vous vos tissus et pourquoi ces tissus-là ?

Dr. One : On a un rapport puissant à la notion de l’utilitaire. Un avion de chasse ou une Formule 1 c’est beau parce que c’est fait pour aller vite et que c’est fonctionnel, mais la beauté n’est pas le but. La nature est belle parce que tout est là pour être fonctionnel, il n’y a pas de but esthétique gratuit.

Au contraire un bouton qui ne sert à rien c’est moche, par essence même, parce que justement ça ne sert à rien. Eh bien c’est pareil pour les tissus, il y a beaucoup de tissus techniques qui se développent. Le tissu c’est un choix qui permet de montrer ton idée. L’idée de la collection rouge et noire, « zérô », c’était le dépassement de soi, la protection, on a décidé de le montrer par les tissus, et on a choisi des tissus qui ont des propriétés spéciales, qui sont étanches, résistants, qui tiennent chaud…

Quand tu parles de la protection de soi, de l’étanchéité, il faut faire un vêtement qui dans sa technicité habille le concept jusqu’au bout. Un imperméable qui est censé te protéger de la pluie, ne l’est pas forcément, il y a des coutures, donc des petits trous, il y a des zips perméables… Si tu fais un vêtement anti-pluie, tu prends un tissu imperméable, tu mets des bandes thermocollantes sur les coutures et tu utilises des zips imperméables. Et finalement en allant à fond dans l’utilitaire, tu arrives à quelque chose de beau par essence.

Manifesto XXI – Donc vous reliez le concept de beauté à la fonctionnalité ?

Dr. One : Pour nous la fonctionnalité pure, la recherche de l’utilitaire, apporte la vraie beauté. Quand on crée on ne recherche pas la beauté, on recherche à pousser notre concept au maximum, et par moment les gens trouvent ça beau. Évidemment on fait des vêtements qu’on aimerait porter donc nos goûts entrent aussi en jeu.

Manifesto XXI – Souvent on sépare l’esthétique de la fonction, votre approche est vraiment intéressante…

Dr. One : Des vêtements beaux, avec de belles proportions, il y en a déjà des millions, et à part le faire pour prouver que tu peux le faire, ça ne sert pas à grand-chose… Dans la plupart des défilés tu retrouves souvent des archétypes de base, que chacun revisite à sa manière, mais ça reste un archétype de vêtement classique.

Manifesto XXI – Que pensez-vous du luxe, des maisons de luxe, de cette industrie ? Quel rapport avez-vous avec elle ?

Dr. One : C’est cool d’avoir autant d’argent pour pouvoir faire des scénographies ouf ou pouvoir se payer des matières premières géniales. Mais le monde du luxe en lui-même, on s’en fout. Ils ont des moyens enviables, c’est tout. En l’ayant vu un peu de l’intérieur pendant des stages, quand tu vois le nombre d’équipes, le nombre de gens, ce qui est présenté sur un podium, ce qui est vendu, ça ne donne pas vraiment envie. Le luxe c’est quelque chose d’un peu mytho.

Manifesto XXI – Quelle est votre définition du luxe ?

 Dr. One : Le luxe c’est d’être libre et de pouvoir faire ce que tu veux. Pouvoir inventer, c’est un vrai luxe.

Manifesto XXI – L’aspect anonyme et collectif de votre marque est aussi très intéressant. C’est un contraste avec la starification des stylistes dans les maisons de couture

Dr. One : Tu aimes le vêtement pour le vêtement, tu peux respecter le mec qui l’a fait, mais tu ne peux pas acheter un vêtement parce que c’est ce mec qui l’a fait. D’autre part, c’est injuste de remercier une personne, alors qu’il y a tellement de personnes qui interviennent dans le processus créatif.

Manifesto XXI – Est-ce que vous avez une ou des marques de luxe qui vous inspirent et vous plaisent dans leur style ?

Dr. One : Il y en a qu’on aime et qu’on respecte mais on s’inspire plutôt de choses qui sont voisines de la mode. Ça peut être des vêtements techniques, de sport… On ne regarde plus les vêtements des créateurs, on s’inspire plutôt de concepts, de thèmes précis.

Bien sûr les plus fous sont les plus intéressants : Vivienne Westwood, Yohji Yamamoto, Comme des Garçons. Même si on apprécie leur travail, c’est autre chose. Ils ont une autre démarche, il y a une volonté d’esthétisme pur, il y a une recherche par rapport à une manière de travailler le vêtement. Nous on est du Prêt-à-Porter créateur, entre le Prêt-à-Porter et la Haute Couture.

