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The Craving Tape, l’orchestre électronique de Léonie Pernet
Léonie Pernet © Léa Salomon

Après un premier album, Crave, sorti en septembre 2018 chez CryBaby / InFiné, Léonie Pernet a invoqué son orchestre intérieur pour livrer un EP symphonique magnifique, The Craving Tape.

On se mue de plus en plus dans une société pressée, shootée à l’urgence et anxiogène. Le temps semble s’accélérer, les journées se raccourcissent, consumées par une surcharge d’informations et de notifications inépuisables. L’économie du temps est toujours plus présente. Léonie Pernet ralentie la cadence et met sur pause le temps qui nous échappe. L’artiste multi-instrumentiste qui nous avait déjà bouleversés avec son premier album Crave, a sorti The Craving Tape, une suspension du temps, bercée par des cordes et un piano qui accompagne ce disque. Elle nous propose de s’arrêter juste un instant, pour contempler, admirer et surtout écouter. Simplement se couper d’un monde bruyant et oppressant pendant quelques minutes et réapprendre à profiter de moments simples.

Une lenteur calme et apaisante règne sur cet EP, teinté d’une douce mélancolie réconfortante. The Craving Tape est une symphonie grave et prenante capturée par des élancées mélodiques et enjouées. Cinq morceaux composent ce maxi, faisant écho à Crave, avec la réinterprétation des titres « Crave » en version à cordes et « Butterfly » en version chorale. Une suite, accompagnée de trois nouveaux morceaux, s’ouvrant avec les observations de Léonie Pernet dans « Les pères pleurent en écho », délaissant la batterie pour revenir au piano. Une fusion d’instruments classiques mêlés subtilement à de l’électronique, dans lequel on peut y trouver des influences de Philip Glass dans le titre « Les Parques ». Le disque s’achève sur « Ce qui reste de nous » hypnotisant, dans lequel le temps semble reprendre vie, exprimé par des « tic-tac » musicaux. 

Une nouvelle fois, Léonie Pernet, rayonne et bouleverse, livrant une musique intensément intime et profonde. Belle écoute.

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« Dans un monde où il est difficile de s’entendre penser et ressentir, où les réseaux sociaux et les chaines d’info en continue hurlent chaque jour plus fort que la veille, j’ai eu besoin d’appuyer sur pause et d’aller chercher mon orchestre intérieur. J’y ai entendu des cordes, du piano, des voix, quelques percussions et un petit synthétiseur à piles. Des instruments qui ne s’éteindront pas lorsque tout s’éteindra. » Léonie Pernet

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