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Okay Kaya, Jorrdee, 070 Shake… Catch-Up clips #14

Okay Kaya, Jorrdee, 070 Shake… Catch-Up clips #14

Manifesto 21 - 070 Shake

Après un timide début janvier, des clips recommencent à tomber sur le web, tout comme la température. Des trips de Jorrdee à l’escapade de Murman Tsuladze, aux aspirations théâtrales de Lauren Auder et Ian Caufield, c’est l’heure du catch-up clips #14.

Jorrdee – « Coca Cola Partie 2 »

A l’orée du jour et de la nuit, il ne s’agit ni totalement d’un rêve, ni pleinement d’un cauchemar, mais d’un clip de Jorrdee, tout aussi poétique que le morceau qu’il illustre. Notre perception des choses est altérée par une temporalité ralentie, décomposée, au point que les images se complexifient et par on ne sait quelle opération, finissent par nous hypnotiser. La force de la vidéo est de jouer avec les limites d’une certaine abstraction : lorsque Jorrdee est à demi plongé dans l’eau, l’image semble provenir d’un film de science-fiction, l’objet traduit alors l’étrangeté familière.

070 Shake – « Guilty Conscience »

La tristesse des relations perdues et la pression des codes de masculinité sont illustrées dans le nouveau clip de 070 Shake, aka Dani Moon. L’artiste cherche à exprimer visuellement tout ce qui peut être ressenti en secret par les hommes, dans une société où sentimentalité et « fragilité » limitent encore énormément l’expression de maux. Le gang s’adonne à la destruction de vitres, brûle des souvenirs et font des balades nocturnes entre amis après s’être battus jusqu’au sang. Un clip plein de contrastes d’attitudes mais qui reste néanmoins émotionnel.

Rone – « Human »

Une leçon. Un plan séquence flottant entre Rone et ses machines, puis entre Erwan Castex et les femmes et les hommes de ce monde. Enregistré dans une des pièces du château de Châteaudun, cette vidéo, d’une simplicité et d’une sincérité exemplaires, estampillée La Blogothèque, annonce le retour du frenchie à lunettes avec un nouvel album à venir ce printemps.

Murman Tsuladze – « La flemme de danser »

L’attente était longue mais en valait la peine. Murman Tsuladze, hybride trio mêlant musique de la mer Noire, région d’origine du chanteur, avec des rythmes électroniques, sort enfin un morceau, accompagné d’un clip. Et ce dernier ne pourrait pas plus refléter l’actualité. On les y voit micro, clopes et bières en mains, danser dans les cortèges en plein cœur des manifestations parisiennes contre la réforme des retraites. « La flemme de danser » jusqu’au printemps, saison à laquelle éclora leur premier EP.

Lauren Auder – « june 14th »

C’est avec un clip théâtrale à l’esthétique baroque que débute l’année du jeune franco-britannique à la voix profonde et aux influences aussi diverses qu’éclectiques. Lauren Auder, signé sur le même label que King Krule, True Panther Sounds, se met en scène dans ce mélodrame où se mêlent sensibilité romantique et danses spasmodiques.

Duñe x Crayon – « Pointless » (ft. Ichon) 

Plongée dans l’onirisme pur de Duñe et de Crayon où Ichon, en featuring, rayonne au paroxysme du romantisme. Suivi d’un dealer de pétales de roses (obole nécessaire pour matcher avec sa belle sur une application de rencontres), la douceur de « Pointless » apporte un vent de poésie à l’heure ou le swipe est roi. Alice Kong insuffle une nouvelle fois son univers chimérique à cette virée sensuelle et bucolique.

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Okay Kaya – « Psych Ward »

Le clip-vidéo qui soutient le morceau « Psych Ward » de Okay Kaya est à la limite du court-métrage. Il donne à voir l’intimité d’un groupe de personnes aux profils atypiques. L’intensité d’un regard, le poids d’un mouvement, l’insolence d’une grimace sont autant d’éléments constitutifs de l’image. Il y a dans cette vidéo, quelque chose d’intime, de personnel qui nous emporte dans cet univers surprenant, mais pour le moins agréable.

Bonus : Ian Caulfield – « Pas grand chose »

Un peu tardivement, voici le visuel fantasque que Ian Caulfield propose pour accompagner « Pas grand chose », paru le 17 janvier. Les visions théâtrales et fantasques écrites, réalisées et montées par Nicolas Garrier présentent un jeune homme en plein élan créatif (voir thérapeutique) au sein de sa demeure. Virant entre doux rêve et aventure cauchemardesque, l’artiste fait métaphoriquement face aux turbulences de son passé pour se retrouver serein.

Par Adélaïde De Cerjat, Arthur Blandin, Camille Laurens, et Michel-Angelo Fedida

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