Manifesto XXI – Est-ce que vous avez l’impression d’accomplir une petite révolution dans votre manière de fonctionner par rapport au système de la mode ?

Dr. One : Dire que nous, seuls, on fait une révolution, non, mais faire partie d’une énergie qui essaie de faire les choses différemment, par eux-mêmes, oui. On est entourés de gens qui sont dans la même énergie. On a créé une marque de vêtements parce qu’on ne trouvait pas ceux qu’on voulait porter. C’était une démarche personnelle et ça a plu aux gens, et comme on ne trouvait pas de postes ou de stages qui nous convenaient, on a continué. Ça c’est un phénomène générationnel, de ne pas trouver sa place, son contentement, dans la société qu’on te propose. Il y a un côté naïf aussi. On est en marge parce qu’en se lançant là-dedans, il y a plein de trucs qu’on ne connaissait pas, on n’a pas travaillé dix ans dans des maisons de mode. On ne savait pas le poids ultime du marketing, de la communication… On sait ce qu’on veut comme esthétique, faire une marque ça nous a permis de fédérer tout notre travail, mais il n’y a jamais eu de calculs derrière.

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Manifesto XXI – Donc il n’y aura pas de t-shirt DHL ?

Dr. One : Sûrement pas. Vetements c’est exactement l’image de la communication. Quand tu vois de nos jours dans un musée que ce qui est exposé pour représenter le vêtement contemporain est un sweat avec écrit « Vetements », ça fait peur. Ça n’a aucun intérêt de montrer ça, autant présenter des pièces avec de nouveaux tissus, montrer ce que l’industrie, le monde te permet de faire aujourd’hui, plutôt que de rester dans le private joke éternel de la communication. Si les gens ont confiance en eux en portant ça, tant mieux, mais c’est dommage que ce soit ça qui soit considéré comme l’actuel, il y a quand même plus riche et plus risqué.

Manifesto XXI – Est-ce que vous pensez que c’est important de lutter pour une mode plus éthique dans ces systèmes de production ?

Dr. One : Ça a du sens pour les très grosses boîtes, qui produisent beaucoup de choses et qui font produire leurs tissus à base de pétrole. Nous on est loin de ça. Ça dépend aussi de l’identité de la marque. On en est conscients mais ce n’est pas notre axe principal de réflexion, on veut être le plus libres possible et en s’attachant à une mode vraiment éthique on se fermerait plein de portes. Nous on va essayer de produire le plus proche de nous, d’essayer que la personne qui fait nos vêtements ne soit pas sous-payée.

Il existe quand même une forme d’éthique chez d r ô n e, basée sur l’imaginaire et la liberté de créer, on ne fait pas des vêtements pour tel type de personne, on fait des vêtements parce qu’on a imaginé une histoire et des personnages, les gens peuvent s’y retrouver si l’histoire leur plaît et pas parce qu’ils appartiennent à telle classe sociale.

En contre-image, les grandes marques qui font du luxe ou de la Haute Couture ne vendent finalement que des parfums, ils ne font de pub que pour ça, pas pour leurs vêtements. C’est avec le parfum qu’ils font de l’argent et la Haute Couture qu’ils font l’image. Ça n’est pas très éthique quelque part, parce que tu ne vends pas le vêtement au maximum, pas comme il devrait l’être, tu vends un rêve sur le podium pour après vendre du parfum et des objets contournés. C’est vendre du vent.

Dans cette optimisation du vêtement, on est éthiques dans le sens où aucun vêtement d r ô n e n’est jetable. Aujourd’hui on est dans un commerce du vêtement, tout est jetable. Tu vas acheter un produit parce que c’est la tendance de la saison et arrivé à la suivante tu le laisses dans ton placard. Un vêtement de qualité se doit d’être intemporel. Parce qu’on n’a pas essayé de comprendre la couleur que tu voulais porter aujourd’hui, en principe si ça te plaît aujourd’hui, ça te plaira plus tard. La fonctionnalité joue aussi, tu te sens optimal quand tu portes un vêtement. C’est une éthique générale, on fait du vêtement pour la fonctionnalité et la qualité, la plus poussée. C’est plus une éthique de conception qu’une éthique écologique.

