« Un désir sous l’image » – Nathalie Tacheau à la Galerie de la Voûte

Quelques jours encore pour voir une exposition pleine de poésie, celle de Nathalie Tacheau à la Galerie de la Voûte. Les œuvres s’installent sous le commissariat de Marie Cantos, directrice artistique d’Art on Paper, salon du dessin contemporain à Bruxelles. Les écritures graphiques de l’artiste invitent à prendre le temps, à s’attarder, et à pénétrer petit à petit ces palimpsestes forts de rêveries. Finissage le samedi 7 avril à partir de 17h.

©Nathalie Tacheau – Se re-paysager, encre sur papier 50 × 65cm 2015

Nathalie Tacheau ne sait jamais ce qu’elle s’apprête à créer. Son œuvre la fait plus qu’elle ne fait son oeuvre. Elle en parle elle-même :

« Quand je travaille, je ne pense pas à ce que je vais dessiner à l’avance. Ce sont des choses qui vont se déclencher à partir de toute une collecte d’images que j’ai, que j’étale et que j’associe. Ces images vont à un moment donné prendre forme et s’écrire sur la feuille. On pourrait rapprocher ça, un peu, du travail des surréalistes dans le cadavre exquis. »

©Nathalie Tacheau – Dans les arbres 1, encre sur papier cristal

Transparences, images, silences, blancs, répétitions forment l’originalité de cette écriture plastique. Le papier cristal qu’utilise Nathalie Tacheau, encore plus fragile que le calque, lui permet de jouer indéfiniment sur le symbole – « ce qui lie », étymologiquement. L’œuvre doit effectivement se percevoir dans ses échos, dans son caractère quasi obsessionnel. Plus qu’un travail sériel, c’est une opération d’associations d’idées, de concordances, d’où l’œuvre découle à n’en plus finir et ne se fixe jamais dans une forme arrêtée. Le papier même bouge, ondule et se froisse en fonction de l’humidité du lieu superposant au visuel premier une autre trame, un second texte.

©Nathalie Tacheau – Accroupie, 50× 65, 2012

Une photographie panoramique est agrandie pour l’exposition à la galerie. Cette image qui hante l’artiste depuis deux ans a donné lieu à toute une série de travaux autour d’arbres qui restent en suspens dans l’espace de la feuille. « Les lignes qui sont autour signifient l’espace qui aurait pu être plein mais qui est resté vide » nous dit Nathalie. Selon Deleuze, une toile n’est jamais vide et une page n’est jamais blanche avant d’être remplie : elle est déjà pleine, pleine du pire…

« Du possible sinon j’étouffe » pourraient nous crier ces œuvres.

Rendez-vous samedi 7 avril, à la Galerie de la Voûte. 

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