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Descente dans les tréfonds de la musique souterraine française avec Restons Sérieux
Manisfesto XXI - Restons Serieux

En pleine saison festivalière, Restons Sérieux se positionne en marge des géants qui ne programment que ce qui marche. Depuis quatre ans, ce festival « beau et bizarre » met en avant les musiques déviantes, à part. Celles qui dépassent du cadre, qui sont déconcertantes, impertinentes, effrontées, héritières évidentes de la culture punk. Les musiques qui ont du caractère, faites de bidouillage de logiciel, de micros qui crachent et de vieux synthés qui sonnent comme s’il leur manquait des pièces. Surtout, ce sont celles qui cassent l’ennui, qui font vivre une expérience sonore particulière, prolongée par des lives ou performances percutants.

Du garage tapageur au post-punk enténébré, cette année encore – du 9 au 13 juillet – Restons Sérieux réunit tout le meilleur de cette scène nationale bouillonnante au Supersonic. Pour vous guider dans les couloirs sombres de l’underground en VF, voici une sélection non exhaustive des weirdos les plus immanquables de la programmation.

Noir Boy George

Dérangeante, la musique de Noir Boy George fout mal à l’aise. Sur fond de synthés chancelants, deux âmes en peine chantent à propos de tout ce qu’il y a de plus sombre dans la vie, trouvant leur inspiration dans des joyeusetés comme l’ennui, la dépression, la solitude, ou dans les faits divers les plus morbides (coucou Véronique Courjault). Une cold wave à en dresser tous les poils du corps.

La Secte du Futur

Un pied dans l’an 3000, l’autre en pleine période Moyen-Âgeuse, le rock épique de La Secte du Futur est une véritable faille temporelle. Et pourtant, Wounded Princes dresse un portrait de la jeunesse d’aujourd’hui des plus éclatants. Amour, haine, espoir, désillusions  : tout y passe dans leur balades sentimentales et leurs hymnes gothiques, où pop lo-fi et influences black metal se côtoient naturellement. Une rencontre miraculeuse.

Les morts vont bien

Les morts vont bien sont les faiseurs d’un punk noise qui prend aux tripes, industriel et funèbre. La BO parfaite pour un remake de La famille Addams en version glauque augmentée. Les voix de cette messe noire, tantôt féminine et traînante, tantôt masculine et déchirante, se fondent avec les orgues glaçants et des guitares hostiles qui semblent sonner le glas et invoquer les morts.

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Entract Twist

Urgent, mécanique et légèrement arrogant, le rock de ce club des cinq fait résonner une fougue adolescente qui semble n’être jamais vraiment partie. Sur son premier album sorti au début d’année, Entracte Twist flirte avec la new-wave et joue avec la fiction pour y raconter les histoires extravagantes de personnages fantasques, sur fond de guitares éclatantes, de basses répétitives et de nappes de synthés vrillants.

Periods

“Periods” signifie règles en anglais. Menstrues. Avec un nom de scène pareil, on sait donc déjà à quoi s’attendre. Les trois sœurs qui forment le groupe composent ensemble une synth-punk féministe, qui parle de schnek, de boîte de tampons et des autres maux du quotidien des femmes sans complexes, et avec une grosse pointe de revendication.

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