Emojis, télépathie, écologie. Voyage dans la galaxie Anne Horel

Depuis une bonne poignée d’années, elle inonde la toile de collages hypnotiques à l’esthétique kikoolol. Chats, pizzas, emojis, Ryan Gosling ou Miley Cyrus… Baignant dans la crème de la culture Internet des années 2000, Anne Horel – qui créait des gifs avant même que ça n’existe – est un pur produit de sa génération. On s’attendait à retrouver l’artiste pour parler mdr, lolcats et ironie post-Internet. Mais voilà, on grandit tous. À 34 ans, l’éternelle adolescente, enfant des Beaux-Arts de Cergy, passée entre-temps par le monde hardcore de la publicité et des médias (Canal+, MTV, Disney, Red Bull, etc.), en est revenue bousculée. L’heure était à la prise de conscience.

Qu’est-ce que je fais en tant qu’artiste dans ce monde ?

Son dernier projet, baptisé ://[aʃtag] (« hashtag »), prend donc la forme d’un manifeste – contre la course au like, contre la surconsommation, contre la pollution insensée, contre l’accélération sans fin de nos vies surmenées… À l’occasion des Chroniques parallèles, qui réunit les quatre lauréats Audi Talents 2017 au Palais de Tokyo jusqu’au 14 juillet, la Parisienne déjantée invite 26 web-artistes pour illustrer, en 26 secondes chacun, l’une des 26 lettres de son abécédaire engagé. Une œuvre collective, dans laquelle l’ego se dissout pour mieux faire résonner l’humanité qui se cache derrière nos écrans.

Après son EP (Atypeek Music) la semaine dernière, Anne Horel a choisi ce jour – un 26, « histoire de pousser jusqu’au bout l’obsession du chiffre » – pour filer en exclu à Manifesto le documentaire ://[aʃtag] qui accompagne l’exposition éponyme (voir ci-dessous). Interview-fleuve par pixels interposés.

Interview Skype avec Anne Horel pour Manifesto XXI. Juin 2018
Interview Skype avec Anne Horel pour Manifesto XXI, juin 2018

Manifesto XXI – Tu es une « artiste des réseaux sociaux », comment en arrives-tu aujourd’hui à exposer in real life au Palais de Tokyo ?

Anne Horel : Ces dernières années, j’ai beaucoup travaillé dans la pub, où l’on répond à des commandes. C’est très codifié, parfois frustrant. Ça m’a un peu déviée de mon « âme d’artiste ». Ce projet fait donc suite à une sorte de crise existentielle : « Qu’est-ce que je fais en tant qu’artiste dans ce monde ? Soit je me mets en boule dans un coin et je pleure, soit je fais quelque chose de cette audience que j’ai construite sur les réseaux sociaux au fil des années et je prends en main ma responsabilité. » J’ai d’abord pleuré un petit peu, puis j’ai pris mon courage à deux mains, j’ai recouvert mon appartement de post-it, lu des bouquins, regardé des docus, fait une psychothérapie… je cherchais à faire quelque chose à l’opposé de cette expérience professionnelle qui avait abîmé ma créativité, sans être ni dans la panique ni dans la réaction vindicative, en trouvant l’énergie juste. Et j’ai fini par écrire un manifeste.

J’ai commencé à y penser fin 2016 et un soir, par hasard, je suis tombée sur une annonce sur Facebook pour le prix Audi Talents. Je l’ai eu en mai dernier et, depuis, ça évolue par vagues : c’était d’abord huit paragraphes, c’est devenu un abécédaire, puis j’en ai écrit une nouvelle version qui fait maintenant 700 pages. Je me suis dit que j’allais inviter des artistes pour l’illustrer, que ça n’avait aucun sens de faire ça toute seule, qu’il fallait mettre Internet « en œuvre », au sens littéral du terme. Chaque artiste a proposé une lettre ou un mot en résonance avec le manifeste, puis a réalisé une vidéo de 26 secondes. 26 lettres, 26 artistes, 26 secondes. En parallèle, je suis allée les rencontrer et je les ai interviewés selon un protocole inspiré du questionnaire de Proust. J’en ai fait un documentaire de 40 minutes qui est également montré au Palais de Tokyo.

