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« On veut une infinité de mondes d’après » : portrait de la jeunesse occupante du théâtre de la Colline

« On veut une infinité de mondes d’après » : portrait de la jeunesse occupante du théâtre de la Colline

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Depuis plus de 50 jours, des étudiant·es en théâtre et jeunes comédien·nes occupent le théâtre de la Colline, dans le 20ème arrondissement de Paris. Iels veulent faire entendre leurs voix et dessiner un autre théâtre, plus égalitaire et inclusif : récit d’un mouvement ardent, déterminé et libre. 

Sur place, tout est très bien organisé avec des règles de vie collées sur les murs, un parcours d’intégration pour les nouveaux et nouvelles, et un respect strict des règles sanitaires. Entre les matelas et les sacs de couchage, des documents et des livres sont éparpillés. Les références vont de Guillaume Dustan à Shakespeare en passant par les rapports du ministère de la Culture. Pendant que les un·es peignent des pancartes en cherchant des slogans accrocheurs, les autres font la cuisine pour le collectif. Le maître mot, « la bienveillance », est utilisé régulièrement par les occupant·es pour définir l’ambiance qui règne au théâtre de la Colline. « On n’écoute jamais la parole des jeunes. Ce qu’il se passe ici c’est différent, les jeunes prennent leur destin en main pour proposer de nouvelles choses », explique Saïd, 22 ans, comédien en formation au Conservatoire à rayonnement régional  (CRR) de Paris.

Les occupations des théâtres ont commencé il y maintenant près deux mois et leur durée a surpris tout le monde. Aujourd’hui encore, des dizaines de salles sont occupées par des intermittent·es et des étudiant·es en art dramatique, déterminé·es à interpeller le gouvernement sur la détresse du secteur de la culture. L’occupation du théâtre de la Colline à Paris est particulièrement remarquable en ce qu’elle est entièrement organisée par et pour les étudiant·es ou les jeunes primo-entrant·es (arrivant sur le marché du travail et ne touchant pas l’intermittence). Nomination des directeur·ices, politique de décentralisation, insertion des jeunes artistes dans le monde du travail, parité, diversité : cette occupation est l’opportunité pour toute une partie de la relève du théâtre de penser une autre manière de faire, vivre et partager leur art. 

La « Prise de la Colline »

C’est lors d’une visio-conférence que les jeunes comédien·nes des différentes écoles de théâtre, quelques jours seulement après le début de l’occupation du théâtre de l’Odéon, que la décision a été prise d’aller occuper la Colline à Paris et le Théâtre National de Strasbourg (TNS). L’idée : que ces occupations soient des lieux de réflexion et d’expression des étudiant·es en théâtre et de la jeunesse dans son ensemble, afin de rendre plus lisibles leurs demandes particulières et pas seulement celles des intermittent·es comme à l’Odéon. Le 9 mars, bien avant la cérémonie mouvementée des César et l’intervention de Corinne Masiero exigeant “Rends l’Art, Jean”, le TNS est occupé, et près de 200 élèves et comédien·nes issu·es de nombreuses formations théâtrales d’Ile-de-France se dirigent vers le parvis de la Colline. « On est vraiment parti·es avec le sentiment de vivre un moment lourd et grave, avec l’idée de prendre la Colline comme les révolutionnaires ont pris la Bastille » raconte Saïd. Prêt·es à « défoncer les portes », c’est les bras grands ouverts que Wajdi Mouawad, directeur de la Colline, les a accueilli·es : « C’est votre maison »… sous condition de respecter une jauge maximale de 30 personnes, les gestes barrières, et en ne donnant accès qu’à l’entrée du théâtre, pas aux salles de spectacles ni aux étages.

