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Gabriel Attal premier ministre : une poudre de perlimpinpin arc-en-ciel

Gabriel Attal premier ministre : une poudre de perlimpinpin arc-en-ciel

Ce mardi 9 janvier 2024, Emmanuel Macron a nommé Gabriel Attal au poste de Premier Ministre, faisant de lui le premier chef de gouvernement ouvertement gay en France. Cette décision, présentée par certain·e·s comme un progrès pour l’acceptation sociale des personnes LGBTQIA, soulève des inquiétudes majeures.

Quelques semaines avant cette nomination, le précédent gouvernement Macron s’est illustré avec la loi immigration (lire l’edito), considérée comme la loi la plus raciste de l’histoire de la Vème République, votée grâce au soutien du RN qui a revendiqué une « victoire idéologique ». Le lendemain de ce vote, Emmanuel Macron a continué d’illustrer l’ampleur de son « progressisme »  en remettant en question un documentaire du service public, montrant un acteur français accusé de viols qui sexualisait une jeune Nord-Coréenne de 12 ans. 

Après cette fin d’année gratinée, le Président a pris l’initiative de « grand-remplacer » la devise « liberté, égalité, fraternité », lors de son traditionnel discours de vœux. Emmanuel Macron y préconise l’adoption de nouveaux principes dits « républicains » : « libérer, protéger, unir », auxquels, selon lui, devrait s’ajouter un « réarmement civique ». Après avoir adopté un discours viriliste et belliqueux, satisfait les fantasmes de l’extrême droite et des masculinistes, démantelé nombre de droits sociaux en utilisant à profusion l’article 49.3, comment redorer son blason « progressiste » ? Suffit-il de cocher l’option « Premier ministre bourgeois, de droite mais gay » ?

Malgré l’apparente avancée que pourrait représenter la nomination d’un Premier ministre ouvertement gay, et ce, une décennie seulement après la déferlante homophobe de la Manif pour Tous, il est crucial de ne pas tomber dans ce panneau sur lequel le terme « progrès » semble avoir été inscrit à la hâte. Les politiques macronistes sont axées sur des mesures néo-libérales, et accompagnées d’une connivence grandissante avec l’extrême droite. Elles affectent directement et plus durement toutes les minorités, y compris la communauté LGBTQIA. Les positions de Gabriel Attal en tant que ministre de l’Education Nationale dévoilent un projet politique réactionnaire : il prône l’uniforme obligatoire à l’école et cherche à exercer un contrôle sur le corps des élèves assignées musulmanes en imposant la chasse à l’abaya, tout en favorisant le français et les mathématiques au détriment des sciences sociales. Il est déplorable qu’un premier ministre, capable de porter une voix inédite sur le harcèlement homophobe qu’il a vécu au cours de sa scolarité, mette en place une politique aggravant le harcèlement scolaire vécu par les personnes racisées et LGBTQIA, notamment en durcissant les normes de ce qui peut être qualifié de « corps républicain ». 

La nomination d’Attal est donc un pansement gay (et sans paillettes) sur un autoritarisme béant. Nombre de communautés LGBTQIA refusent de servir de caution morale ; de pilule rose pour faire avaler une ligne politique raciste, liberticide et anti-démocratique. 

Emmanuel Macron cherche des fidèles, prêts à en faire deux fois plus pour rester à un poste de pouvoir. Et qui de plus reconnaissant qu’une personne appartenant à un groupe minoritaire, pouvant s’enorgueillir d’être « l’élue » en qualité de « pionnière » ? De la même façon qu’Elisabeth Borne fût un exemple parfait de falaise de verre – utiliser une femme en premier plan pour gérer une crise, puis la virer – l’usage des minorités en politique n’est bienvenue que lorsqu’il sert les intérêts majoritaires. Refusons que nos communautés servent de boucliers moraux pour justifier des politiques dont la violence de classe, de genre et de race, n’est plus à démontrer. N’oublions jamais que l’homonationalisme et le fémonationalisme sont de l’homophobie et du sexisme, qui s’appuient sur une instrumentalisation des inégalités vécues par des groupes discriminés, pour mieux les aggraver. 

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Nous ne tirons aucune fierté qu’Attal soit le premier premier ministre gay, comme nous aurons honte si un jour Marine Le Pen devient la première femme Présidente française. 


Avec l’aide de Benjamin Delaveau

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