Le troisième module de l’exposition, c’est un cabinet de curiosités, qui fait écho au mur d’entrée où il y a une radiographie de mon processus de recherche, avec la version abrégée du manifeste. L’idée, c’est aussi que ce soit un projet qui se développe avec le temps.

Tu essayes de faire sortir l’Internet de l’Internet, en fait.

C’est une question qui me travaille depuis que j’ai commencé à être sur les réseaux sociaux. J’ai écrit mon mémoire de fin d’études sur ce rapport entre virtuel et organique. Je pense qu’il n’y a pas de séparation à faire entre les deux. Mon moi organique et mon moi virtuel coexistent, ils ont des cellules qui ne sont pas de la même nature et qui se développent au même moment. Pendant que je te parle, sur Instagram quelqu’un est peut-être en train de regarder une de mes vidéos… Il y a plusieurs strates de réalités de soi-même, c’est comme un multivers. Si on commence à y penser, on peut vite avoir un sacré vertige. Donc mettre l’espace du réseau social dans un musée ? Évidemment !

Instagram @annehorel
Instagram @annehorel

://[aʃtag] part d’un manifeste. Une notion qu’on aime bien chez Manifesto. Ça représente quoi pour toi ? Qu’est-ce que tu veux manifester ? Quelles sont tes luttes ?

Je me suis justement demandé ce que je mettais, et ce que la société mettait, sous le terme « militantisme ». C’est souvent mal vu. Les gens s’en méfient, parce qu’il peut y avoir une énergie un peu hargneuse. J’engagerais plus un militantisme du cœur. Pas des tripes parce qu’il y aurait un côté pas digéré, pas du mental parce qu’il y aurait un certain ego. Juste love. Ce que j’ai envie de manifester, c’est un amour inconditionnel pour la vie. C’est si beau qu’il faut la protéger, c’est précieux.

Sinon, dans la tradition du manifeste, je regardais récemment Manifesto de Julian Rosefeldt (2015). Cate Blanchett y incarne des personnages différents dans des tableaux différents, et tout le texte du film est composé uniquement de manifestes politiques et artistiques qu’elle déclame. Dans le terme de manifesto, il y a cette espèce d’attachement, de cordon ombilical, d’ADN de l’humanité. L’humain se pose constamment les mêmes questions, ce qui change c’est la manière qu’on a de les résoudre – parfois on a du mal, parfois on met les trucs sous le tapis, parfois on crée un problème en voulant créer une solution… On est mignons, on essaye. C’est vraiment dans cet héritage-là que ça se « manifeste ».

Donc tu as rédigé 700 pages.

Oui. (Rires) J’ai une formation littéraire, j’ai fait L. À l’époque, la philo a été une grande révélation. J’ai passé le concours général de philo, ça m’a amenée à faire hypokhâgne. Pour moi, le verbe est précieux : j’ai toujours aimé lire, écrire, réfléchir. La réflexion active et vivante sur les choses a toujours été présente dans ma vie. La réécriture de ce manifeste a aussi été alimentée par tous les artistes que j’ai rencontrés, qui constituent le premier « système solaire » de ://[aʃtag]. Ce n’est pas 700 pages de texte, il y a également beaucoup de visuels, c’est une forme en soi. Je me demande si je vais le publier ou pas.

Il paraît qu’on est entré dans l’ère de l’image, où l’on ne s’envoie plus que des smileys ou des « émotions ». Tu crois que le mot peut encore survivre dans tout ça ?

C’est une excellente question. Je viens de regarder un documentaire super sur Nikola Tesla ; tout le monde disait qu’il était perché, mais le mec a quand même pensé à Internet avant tout le monde. Il avait une intuition, c’était qu’on pourrait prendre en photo la pensée. À mon avis, il arrivera un moment où on n’aura plus besoin de mots. Quelle forme ça prendra, je n’en sais rien. Mais déjà, l’emoji ou l’image, c’est une forme de télépathie. Quand je t’envoie un gif animé qui exprime ma réaction à ce que tu viens de dire, tu la ressens, alors que ce n’est pas verbal. C’est au-delà.

