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Ambiance Ambeyance
© Vincent Ducard

Diva, le premier album d’Ambeyance, sortait fin mars 2019. Solide délire rétro-futuriste à paillettes inspiré des eigthies, leur musique est une ode à l’italo-disco et à la dance. Charlotte Boisselier, qui pilote le duo, nous a parlé électro insouciante, épopée spatiale et kitsch assumé.

Ambeyance est né de la rencontre de la productrice – aussi membre du duo Oktober Lieber – avec Éric Thomas courant 2015. Leurs influences synthpop nordique (The Knife, Iamamiwhoami), new wave et hi-NRG (Bobby Orlando, New Order, Zombie Zombie) se fondent dans la coloration dominante eighties italo-disco et dance de leur musique.

« J’ai rencontré Éric dans le cadre du travail, on était régisseurs au même endroit. Je produisais déjà de la musique électronique pop dans ma chambre. Lui venait plus du rock, et découvrait juste l’électronique et les machines. Il savait que j’avais l’habitude de collaborer avec des copains, il a voulu qu’on se voit pour improviser un peu tous les deux. C’est comme ça que le projet a démarré ! »

Si depuis le début les musiques se font à quatre mains, c’est surtout Charlotte qui oriente la composition et façonne la matière sonore. Elle apporte à Ambeyance ses influences, mais surtout son savoir-faire dans le domaine de la musique électronique. L’envie de se marrer est là, mais la technique, solide, couplée à l’envie de bien faire, consciencieuse, aussi. La redoutable efficacité des mélodies entêtantes vient modérer, dans une juste mesure, le côté kitsch-désuet-frivole.

Vidéo en 4/3, le grain de l’image, les couleurs saturées, le club retro parisien…
Réalisé par Lina Street, le clip de « Roller Party » prolonge sans pincettes le délire eighties kitsch.

Rétro-futurisme

Les années 80, c’est quoi ? C’est l’ère du tube too-much, l’apogée du titre à jeux de mots, la culminance de la magnificence des paillettes, le culte du lâcher-prise sur le dancefloor… Un projet correctement inspiré des eighties est donc, par essence, kitsch. Attention, chez nous, kitsch n’est pas synonyme de démodé. C’est tellement plus.

« Le côté kitsch, c’est le côté décalé, second degré. Ce côté joyeux-fête-qui-se-prend-pas-trop-au-sérieux, qui vient pas mal des années 1980, qu’on retrouve dans la musique dance, dans le nom des groupes, dans les clips, les looks et sur les visuels des pochettes d’albums. »

La musique d’Ambeyance s’inspire des tracks du passé sans les ressusciter. Le projet évolue davantage dans la grande galaxie du rétro-futurisme. L’identité visuelle du groupe joue non seulement sur l’esthétique disco – ayez en tête un mélange de lumières automatiques et de tout type de strass (de la paillette au lamé) – mais aussi sur une mise en scène spatiale. Des sons de laser jusqu’au set-up du live, le délire galactique prend pied dans les morceaux, retraçant de véritables épopées stellaires.

Sur scène derrière un cockpit de synthés

Vous les avez peut-être déja croisés sur les scènes parisiennes (Trabendo, Villette Sonique, Badaboum, Philharmonie de Paris…) ou en festival (Printemps de Bourges, Les Francoff, Baisers Volés, Pete The Monkey…).

« L’entourage professionnel a mis du temps à s’installer, c’est pour ça que l’album ne sort que maintenant, même si on a beaucoup tourné avant. Il y a eu beaucoup de concerts, puis une légère phase de creux pendant laquelle Oktober Lieber est né. Les deux se sont entremêlés ensuite, sans que les périodes surchargées ne se chevauchent. »

En live, la recherche d’un souffle de pure dance a conduit Charlotte et Eric à imaginer un véritable cockpit musical. Elle explique : « C’est un cockpit de synthétiseurs, on est tous les deux derrière les machines qu’on a utilisées pour faire le disque. C’est vivant et ludique, on fait ce qu’on veut des morceaux. Parmi celles qu’on préfère jouer c’est ‘Hyperespace’, on a cette impression de crescendo d’intensité, comme si on partait vraiment à toute vitesse dans une épopée spatiale ! »

Les titres sur lesquels Ambeyance ont fait danser, toutes machines affairées à délivrer le beat perpétuel qui porte leurs tracks, sont maintenant regroupés dans leur premier album, Diva.

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Diva, Ambeyance x Manifesto XXI
L’artwork de l’album a été confié aux jeunes studios de digital design PETC. L’univers 3D dont est issue la pochette est en réalité un univers immersif à 360°.

Un premier album « naïf et dansant »

Diva s’impose ainsi : lignes de synthés ultra-efficaces, boîtes à rythmes débridées, une voix céleste et légère. En sept titres, la musique d’Ambeyance nous touche autant qu’elle nous ambiance. Un côté plus mélancolique se superpose en effet à l’aspect dansant de l’album, notamment sur les morceaux davantage pop, comme « Knife Edge » ou « Basement ».

« Ce côté plus pop vient aussi de certaines paroles qu’on a ajoutées dans la dernière version du disque, mais c’était déjà pas mal présent depuis le début. Même certains morceaux qui ne sont pas chantés ont une structure pop, sur un modèle couplet/refrain/bridge…etc »

A ce qui devait être un album DIY s’est associé Gaspard Claus, du label Les Disques du Festival Permanent, qui a proposé de le co-produire. Il a fait rencontrer au duo Benoît de Villeneuve (collaborations notamment avec M83) qui s’est occupé du mixage du disque.

Ambeyance à retrouver le 14 mai au Switch Festival #3 à Vanves.

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