« Moral Hazard ». Les incertitudes ténébreuses de Null Split

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Des sons saturés, d’une violence jouissive. Une voix d’outre-tombe qui scande d’obscurs textes. Moral Hazard, le tout premier EP de Null Split, jeune projet parisien, est un beau et sombre voyage. Difficilement définissable, l’atmosphère des cinq titres de l’EP sonne comme une usine expérimentale. C’est dark, c’est industriel, c’est techno. C’est étrange. Le rythme est saccadé, paranoïaque. Il s’applique à « canaliser une énergie punk », tout en créant « des ambiances bien distinctes d’une chanson à l’autre », se réclamant des influences de Front 242, Nine Inch Nails ou encore Kap Bambino.

Tout en gardant l’unité de l’urgence, Anton Kirby, l’homme derrière Null Split, passe d’un tourment à l’autre. L’EP ne s’appelle en effet pas ainsi par hasard. Aléa moral, où la tendance d’un acteur à prendre des risques inhabituels lorsque ses pertes sont couvertes. Moral Hazard, depuis le premier titre éponyme jusqu’à sa conclusion, navigue dans ces incertitudes ténébreuses. « L’indécision sentimentale » de « Whip of Love », « l’emprise mentale de l’idéologie » de « Holiday », la paranoïa complotiste de « Show Us », pour finalement basculer dans les considérations technologiques de « The Future Holds ».

Un premier EP surprenant, jalonné de surprises et d’expérimentations. Le clip de « Moral Hazard », à l’esthétique chargée, presque épileptique, met lui aussi l’eau à la bouche pour la suite du projet.

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