Instagram @annehorel
Instagram @annehorel

Depuis quand es-tu fascinée par les gifs, Internet, les réseaux sociaux… ?

Je suis née dans les années 1980, l’âge d’or de la télévision. Club Dorothée, La Quatrième Dimension, Hugo Délire, les belles années Canal+, Ça cartoon le dimanche… Tout ça représente une espèce de mythologie de l’écran qui me touche beaucoup, qui est attachée à des souvenirs d’enfance. Internet, c’est un prolongement de cette culture « écran ».

Quand j’étais aux Beaux-Arts, j’étais déjà dans le digital, la vidéo, le clip. Le gif animé n’existait pas encore, je faisais des gifs animés manuels, en prenant en photo l’écran de télévision puis en faisant des montages – en .mov quoi ! (Rires) À un moment, j’ai eu un cataclysme personnel dans ma vie qui a fait que je me suis enfermée dans le travail et les études, j’expérimentais plein de choses. Ma pratique des réseaux sociaux a débuté comme ça, plus précisément avec MySpace. J’ai découvert qu’il y avait une communauté de chats, alors j’ai créé un profil pour ma chatte Kitsuné. On s’échangeait des messages avec un « chat noir » qui vivait dans le fin fond de l’Oregon, c’était à mourir de rire. Il y avait un énorme potentiel humoristique d’autodérision. Ça nous paraît naturel aujourd’hui, alors qu’en soi c’étaient des micro-révolutions.

Après j’ai bossé avec La Chambre à Air, une émission de radio nomade urbaine pour laquelle j’étais « ménestrel numérique » : à chaque fin d’émission, je faisais des compte-rendus sous forme de chansons. De ces chansons, j’ai réalisé la web-série Greetings from Michigannehorel, que j’ai produite grâce à un financement participatif.

Puis il y a eu Vine. Je suis devenue obsédée, je passais mes nuits dessus, je faisais des gifs à la demande. Je n’avais plus aucune vie sociale en physique, mais virtuellement c’était la folie ! Il y avait une sorte de micro-société où je retrouvais une émulation artistique similaire à celle des Beaux-Arts. Mes potes en France ne comprenaient rien, personne n’en parlait, alors que ça me paraissait être un truc énorme. Donc j’ai écrit un projet de documentaire sur Vine, que j’ai proposé à Canal+. Je suis allée aux États-Unis où j’ai rencontré tous mes amis Viners, dans la vraie vie. Vine s’est développé pendant deux ans avant de mourir, pendant lesquels j’ai grandi en following et commencé à susciter l’intérêt des marques – et donc à perdre un peu mon âme. Les réseaux sociaux ont mis en place une forme de nouvelle économie. Ça va extrêmement vite. Internet d’il y a trois ans, c’est ringard. Internet de l’année dernière, c’est ringard. Internet de la semaine dernière, c’est ringard.

Tu as mille canaux de diffusion, entre Facebook, Snapchat, Instagram, etc. Est-ce que tu les gères différemment ? Ça ne rend pas schizo ?

On est tous un peu schizo. Plein de choses nous échappent : dans ton corps, y’a des cellules qui font leur vie, on est comme démultiplié…

Mais non, je ne pense pas les médiums différemment. Quand j’avais beaucoup de following sur Vine, j’étais dans cette logique de publicité, avec des « clients », des « stratégies » – des termes un peu austères. Je postais à telle ou telle heure, en réfléchissant à quels hashtags mettre, etc. Ce sont des choses que j’ai expérimentées mais que maintenant j’ai intégrées. Je suis passée à autre chose. C’est un peu comme si tu deviens fan de fromage vegan – je précise, parce que je suis vegan – et que tu veux tous les essayer. Tu ne fais que ça. Mais tu ne peux pas passer ta vie à ne manger que du fromage vegan : au bout d’un moment, tu fais ton bilan, tu choisis ton préféré. Après tu prends un autre plateau, tu essayes un autre mezze. Et… ma vie est un grand mezze !

Tu étais l’une des premières à être dans cette vibe « post-Internet » il y a quelques années. Maintenant ça devient un terme de plus en plus utilisé. Ça veut dire quelque chose pour toi ? C’était conscient au départ ? Comment tu te définis par rapport à ça ?