Iels ont à cœur que chaque type d’école, du conservatoire d’arrondissement aux grandes écoles en passant par les établissements privés, y soit représenté afin de refléter la diversité des profils et des formations de théâtre. Les premières assemblées générales (AG) s’organisent et les revendications du mouvement #ouverturesessentielles viennent assez naturellement : abandon de la réforme de l’assurance-chômage, prolongation de l’année blanche pour tous·tes les intérimaires et intermittent·es, élargissement du statut étudiant pour les écoles privées et les conservatoires de théâtre, RSA à 18 ans, création d’un fonds d’insertion pour les jeunes artistes avec la création d’une troupe de jeunes dans tous les Centres dramatiques nationaux (CDN). La réouverture des lieux fait aussi partie des demandes, bien que celle-ci soit compliquée par les rebonds de la pandémie. Les journées s’allongent et l’occupation se structure avec des votes, des discussions, la création de pôles « communication », « logistique », « légal », etc. qui se constituent autour d’idées d’actions qui fusent pour faire monter la pression sur les pouvoirs publics. Et puis, le 11 mars, la ministre de la Culture déclare « dangereuse » et « inutile » l’occupation des théâtres qui s’était alors élargie à plus de 100 lieux culturels partout en France. Coline, 28 ans et élève dans un conservatoire d’arrondissement parisien, est entrée dans le théâtre du 20ème quelques jours après le début de l’occupation décrivant que tous·tes « s’étaient retrouvé·es là-dedans, sans trop savoir pourquoi, mais grâce à un cri du cœur qui nous a rassemblé·es ». 

En réalité, les faits sont accablants : 70% des étudiant·es d’écoles nationales (les plus sélectives et prestigieuses) abandonneraient leur carrière après dix ans, 33% des établissements culturels sont dirigés par des femmes quand 69% des subventions de l’État aux œuvres de théâtre vont à des hommes

Chaque jour, iels découvrent ensemble comment fonctionne le système de la culture en France. De fait, c’est tout un groupe de personnes qui se politisent alors que la plupart ne s’étaient jamais engagées avant. « On est parti·es de ce qui nous était le plus proche, de ce qui nous posait problème dans nos vies, pour aller ensuite vers des revendications systémiques » raconte Coline. En effet, cette occupation va bien au-delà de revendications spécifiques à la jeunesse mais ressemble plutôt à une grande agora qui dessine un autre théâtre plus divers, égalitaire et inclusif, dans un milieu encore majoritairement blanc pourtant déjà secoué, notamment en 2018, par des polémiques liées à l’appropriation culturelle dans une pièce d’Ariane Mnouchkine.

Sortir de l’entre-soi

Marine est comédien·ne. Iel a réussi à obtenir l’intermittence avant de la perdre 3 mois avant le confinement et n’a donc pas pu bénéficier de l’année blanche qui assure l’indemnité des intermittent·es depuis l’arrêt des activités culturelles. Iel a grandi en banlieue parisienne, et observe que « toutes les scènes importantes qui sont en banlieue ont une cloche de verre sur elles et sont devenues des espaces gentrifiés en totale déconnexion avec leurs territoires ». Iel avait vu une pièce de Daniel Mesguich au lycée : « C’est bien de voir du Mesguich en banlieue mais est-ce qu’on ne veut que ça ou bien a-t-on envie qu’elle soit aussi à l’image du territoire ? Je vois très peu de personnes queers et racisées dans les théâtres. » Travaillant beaucoup avec des personnes réfugiées, iel raconte également que c’est plutôt dans les lieux alternatifs qu’une vraie mixité existe. Qui plus est, c’est aussi dans ces espaces qu’iel est le mieux rémunéré·e : « Le plus souvent, ces lieux sont des squats ou des lieux solidaires avec des loyers bas ce qui permet de verser la majorité de l’argent collecté directement aux artistes. » Les appels à dons et la politique de prix libres participent à pérenniser ce modèle économique qui valorise autant le soutien des publics que la participation des artistes. C’est tout l’inverse des institutions qui, selon Marine, « profitent de leur prestige pour ne pas respecter ni valoriser financièrement notre travail ». 