Manifesto XXI – Donc les tendances vous sont complètement égales ?

Dr. One : Oui. Si tu essaies de suivre les tendances, tu arrives en retard. Donc tu ne te poses pas la question et tu regardes là où tu as envie d’aller. Les carnets de tendances demandent des vêtements de l’été 2015 pour les prendre en photo et les mettre dans le carnet de tendances de l’été 2016. Ça sert pour des marques de Prêt-à-Porter de grandes distributions qui n’ont pas de pôles créatifs forts et qui s’inspirent de pièces plus créatives et compliquées pour en faire des vêtements plus simples pour le grand public. Mais pour les gens qui font du vêtement un moyen artistique, c’est comme pour un peintre, tu ne lui demandes pas de suivre les tendances. On fait ces vêtements, parce qu’on a envie de les faire, par rapport à nos interrogations du moment, on n’aurait jamais l’énergie de le faire si c’était pour suivre des tendances. Même si quelque part, ce que tu penses est perverti par ce que pensent les gens autour de toi, il faut réussir à rester le plus honnête possible.

Manifesto XXI – Votre prochain défilé est programmé pour quand ?

Dr. One : Fin janvier. C’est assez rigolo d’ailleurs, parce qu’on a décidé de se mettre dans le calendrier de la Fashion Week. Beaucoup de gens disent que la mode va trop vite, mais on aime bien cette idée de devoir présenter du nouveau tous les six mois. Ça permet d’avoir une deadline, c’est motivant.

Manifesto XXI – Vous vendez où ?

Dr. One : Au niveau commercial on n’est pas aussi développés que dans le reste, on n’a pas d’agent commercial, ni de showroom, et ça nous fait encore un peu défaut. Notre principal point de vente c’est notre site Internet. On cherche aussi des boutiques, on a un point de vente à Paris, Isakin. Pour le moment on est une très jeune boîte, donc les boutiques ont encore peur d’investir dedans.

Manifesto XXI – Que pensez-vous de l’aspect communication, avec notamment les réseaux sociaux ?

Dr. One : On est capables de faire plein de vêtements et pas de photos, puis on va faire une journée photo et on va se rendre compte qu’on a plein de beaux visuels et c’est génial. Nous dès qu’on a terminé les vêtements on pense que c’est fini, alors que personne n’a rien vu. Instagram et Facebook, ça n’a jamais été notre délire, mais on le fait parce que c’est de la pub gratuite, et que ça serait

Manifesto XXI – Vous avez collaboré avec beaucoup d’artistes… ?

Dr. One : Oui. Nos vêtements plaisent généralement aux artistes pour la scène. Donc on prête pas mal pour les concerts, les clips… Il y a des artistes avec qui on aime collaborer étroitement, car ils représentent une énergie similaire, et d’autres personnes qu’on n’habille qu’occasionnellement pour une date.

Manifesto XXI – Vous travaillez avec quels artistes ?

Dr. One : Avec Jacques, qui était un gars du Wonder, c’est lui qui a fait la première musique de notre défilé ou des gars comme Nekfeu ou Brodinski. En ce moment on travaille avec pas mal de rappeurs, notamment Jorrdee, qu’on connaît un peu et qui monte en même temps que nous. On préfèrera habiller un mec dont on aime vraiment le travail même s’il n’est pas connu plutôt que d’habiller une grosse tête dont le travail ne nous parle pas. Ce sont des collaborations, donc des rencontres. Après il y a des gars comme Khng Khan, Oklou, Krampf, qui font partie de la même génération et plus ou moins des mêmes milieux. On a aussi prêté à The Pirouettes, Grand Blanc, Buvette. Jacques le disait il y a quelque temps, il y a un truc naissant à Paris, une nouvelle scène artistique. Tout se recoupe et se croise, tout le monde travaille ensemble.

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Manifesto XXI – Oui totalement, nous on a le privilège de pouvoir voir cette scène émergente dans les différents milieux artistiques

Dr. One : Naïvement, on s’imagine qu’il y a des lieux comme le Wonder un peu partout, mais en fait pas tant que ça. Paris c’est petit, s’il y a quelqu’un que tu kiffes, tu seras très rapidement amené à le rencontrer. Le cercle se fait assez facilement finalement.

Propos recueillis par Coco Spina et Alice Heluin-Afchain

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