Lecture en cours
Peanuts, faire face à la passivité sociale via l’électro

Peanuts, faire face à la passivité sociale via l’électro

Un an après avoir sorti son EP electro pop As high as we are fine (2019), le parisien Alto Clark revient en force dans cette nouvelle décennie en tant que Peanuts. Un alter-ego aux émotions antonymes qui semble obnubilé par l’impossibilité d’agir face à la destruction de la société et la perte de références stables.

Pourtant, Peanuts n’est pas sans repères lorsqu’il nous livre ces compositions électroniques se rapprochant des œuvres désormais classiques de Legowelt, Not Waving ou Drexciya. Peanuts réussit à s’ancrer dans le paysage musical en décidant de puiser dans plusieurs sous-genres de la musique électronique tels que la techno lo-fi, l’acid house, de l’industriel saccadée et s’adonne à une manipulation de la matière sonore qui se rapproche de la noise par moments.

Notons que l’EP est peaufiné par Apollo Noir, reconnu notamment pour avoir mixé le dernier album de Buvette. Le producteur a l’art d’épauler les musiciens qui se font porter par un concept solide pouvant parler aux audiences au-delà des mots ; pour Buvette c’était le recensement des rencontres passées qui nous marquent à vie ; ici, la vie qui nous file abruptement entre les doigts.

Le résultat final est un mélange harmonieux qui a pour résultat final des timbres aux rythmiques soutenues convenant tout à fait aux ardeurs du dancefloor (tout comme cela à pu se faire au Garage Mu mercredi). Petit clin d’œil qui se retrouve également dans le titre de l’EP, Unhampered, qui signifie le détachement de toute construction sociale et l’accès à la liberté totale. Un sentiment qui se retrouve dans les visages de ceux qui osent s’adonner complètements aux sons du monde de la nuit qui reste un refuge dystopique.

Peut-être doit-on passer par l’anéantissement de tout afin de s’affranchir ? Même si notre monde, proche du précipice, va mal et semble se perdre dans la noirceur, illustrer ces maux semble agir comme un soulagement. En écoutant cet EP, l’angoisse est remplacée par un sentiment de mélancolie sombre et les obsessions du producteur deviennent les nôtres. Parfois, danser proche du gouffre est si délicieux.

Voir Aussi
Manifesto 21 - Sabrina Bellaoue
Sabrina Bellaouel : une rentrée aux sonorités estivales

Lien spotify

Voir les commentaires (0)

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

© 2019 Manifesto XXI. Tous droits réservés.

Défiler vers le haut