En réalité, les faits sont accablants : 70% des étudiant·es d’écoles nationales (les plus sélectives et prestigieuses) abandonneraient leur carrière après dix ans, 33% des établissements culturels sont dirigés par des femmes quand 69% des subventions de l’État aux œuvres de théâtre vont à des hommes. Aussi, les nominations des directions des théâtres subventionnés et leurs programmations ressemblent, le plus souvent, à des variations monochromes à la Pierre Soulages. Une situation qui fait grincer des dents à la Colline : « Le plus souvent, la direction des CDN les plus prestigieux revient à des hommes et les femmes, déjà sous-représentées, sont nommées dans les plus petits » regrette Coline. À cela s’ajoute le poids d’une politique de décentralisation qui a été organisée pour permettre les tournées dans toute la France des créations validées par Paris. Les CDN semblent aussi être construits comme des marchepieds pour les artistes désireux·ses d’accéder aux institutions nationales plus prestigieuses, créant une déconnexion entre les directions et leurs territoires. 

Ça me dérange qu’il y ait un ministère de LA Culture, implicitement ça veut dire qu’il y a un ministère qui nous dit quoi créer puisqu’il nous donne de l’argent.

Saïd

À la tête des 4 Théâtres nationaux (les plus prestigieux) de France, on retrouve Éric Ruf à la Comédie-Française, pensionnaire depuis 1993 et diplômé du Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris, Stéphane Braunschweig à l’Odéon après avoir été directeur de CDN d’Orléans puis du TNS, Stanislas Nordey au TNS auparavant directeur du TGP (Saint-Denis) et directeur pédagogique du théâtre national de Bretagne, et enfin Wajdi Mouawad qui a dirigé plusieurs théâtres très prestigieux au Canada avant d’être nommé directeur de la Colline. Il ne faudrait pas oublier Olivier Py, directeur du Festival d’Avignon (dont les bruits de couloirs disent que Nordey pourrait lui succéder) qui a d’abord été nommé directeur au CDN d’Orléans en 1998, prenant les suites d’un certain Braunschweig, qui fut par la suite nommé à l’Odéon (de 2007 à 2012) avant de partir pour Avignon et de voir Braunschweig devenir directeur de l’Odéon quelques années après le départ de Py, en 2016… Bref, si tous sont évidemment de grands artistes, ce jeu de chaises musicales dégoûte les occupant·es de la Colline et condense une bonne partie des malaises exprimés par la jeunesse mobilisée.

« Ça me dérange qu’il y ait un ministère de LA Culture, implicitement ça veut dire qu’il y a un ministère qui nous dit quoi créer puisqu’il nous donne de l’argent » dénonce Saïd. De plus, certain·es critiquent le ton paternaliste souvent employé à leur égard, que ce soit lors de leurs rencontres avec les syndicats et les partis politiques, avec qui iels ne sont pas affilié·es, ou bien avec les pouvoirs publics. Ambre, 25 ans, étudiante au CRR, raconte ainsi que « dans tous les dialogues, on a été pris·es pour des enfants. Et quand bien même nous serions des enfants – l’enfance n’est pas péjorative –, qui juge que l’enfance n’a pas à être écoutée ? » Les jeunes artistes insistent sur le fait que tout n’est pas à jeter, beaucoup d’entre elleux ont découvert le théâtre grâce au lycée et au CDN du coin, ou même à la télévision. Iels savent que le système d’intermittence est un privilège qui n’existe quasiment qu’en France et que le coût des billets de théâtre y est bien plus bon marché que dans de nombreux autres pays. Mais ce n’est pas suffisant selon elleux et tous·tes veulent faire différemment, créer autre chose. Quelque chose qui permettrait de refléter plusieurs cultures artistiques, pas une seule, et d’y inclure une pluralité d’expressions afin de parler à une pluralité de publics en proposant des histoires ancrées dans le monde d’aujourd’hui et la “vraie” vie. « Dans les institutions, il y a une privation de liberté et surtout une privation de l’imaginaire. On nous force à penser l’Art en termes protocolaires qui n’ont rien à voir avec un langage du rêve, de l’imagination, de la joie qui est propre à l’Art » regrette Ambre. Saïd articule une critique acerbe des directions des lieux de théâtre : « Je trouve ça dingue que tu arrives [à la tête d’un théâtre] en disant “moi, je ne compte faire que mes pièces”. Non, il faut arriver avec une ligne, une vision, il ne faut plus que les théâtres soient des coffrets à bijoux de pièces, mais qu’ils deviennent vraiment des lieux de vie, que leurs pépites soient toutes les personnes qui les traversent, qui ne viennent pas forcément pour voir des pièces mais aussi pour parler, discuter, manger et boire. Que ce soit des lieux de refuge pour tout le monde. »  