J’aurais envie de dire que je suis dans le « néo-post-Internet » ! (Rires) En fait, tout se combine, s’inverse, s’annule – c’est un Rubik’s Cube. C’est bien d’avoir une grille de lecture, de pouvoir mettre des définitions ; ça permet de communiquer. Mais en réalité les choses bougent tellement en permanence qu’on n’est déjà plus dans le post-Internet. Il y a autre chose qui est en train de se passer, quelque chose de l’ordre de cet équilibre entre l’organique et le digital. Ce n’est pas un hasard si le transhumanisme commence à devenir une réalité aujourd’hui. Les téléphones portables, il y a quinze ans, ça nous paraissait de la science-fiction – regarde comme c’est intégré dans notre vie quotidienne désormais. Vu que les choses s’accélèrent de plus en plus…


Ce qui est intéressant dans ta position, c’est qu’elle fait réfléchir sur ces innovations, avec un côté SF ; en même temps, il y a quelque chose de rétro dans l’imagerie que tu utilises. À l’instar de notre époque, tiraillée entre cette fascination pour un futur inconnu et une nostalgie du passé, un fantasme généralisé des années 1990. Comment tu vois tout ça ?

Ce que je trouve hyper intéressant à notre époque, c’est que cohabitent les générations X, Y et Z. Bon, il y a aussi les parents de nos parents, qui sont en train de tranquillement s’éteindre, mais je n’ai pas grand-chose à dire sur le sujet, pardon ! (Rires) Si ce n’est qu’on traite extrêmement mal nos vieux… du coup c’est peut-être assez représentatif que je dise ça, tu vois. Bref, il y a cette génération de nos parents, qui sont nés post-guerre, qui a vécu les années 1960, entre la révolution industrielle chimique – « le plastique c’est génial » – et le Flower Power, les expériences psychédéliques. Suivie de la génération de nos grands frères et de nos grandes sœurs, punk, puis grunge. Puis les années 1980, où tout était possible, y’avait des femmes à poil et des foufounes à la télé. Et là on arrive à cette époque 2000, celle des nouvelles technologies, mais… j’ai ce terme de « ringard » qui revient à chaque fois. Un Tamagotchi, c’est extrêmement ringard ! (Rires)

Donc tous ces codes coexistent, se mélangent, coagulent, pour créer la réalité dans laquelle on vit. Sur Internet, il y a l’histoire de l’humanité entière, voire de la pré-humanité, voire de la post-humanité ! Qu’est-ce que tu mets comme mots sur cet espace-temps ?! C’est complètement extensible, fluide, libre de toute définition, de prendre tel ou tel code, de les sampler… Pour moi, en tant que collagiste, le débat autour du copyright est plus que crucial. Est-ce qu’il n’y a pas tout à revoir sur ces termes de droits ? Ça veut dire quoi aujourd’hui avoir la propriété d’une image ?

Je voulais justement en venir à ta pratique du collage. Pourquoi ce mode d’expression-là ? Comment s’est développée ta pratique ?

Je crois que j’ai plus ou moins toujours fait du collage. Au tout début, j’ai commencé par dessiner de la BD, je voulais être mangaka. Ce rapport texte-image, pour moi c’est la base du collage. Après j’ai fait du dessin papier : j’avais toujours mon carnet, je faisais des croquis dans la rue ou dans des conversations, je notais des bouts de phrase ; c’était une espèce de BD en live. Puis j’ai commencé à découper, il y a eu intervention de papier, de ciseaux, de colle, de scotch. J’ai suivi un cours aux Beaux-Arts aussi, « Thinking in Images » : on nous donnait un mot ou une phrase et on avait 1 minute pour créer quelque chose. Certains faisaient du dessin, moi j’avais un monticule de magazines et de journaux, je découpais, je collais. Ça a été un gros tournant. Mon rapport au collage un peu systématique vient de là.

