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Les plus gros ratés cinéma de 2021

Les plus gros ratés cinéma de 2021

ratés cinéma 2021 - Manifesto XXI
Voici tout ce que l’on n’a pas aimé dans les productions et dans l’industrie du 7ème art cette année.

Critiques acides et flashack énervés : Après avoir désigné les 20 plus beaux films de 2021, nous avons décidé de mettre noir sur blanc quelques piques bien méritées sur des long métrages et des événements qui ont marqué l’année écoulée. Dans cette sélection servie avec mordant, vous retrouverez nos déceptions de cinéphiles et d’ultimes coups de gueule, pour la postérité. 

Mandibules, Quentin Dupieux

La crise d’angoisse à la réouverture des cinémas.

Benedetta, Paul Verhoeven

Toute cette attente pour ça ? Un mémo du male gaze sur une histoire lesbienne ? 

House of Gucci, Ridley Scott

On se serait bien passé de 2h40 de faux accents italiens et de la campagne marketing de Lady Gaga consistant à vanter les mérites de son “accent work”. 

L’obsession Léa Seydoux 

Cette année, un même visage a chialé pour tout le cinéma français (puisqu’on manque apparemment d’actrices?), nous avons nommé : Léa Seydoux.

France de Bruno Dumont

Bruno Dumont avait des cartes en main pour faire quelque chose de bien, mais non. Si certaines de ses critiques du système médiatique touchent juste (Blanche Gardin joue parfaitement son rôle d’idiote utile) elles sont malheureusement noyées dans un film qui reste très contemplatif, sans que le sens de l’absurde du réalisateur ne donne de la cohérence à l’ensemble. Au final, on a une œuvre aussi vide de sens que la vie de son personnage principal, incarné par Léa Seydoux (qui pleure beaucoup, voir point précédent).

Old, de M. Night Shyamalan
Un film où les personnages prennent dix ans d’âge à chaque heure passée sur une plage ensorcelée. Autre effet du sortilège (spoiler) : le public, lui, décède plus rapidement que les protagonistes. 

Bac Nord, le film cité par le RN et Zemmour

C’est ce qu’on appelle a minima, un très mauvais timing. Le journaliste irlandais qui a interpellé le réalisateur Cédric Jimenez lors de la conférence de presse à Cannes avait vu juste, Bac Nord aura bien été récupéré par l’extrême-droite pour appuyer des propos racistes, anti-immigration et stigmatisant les habitant·es des cités. 

Seize printemps, l’instant bourgeois cringe

Le premier film de Suzanne Lindon, « fille de » Sandrine Kiberlain et Vincent Lindon, nous a énervé au plus haut point. Pour sa vision de l’amour de jeunesse tellement bourgeois, dépassé, ennuyeux, et fainéant qu’on a encore du mal à l’oublier, et à pardonner que ce long métrage ait été produit Pour sa tournée des plateaux télé complètement surréaliste au vu de la qualité de l’œuvre. Une couverture énorme qui nous a rappelé tout ce qu’on déteste dans le cinéma français, le copinage et les dynasties de filles et fils « de ».

A ce propos, on vous remet ici l’article sur le bourgeois gaze publié chez Frustration.

Les documentaires musicaux promotionnels

De Billie Eilish à Angèle en passant par Orelsan, ces films réalisés à moindre coût et lâchés sur les plateformes quelques jours avant la sortie de l’album le plus récent semblent être la nouvelle recette marketing des maisons de disques. Alors qu’on fêtait les 30 ans du chef d’œuvre In Bed with Madonna qui suit l’artiste et ses danseurs issus de la scène ballroom dans une tournée légendaire, Netflix et Amazon nous servent des produits d’auto-promotion calibrés, où les artistes reviennent sur les polémiques réseaux sociaux et leurs anxiétés sociales. Ces films n’ont au final aucun autre objectif que de consolider des statuts de stars, fabriqués pour créer du buzz artificiel à coup de “l’artiste sort du silence”. Quand Madonna le faisait, cela semblait spécial, cela disait quelque chose de l’époque, ça paraissait même moins narcissique (et c’est Madonna!). Aujourd’hui, on dirait que chaque nouvel album a son documentaire. À vouloir autant être une star, on en perd le mystère.  

Les bandes originales de films paresseuses de House of Gucci et Cruella.

En 2021, on a appris qu’il suffit de taper “Greatest hits of the 80’s” sur Spotify pour assembler la bande son des films de Ridley Scott et de Disney. 

L’omniprésence d’Hans Zimmer

Voir Aussi

Est-il vraiment impossible de trouver un·e autre compositeur·ice capable de faire des B.O, moins assourdissantes (dans tous les films à plus de 100 millions de budget) ? 

Eiffel : âgisme et patriarcat, à l’écran comme à la ville 

C’est la minute people de cette liste de ratés. Eiffel de Martin Bourboulon aurait pu être un énième film historique français sur fond de romance, sauf qu’en 2021 l’écart d’âge entre les acteurices principaux (Romain Duris et Emma Mackey) mérite une critique en bonne et due forme. Les féministes s’évertuent depuis quelques années déjà à dénoncer le scandale que constitue le choix de partenaires présentant des écarts d’âges importants, dans l’optique très hétéronormée d’un homme plus âgé en couple avec une femme qui pourrait être sa fille. Cette vision biaisée à bel et bien des conséquences de reproduction des stéréotypes dans la vie réelle. Eiffel le prouve puisque Romain Duris a quitté sa femme (l’actrice Olivia Bonamy) pour l’actrice star de Sex Education à l’issue de ce tournage. L’œuvre du patriarcat se lit encore dans la production de ce film, avec le témoignage de la scénariste de Carole Bongrand qui a raconté comment elle avait été écartée de la version finale.

L’orientalisme de Dune

Les américains ont indubitablement une longueur d’avance sur la représentation des minorités au cinéma comparé à la France. Cependant, il semble que l’industrie soit beaucoup moins exigeante et vigilante pour ce qui concerne la perpétuation d’un certain regard orientaliste et impérialiste dans ses films. Que ce soit par la musique, l’image ou les costumes, le film de Denis Villeneuve brille par l’utilisation sans gêne de tous les poncifs orientalistes de la science-fiction. La représentation du peuple colonisé, les Fremen, aux contours arabisants, n’est pas assez subtile pour que l’on puisse supposer que le réalisateur cherche à y dénoncer ce regard impérialiste. On pourra nous rétorquer qu’il s’agit d’une adaptation fidèle du livre de Frank Herbert, on répondra que cela n’empêche pas de réfléchir à mettre en scène de façon critique ce livre. On pourrait aussi répondre que s’acharner à remettre en scène le livre de science-fiction le plus vendu de l’histoire ayant servi de canevas à toute la SF depuis 60 ans (Star Wars en premier lieu) est aussi questionnable lorsque l’on connaît l’essor et la diversité du genre de la science fiction (notamment grâce au féminisme). 

Matrix 4

Ou la résurrection d’un cinéma méta de boomer bien trempé dans les 90’s. Neo et Trinity sont rouillés, et ne parviennent jamais à se sortir du ridicule de leur jeu d’acteurs sur-exagéré. 

Celleux qui devraient peut-être arrêter le cinéma en 2022

Les nommé·es sont : François Ozon (Tout s’est bien passé), Noémie Merlant (Mi iubita, mon amour), Arnaud Desplechin (Tromperie). Nous sommes sans appel, tant leur film de l’année était raté.

Sélection et rédaction : Apolline Bazin, Caroline Fauvel, Benjamin Delaveau, Louise Malherbe

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