Ces scènes nationales vont bientôt être pleines de cadavres car plus personne ne voudra y aller. Ce ne sera plus du spectacle vivant si les choses ne changent pas.

Un·e occupant·e

À l’une des agoras de l’Odéon, qui se tient tous les jours à 14h, la jeunesse des théâtres des banlieues s’est elle aussi exprimée. Les revendications sont nombreuses et mettent l’accent sur l’aspect systémique et protéiforme des dysfonctionnements du secteur. Au TGP de Saint-Denis, on explique que les liens avec les populations locales sont différents qu’à Paris car elles sont souvent plus précaires. Iels appellent ce mouvement à opérer un changement en accentuant les prises de contact entre théâtres afin de « décloisonner les arts à tous les niveaux » puisque cela n’est pas fait par les institutions. Au TQI d’Ivry, on dénonce un système « où les scènes nationales ne marchent que par cooptation et copinage, où l’on peut séparer l’homme de l’artiste mais pas la femme de la victime, où la femme n’est qu’un consommable et un objet désir et où la diverstié des corps est un acte politique et non une banalité et où on peut entendre la phrase « habillée comme ça tu es déjà prête pour une scène de viol » dans la bouche de nos professeurs ». Le 16 mars, Assa Traoré dénonce devant l’Odéon que « dans beaucoup de quartiers, l’accès à la culture est juste un rêve » et pose les conditions de son soutien au mouvement : « On ne sera avec vous que si la culture s’ouvre le plus largement possible. » 

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Et après ? La détermination pour les luttes à venir

Les revendications de la Colline font écho à un malaise profond qui reflète la déconnexion d’une élite artistique et ses institutions avec les aspirations d’artistes émergent·es qui pratiquent la vie en collectif différemment : « Nous, on se demande quels sont les pronoms avec lesquels on veut être nommé·e, on parle et on écrit à l’inclusif tout le temps. On a mis ça en place dès le premier soir, c’est une simple question d’habitude » raconte Ambre. Les occupant·es sont conscient·es de la difficulté à faire pression et obtenir gain de cause en utilisant des moyens différents : « Si on se casse la gueule, on se cassera la gueule par nos propres moyens, on a d’autres façons d’avancer que parler leur langage politique, on sera resté·es le plus droit dans nos bottes » assume Coline, qui critique aussi l’hypocrisie des discours de la direction : « On a beau nous dire qu’on est chez nous, en fait, ça n’a pas été construit pour nous. Le théâtre de la Colline, ça n’a pas d’âme, on n’a même pas accès au plateau. »

En effet, pendant le premier week-end d’avril, l’administration de la Colline a resserré les conditions d’accueil suite aux nouvelles restrictions sanitaires en interdisant l’accès aux douches, en réduisant la jauge maximale à 6 personnes et en fermant les portes de 15h à 9h du matin afin de rendre toute sortie définitive pendant ces heures. Finalement, quelques jours plus tard, la jauge de 30 personnes a été rétablie. Cependant, les portes sont restées closes de 15h à 18h et de 2h à 9h, et les douches fermées. Ambre raconte son agacement qui, pour elle, caractérise un rapport à la politique plus profond : « Un jour, Mouawad nous a dit une phrase qui m’a beaucoup choquée : qu’il avait décidé d’être artiste dans sa vingtaine, comme nous, mais que, étant artiste, il ne pouvait pas s’occuper des problèmes de douches et de sanitaires. Pour moi, c’est, encore une fois, en totale déconnexion avec la réalité et avec lequel, artistiquement, je ne suis pas d’accord. » Elle conclut : « Si on ne parle pas de douche, c’est que quelqu’un s’en occupe, donc ça induit une relation politique.» 

