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Là où les putains n’existent pas, une contre-enquête glaçante sur le système suédois signée Ovidie
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Il était impossible de ne pas l’aimer. Et pourtant, le 11 juillet 2013, Eva-Marree est assassinée par le père de ses deux enfants de trente-deux coups de couteau, dans les bureaux des services sociaux suédois. Sous les yeux de son fils qu’elle n’avait pas vu depuis trois ans. Parce qu’elle s’était prostituée trois semaines dans sa vie, et ne s’était jamais auto-flagellée pour avoir vendu son corps.

Ce qui était un fait divers au moment du drame en Suède, se révèle être en fait le sinistre revers de la médaille d’un modèle prohibitionniste et moralisateur. Ovidie déroule avec subtilité les rouages d’une histoire qui ne pouvait que mal se finir, la jeune femme ayant été assignée à son rôle d’ex-prostituée et vouée à l’opprobre pour les services sociaux, et donc la société suédoise. Le récit est dense et terriblement émouvant. On rencontre tous les protagonistes exceptés les plus importants : le meurtrier, les enfants et les services sociaux.

L’image est très belle, froide, glacée, maîtrisée. En regardant ce documentaire on peut éprouver les mêmes sentiments qu’à la découverte de l’univers de la saga Millenium du Suédois Stieg Larsson, et en particulier le tome 1 : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes. L’incrédulité quand on découvre le visage violent de ce que l’on nous vend souvent comme le meilleur des mondes, et l’empathie pour ces personnages marginaux qui ne rentrent pas dans le moule, à en mourir.

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Projection suivi d’une rencontre avec Ovidie dimanche 4 novembre à 17h au Point Éphémère, pour la SNAP Festival.

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