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Tom And His Computer, résurrection d’un vétéran de la scène danoise

Tom And His Computer, résurrection d’un vétéran de la scène danoise

Avec à son actif plus de 20 ans dans la scène musicale de Copenhague, Thomas Bertelsen, DJ, musicien et producteur, dévoile un premier album pour son projet TOM And His Computer. Tom, ses machines, mais également la chanteuse Roxy Jules et le célèbre DJ et producteur de musique électronique danois Trentemøller ont contribué à l’élaboration de cette dystopie lunaire.

Cela fait déjà cinq ans que le projet TOM And His Computer, mené par Tomas Bertelsen, a vu le jour, mais plus d’une vingtaine que ce pionnier respecté de la scène club scandinave a fait ses preuves. L’artiste a décidé sous ce nouvel alias d’entreprendre un virage vers de nouvelles formes d’expérimentations musicales. Dès l’adolescence l’exploration sonore le fascine et il se met à bricoler à l’aide de son 4 pistes des boucles pour extérioriser la musique qui l’habite obstinément. Ses compositions singulières et ses remixes enflammés lui frayèrent par la suite une place de choix sur la scène de Copenhague. Parmi ses faits d’armes, il développa en duo avec Trentemøller la scène house locale de la fin des années 1990, puis collabora avec nombre d’artistes émergents avant de s’illustrer dans Lulu Rouge, electronica qui secoua les nuits glaciales de la capitale danoise. Sa popularité croissante l’amena à assurer les premières parties pour Trentemøller à la carrière solo prolifique ou pour Massive Attack lors de tournées européennes et nord-américaines, quand il n’était pas lui-même la vedette en tête d’affiche.

Parallèlement, en 2019 il fonde avec le compositeur de musique de film Steffen Breum l’agence artistique Frankly My Dear visant à connecter musiciens et réalisateurs.

© Morten Germund

Trois ans après son premier EP sous ce nom de scène, TOM and His Computer, dévoile un long-format où s’entremêlent dark wave et pulsations électroniques nappées par les synthés. « Je bascule entre les mondes numérique et analogique. J’utilise de vieilles pédales de guitare autant que le logiciel le plus récent » confie l’artiste, avant de poursuivre : « Il ne s’agit cependant jamais d’une question matérielle mais plutôt de trouver une petite sonorité qui peut faire émerger une idée pour une piste toute entière ».

Éclectique et inclassable

Il lui aura fallu deux ans de travail pour aboutir à Future Ruins, opus de 10 titres naviguant entre rock et élaborations électroniques, traversant des paysages krautrock, dream pop ou d’un psychédélisme ténébreux qui rappelle parfois les expérimentations berlinoises d’Anton Newcombe, figure mythique du Brian Jonestown Massacre. Thomas Bertelsen semble avoir laissé de côté sa carrière de DJ pour se concentrer sur des parties instrumentales planantes, plus expérimentales.

Déjà conviée sur Playing In The Night, c’est cette fois sur quatre titres, dont le single « Future Ruins », que la chanteuse Roxy Jules (Julie Runa dans la vie quotidienne) a été invitée à poser sa voix. Le clip qui accompagne le titre éponyme de l’album, réalisé par Martin Garde Abildgaard, a par ailleurs remporté en septembre, le prix « Best Music Video » au Los Angeles Film Awards (LAFA).

Cette contribution vocale aussi éthérée que lancinante dessine à l’aide des synthés, une atmosphère cosmique à la façon de Bitter Moon ou qui parfois, ponctuée par les phrases entraînantes de la guitare, élabore une construction rock au chant langoureux à la Tess Parks. « C’est la troisième fois que Roxy Jules et moi travaillons ensemble, précise l’artiste. Cette fois j’ai essayé de mettre en relief les textures les plus fragiles et vulnérables de sa voix. Elle a cette fraîcheur sombre, nordique et scandinave, combinée à une petite dose d’optimisme et même un sourire caché apparaît. J’ai également exploré des manières alternatives pour arranger les chansons. Je me suis davantage attaché à expérimenter sur la structure ».

© Nicolai Bejder

Ce premier long-format, co-produit et mixé par son ami l’iconique producteur danois Trentemøller, répond à l’obsession de son compositeur qui est de créer une musique aux influences rétros mais aux couleurs fraîches, pour un résultat moderne, évoquant des images dystopiques et futuristes. « Mes goûts sont éclectiques et j’aime flirter avec de nombreux sous-genres variés, se défend-t-il. Le but était de combiner différents styles tout en essayant de maintenir un dénominateur commun ». Pour cela, les BO de cinéma ont été une source d’inspiration conséquente, mais également certaines photographies ou chapitres de livres qui l’amenèrent vers des pistes de réflexion. « Elles peuvent déclencher certaines émotions et faire remonter des sentiments divers à la surface. Elles offrent un excellent point de départ. Pour cet album, j’ai utilisé des photos d’éléphants d’Éthiopie dans le désert, d’anciennes statues mayas ou de l’architecture brutaliste serbe des années quatre-vingts pour m’aider à avancer », explique Thomas Bertelsen.

Future Ruins marque un nouveau départ pour ce vétéran de la scène danoise qui, comme vous l’aurez compris, fait peau neuve, appuyé par le label monté par Trentemøller : In My Room, filiale de l’Allemand HFN.

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Photo en une : © Morten Germund

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