Il faut un vrai partage des richesses, des subventions et des opportunités.

Marine

Malgré ces difficultés, le mouvement de la Colline veut proposer des solutions pour « laisser place » ou « faire place » aux jeunes et aux minorités afin de rapprocher les publics oubliés par les institutions des arts de la scène. Les nombreux débats avec, parfois des intellectuel·les comme Jacques Rancière, l’auto-éducation mais aussi les tensions, les rencontres amicales et parfois amoureuses ont laissé des traces parmi les plus de 150 personnes qui sont venues occuper la Colline depuis près de deux mois. Pour Coline, l’expérience aura été l’opportunité de créer des liens entre des gens qui ne se parlaient pas : « Avant, nos réseaux étaient internes. Maintenant ils deviennent plus grands et plus forts car la lutte est au centre. Le reste c’est en plus, on ne s’inquiète pas de savoir si les gens viennent d’une grande école ou d’un conservatoire d’arrondissement. »

Ambre imagine déjà transformer le mouvement en un projet artistique : « On a tous·tes tellement changé, et ça, c’est un fruit magnifique de cette occupation. Les futurs spectacles que je vais monter en seront à jamais marqués, et je vais faire des projets avec les gens que j’ai rencontrés. Moi, je voudrais voir une pièce avec les 150 personnes de la Colline et tourner dans toute la France pour exprimer cette lutte comme 1789 de Mnouchkine ou Ça ira de Pommerat. On a déjà touché plein d’esprits, il faut étendre cela ! » Saïd et Marine ont des attentes plus politiques. Le jeune homme enrage : « Roselyne Bachelot est passée à trois rues d’ici mais elle n’a pas daigné répondre à nos questions ! Je pense qu’il faut se tourner vers les directeur·ices de théâtres et d’écoles, les député·es, etc. pour savoir vraiment ce qu’iels peuvent mettre en place à leur échelle et avec nous. » De son côté, Marine espère « une prise de conscience de la part du gouvernement, des institutions culturelles, pour reconnaître la vraie détresse de notre génération et qu’il y a un entre-soi dangereux. Je veux qu’iels répondent à : qu’est-ce qu’on fait pour cette jeunesse ? Est-ce qu’on met en place des quotas pour qu’il y ait un nombre minimum des pièces programmées qui soient créées par les moins de 30 ans tout en faisant attention à ce que les exclu·es d’aujourd’hui soient inclus·es ? Il faut un vrai partage des richesses, des subventions et des opportunités »

L’occupation de la Colline s’ajoute donc à la longue liste des espaces politiques de revendications et de réflexions qui se sont constitués ces dernières années en France (Gilets Jaunes, Nuit Debout, Art en grève…). Sans affiliation politique et sans chef·fe revendiqué·e, ces mouvements cherchent à redéfinir les règles du jeu d’un système qu’iels considèrent injuste. Beaucoup ont parlé de l’envie d’être ensemble, de retrouver la vie et la beauté après une année de repli sur soi forcé par le virus. Pour un·e occupant·e, le changement de système est inévitable: « Ces scènes nationales vont bientôt être pleines de cadavres car plus personne ne voudra y aller. Ce ne sera plus du spectacle vivant si les choses ne changent pas. » 

À l’heure où la réouverture des lieux culturels a été annoncée pour le 19 mai, il est désormais sûr que c’est un théâtre bouleversé de l’intérieur que les spectateur·ices retrouveront. Ces jeunes artistes se sont politisé·es et sont prêt·es à construire une culture nouvelle, sans compromission. Les jours heureux ne sont peut-être pas encore là, mais l’exemple du bouillonnement politique et intellectuel de la jeunesse de la Colline laisse présager des futurs où la créativité, la vie collective et l’amitié, eux, n’accepteront plus jamais d’être confinés par l’entre-soi et les inégalités. 


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Image à la Une : © Grégoire Laude

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