Et puis, tout est collage : la manière dont je réfléchis, dont je crée des images, dont je cuisine, dont je lis… La vie est un mezze, vraiment. En tout cas, ma vie est un mezze. Très savoureux. (Rires)


En ce moment tu sors une série de gifs,
Contemporary Divinities, qui mettent en scène les icônes de la pop-culture contemporaine (Miley Cyrus, Will Smith, Cate Blanchett, etc). Qu’est-ce que ça représente pour toi ?

Aujourd’hui, avec un outil comme Internet, c’est quoi la responsabilité de personnes qui ont une audience de 70 millions de followers comme Miley Cyrus ? Elle, elle s’en sert : elle est hyper militante sur la cause LGBT, elle a monté une fondation pour venir en aide aux jeunes sans-abri, particulièrement dans la communauté gay, elle est assez gender-fluid, clairement anti-Trump…

Quand tu manges une banane, ton corps garde tous les nutriments, et le reste va où ça va. C’est pareil dans la « nutrition » d’une nouvelle humanité : le monde dans lequel on vit a des côtés géniaux, des choses très belles, il y a des progrès à garder – mais aussi des déchets à jeter. Et en ce moment, c’est lourd ! Je pleure tous les jours, à regarder des vidéos sur la manière dont on traite notre environnement, dont on se traite les uns les autres. Donc comment se servir de son influence vis-à-vis de ce monde quand on est une personnalité ? Ça rejoint la question que je vais développer dans la suite du projet ://[aʃtag].

Ce sera quoi, la suite ?

Le manifeste sera la base d’un autre documentaire, plus long ou en plusieurs épisodes, je ne sais pas encore. D’ici septembre, j’aimerais bien avoir trouvé un diffuseur. L’idée, c’est de reprendre l’abécédaire, garder le protocole des interviews avec des personnalités invitées, mais monter d’un cran : aller voir Miley Cyrus, Mobi, Leonardo diCaprio, tous ces gens qui se font des tribunes de causes, et les rassembler dans un « système solaire ».

Instagram @annehorel
Instagram @annehorel

Ton univers est assez pop et léger, et quand j’ai parcouru ton manifeste, je me suis rendu compte que tu étais traversée par tous ces questionnements toi aussi. C’est vraiment de moins en moins de niche d’être militant…

Carrément. Ce manifeste est parti de là : « Est-ce que j’ai vraiment envie de travailler, en tant que personne et ensuite en tant qu’artiste, pour des gens qui détruisent la planète ? Jusqu’où suis-je capable d’aller dans l’incohérence ? » Ce que je me proposais de suivre comme voie professionnelle était complètement incohérent avec mon mode de vie : vegan, spirituel, antispéciste, très sensible à l’environnement… Il n’y a pas de mots pour exprimer l’urgence que je ressens de faire quelque chose, là, maintenant. En soixante ans, on a niqué la planète !

Donc heureusement qu’il y a une conscience globale qui est en train de s’éveiller. Je me souviens, quand j’étais gamine, les « écolos », c’étaient des « perchés », des « babas cool » ! Bon, maintenant ce sont des « bobos », des « alternatifs »… Mais ça se rapproche un peu du mouvement #BalanceTonPorc ou #MeToo : certaines choses qui étaient convenues comme normales, pourtant inacceptables, ne sont plus tolérables. Le terme le plus important de notre époque, c’est « paradigme » : on est en train de changer de paradigmes – au pluriel. C’est pour ça que c’est excitant, que c’est le bordel, que ça pète dans tous les sens. On ne peut plus se mentir. Les gens se rendent bien compte qu’ils sont physiquement affectés, en mauvaise santé. Il y a encore du boulot mais j’ai grave la foi, ça va bouger. Et Internet est un des vecteurs de ce changement. Ce n’est pas anodin, la présence d’Internet, à ce niveau d’urgence dans l’histoire de l’humanité.

Chroniques parallèles, au Palais de Tokyo (Paris) du 22 juin au 14 juillet 2018. Puis à la Friche Belle de Mai (Marseille) du 2 septembre au 14 octobre 2018.
L’EP, Anne Horel (Atypeek Music), sortie le 22 juin 2018
www.annehorel.com
@annehorel sur Instagram
annehorel sur YouTube
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Anne Horel sur Giphy

À lire aussi : Anne Horel : L’EP, collages audiovisuels sur disque virtuel

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