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Everybody, un festival des corps dissidents

Everybody, un festival des corps dissidents

Everybody, première édition d'un festival des corps dissidents
Everybody est le nouveau festival du Carreau du Temple qui décline la question du corps dans tous ses sens. Loin des silhouettes normalisées – blanches, minces, grandes, valides – que l’on a l’habitude de voir sur scène, ce sont des corps de toutes formes qui seront accueillis au cœur de Paris du 18 au 23 février, pour six jours de spectacles, expositions, ateliers, débats et projections.

En février, le Carreau du Temple invite pour le festival Everybody de nombreux·ses artistes, penseur·se·s, praticien·ne·s, qui ont tous·tes pour point commun de se pencher sur le corps et ses représentations souvent stigmatisantes. Les pratiques mises en lumière à l’occasion du festival, comme le voguing, la danse, le make up, la lecture de contes queers, sont autant de façons de libérer le corps de ce qui l’entrave, de se réapproprier des stigmates, qu’ils soient liés au genre, à la morphologie, à la race, à la taille. Jusqu’à, peut-être, proposer de nouvelles esthétiques.

Le versant arts vivants de la programmation d’Everybody est particulièrement foisonnant. Trois spectacles se succéderont chaque soir, pendant quatre jours d’affilée. Les vendredi 18 et samedi 19 février, Michaël Phelippeau proposera dans un premier temps De Françoise à Alice. Il s’agit du portrait chorégraphique de deux danseuses, une femme porteuse de la trisomie 21 et une femme qui ne l’est pas. La danseuse néerlandaise Cherish Menzo enchaînera avec sa performance Jezebel, qui s’approprie et déconstruit l’imagerie sexiste des « Video Vixens », mannequins noires dansant dans les clips hip-hop. Enfin, le corps de la chorégraphe martiniquaise Annabel Guérédrat sera marqué par la métamorphose dans son spectacle I’m a bruja qui clôturera la soirée. En mélangeant des rituels yoruba, caribéens et des rituels inventés, elle revêt tour à tour cinq peaux de « brujas », ses sorcières de référence – Elsa Dorlin, Nina Hagen, Ana Mendieta…

Dimanche 20 février, un ball voguing hosté par Lasseindra Ninja réchauffera la halle du Carreau du Temple. Trois autres spectacles animeront le festival les lundi 21 et mardi 22 février. La danseuse, chorégraphe et performeuse Chiara Bersani dédiera son solo Seeking Unicorns à la figure de la licorne, qui est un corps fictif toujours « utilisé et abusé », tandis qu’elle écarte son propre corps de petite taille de toute appropriation. L’artiste Trân Tran, dans sa performance Here & Now, tentera avec un dispositif amusant et participatif de répondre à la question « Pourquoi vient-on au théâtre ? ». Enfin, Carte noire nommée désir, créé par Rébecca Chaillon et interprété par elle et sept autres performeuses, promet un spectacle magistral sur la construction des corps et des identités afro-féminines dans une société majoritairement blanche.

Contes à paillettes, Collectif Paillettes © Gaîté Lyrique

En journée, le public est également invité à mettre son corps en mouvement, avec des cours de yoga, de pratiques physiques et de danses émergentes comme le krump, le voguing, la hoopdanse ou la booty therapy. Diverses expositions pourront par ailleurs être visitées au cours du festival, comme Les Kanékalons, œuvre capillaire de Charlie le Mindu, ou Colored Only, portraits photos de Hélène Jayet… Installations participatives, rencontres, projection du documentaire Ouvrir la voix d’Amandine Gay, lectures drag de contes, ateliers de maquillage : c’est une programmation variée que l’on attend avec impatience.

Voir Aussi


Everybody
Au Carreau du Temple, Paris
Du 18 au 23 février 2022
Programme complet à découvrir ici.

Image à la une : Annabel Guérédrat, I’m a bruja, Festival Everybody 2022 © Hervé Richaud

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