Maud Geffray illustre l’amour queer au grand air dans « Break »

Maud Geffray clip Break Manifesto XXI
De temps en temps les week-ends, la rédaction de Manifesto XXI met en avant un clip récent qui l’a marquée, avec un mot de la réalisatrice ou du réalisateur. On vous propose le clip « Break » de Maud Geffray, réalisé par Roxanne Gaucherand (prod : KOKORO), premier extrait d’un nouvel album prévu pour mai sur Pan European Recording.

Une bécane, une ferme et deux âmes qui se rencontrent. C’est en Nouvelle-Aquitaine, dans la ferme des Grands Champs que « Break », nouveau clip de Maud Geffray, a été réalisé par Roxanne Gaucherand. Défile alors sous nos yeux des images léchées, tant par le travail de lumières, que par ses couleurs, ou par le cadrage, tout y est minutieux et le résultat est sans appel : c’est magnifique. Gio et Emax, les deux protagonistes, fascinent l’écran. Des regards attirés sont jetés du coin des yeux, seuls au milieu de poules et dindons dans ce hameau ensoleillé. La solitude les rapproche, et quand arrive le moment des séparations, c’est un happy ending, que l’on voit trop peu dans les films de genre LGBTQI+, qui nous est offert. C’était toute la volonté de Roxanne Gaucherand : unir le queer aux campagnes sur un dénouement triomphant.

Le nouveau titre de Maud Geffray qui accompagne ses images brûlantes, a de fins traits de pop armée de synthés, battant à vive allure sur ses complaintes distordues. Un premier avant-goût, une première note de folie furieuse et urgente de vivre, qui suit la trajectoire prise par la compositrice après son EP Free Fall (WARRIORECORDS). Une musique qui semble plus personnelle, imbibée par des rêves et par la présence d’une douce mélancolie en arrière-plan.  

Le mot de la réalisatrice
« Dès la première écoute, le morceau m’évoquait une sorte d’urgence, une émotion contenue qui explose. Je l’ai interprété comme une histoire de désir jeune un peu « emo ».
Avec mon collectif Kokoro, on essaie de mettre en images des récits « manquants ». Qui nous manquent à nous en tout cas. Ici, c’est celui de deux garçons trans qui tombent amoureux dans une ferme, sans que leurs identités ou leur amour soit un conflit ou un problème. Deux corps de désir et de vie qui échappent aux normes de genre. 
La représentation des queers ruraux me tient particulièrement à cœur, car elle est souvent stéréotypée ou liée à la violence, comme si campagne et queer étaient incompatibles. Une de mes références dans cette recherche serait le travail d’Alain Guiraudie. On se disait un peu pour rire qu’on voulait faire une version heureuse et docu de Brokeback Mountain
J’ai directement pensé à Gio et Emax, les deux acteurs. Iels ont été une grande inspiration, car je voulais les filmer depuis un petit temps. Je trouvais qu’iels collaient bien à cette mythologie de jeunesse qui traverse le travail de Maud. 
Dans un désir de croiser la fiction et le documentaire, on a choisi le décor de la Ferme Avicole des Grands Champs en Dordogne. C’est là qu’a grandi ma copine Alice Godart (membre de notre équipe). L’univers de la moto vient directement de cette ferme tenue par son père pilote et passionné. C’est un héritage singulier auquel elle est attachée. On a voulu en faire une trace, archiver ces gestes. »
Roxanne Gaucherand

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Image à la une : extrait du clip « Break » de Maud Geffray.

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