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Horst : fusion des arts et des sons pour une recette utopique de la fête

Horst : fusion des arts et des sons pour une recette utopique de la fête

Les oreilles curieuses se sont rassemblées, le temps d’un week-end, dans une ancienne base militaire, l’Asiat, à Vilvorde en Belgique. En moins d’une demi-heure, , nous nous sommes vu·es transporté·es dans le monde de demain, ou du moins celui imaginé par le Horst. Cette fois-ci, le festival s’est tenu à l’aube du printemps, pour anticiper le bonheur des rassemblements musicaux de l’été. Retour en images sur ces quelques jours de convivialité et de découvertes.

Du 29 avril au 1er mai, les audiences venues de toute l’Europe ont pu contempler les propositions du Horst en périphérie de Bruxelles. Le nom du festival puise son inspiration dans la géologie : le Horst est une plaque tectonique surélevée entre deux failles lors d’un glissement de terrain. Jolie métaphore pour annoncer les idéaux des organisateurs qui souhaitent proposer leur vision de la fête de demain : une exploration qui ne veut pas simplement divertir, mais pousser à la réflexion et à l’inspiration. 

Le design pour concevoir les espaces festifs

Le studio Onkruid, organisateur du Horst, se spécialise dans la réinvention de l’espace public. L’entièreté du festival et les activités adjacentes ont donc été un terrain d’exploration social et artistique. 

Chaque année, le studio a pour habitude d’inviter des figures du design à créer six scènes et dancefloors pour accueillir tout type de danseur·ses. Cette fois-ci, le Horst avait fait appel au studio d’architecture Milanais Salottobuono pour la scène ROTUNDA. Cette invitation s’est faite dans le cadre de la collaboration entre le festival et Bottega Veneta : la scène a été assemblée comme une arène de théâtre. Le studio Bruxellois Traumnovelle s’est occupé de la scénographie l’espace Troppo Fiso!, où il souhaitait que chacun·e vive sa propre Divine Comédie à travers une installation stroboscopique. Le studio londonien JAM, s’est chargé de créer un environnement propice à la diffusion et à la réception de loops et d’ambient dans la salle Turning Circles.

Laure Prouvost, artiste française basée à Anvers, était l’invitée de la salle Hovering Caress Amère. C’était l’occasion pour la plasticienne, ayant exposé à la Biennale de Venise (2019) et au Palais de Tokyo (2018), d’explorer le dancefloor pour y emmener un peu de sérénité là où vibrait la drum & bass et la techno. Ses œuvres qui ornaient les draps légers couvrant le plafond se sont inspirées de l’installation Moother (2021) au Louisiana Museum de Copenhague.

Au-delà de ces clins d’oeil subtils à l’art présent dans l’expérience musicale, Horst dévoilait son exposition “The Act of Breathing” qui est le fruit de réflexions entre la curatrice Sorana Munsya, Evelyn Simons du Horst, et le KANAL, branche bruxelloise du Centre Pompidou. Dix œuvres et installations ont été dispersées sur le site de l’Asiat, pour les festivalier·es curieux·ses ou en quête de répit. Grâce à ce catalyseur d’expériences artistiques, le Horst souhaitait aussi mettre au défi la prédominance des arts dans les grandes villes : l’expérience contemporaine de l’art se vivra également en périphérie.

Musicalité niche, mais riche

À travers les années, le Horst a surtout su s’exporter à l’étranger grâce à sa sélection musicale pointue et curieuse. Pour cette édition 30% de la programmation était belge. La plupart des ces figures locales étaient mises à l’honneur sur la scène Moon Ra, dont la programmation était présentée par Kiosk Radio, représentant important de la scène locale. Tout passage sous ce tipi saura sûrement faire office de levier pour la renommée future d’un·e artiste, telle que celle de OJOO GYAL, Juju Love, Sagat, Mika Oki, Aroh, ou encore Clara!

Le Horst a su donner un espace aux talents émergents proches des cœurs de son audience belge, tout en attirant une foule plus internationale grâce à des artistes de renom. Figuraient sur la programmation les très acclamé·es Dr.Rubenstein, Paula Tape, Teki Latex, Roi Perez, Eris Drew & Octo Octa, Midland, Hunee, Blawan, LSDXOXO et DVS1.

Pour cette édition du Horst, le booker Simon Nowak explique qu’il y avait une réelle envie de mettre en avant du leftfield, genre qui allie la house, le reggae et le dub. Rien de mieux pour honorer cette envie que de faire appel à Digital Mystikz, pionniers du genre et fondateurs du label DMZ Records.

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Les fans de dubstep de longue date ont pu admirer les transitions du duo londonien Mala et Coki, qui nous ont emporté·es jusqu’aux tréfonds des sous-sols londoniens à l’origine de la culture des sound systems. Le soir précédent, les rythmes effrénés du duo HMT Hard Cru ont amassé la foule à la scène ROTUNDA. Réels virtuoses, les djs vêtus de leur combinaison de pilote de Formule 1, ont accéléré les bpm sans scrupule. Pas de répit ici car le mix comprenait surtout des mélodies tirées du gabber, de l’eurodance, de la trance et du hardcore, genres musicaux dont raffolent historiquement les publics belges.

Certaines salles du Horst proposaient une programmation permettant aux auditeur.ices de souffler. C’est le cas de la Turning CirclesTorus jouait le deuxième jour du festival. Spécialiste de nappes ambient atmosphériques nous venant de La Haie, il nous livre une performance atmosphérique riche en textures diffusées par un système son de haute qualité.

Si l’expérience vous tente, le Horst annonce deux évènements se déroulant pendant l’été : le ‘Summer Opening’ le 18 juin et la ‘Exhibition Closing’ le 30 juin. Les billets sont disponibles ici.


Photographie : ©Adélaïde de Cerjat

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