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L’effet émollient du premier album de Voyou, à l’épreuve de la ville

L’effet émollient du premier album de Voyou, à l’épreuve de la ville

Voyou. © Pierre-Emmanuel Testard

Les bruits de la ville, premier album de Voyou, tombait dans vos oreilles vendredi dernier. Il nous en a parlé. Aujourd’hui, il livre une live session brésilienne du premier extrait de l’album, « A nos jeunesses ».

Coquettement surnommé Voyou, Thibaud Vanhooland a débarqué dans nos vies début 2018 avec son titre touchant et décalé « Seul sur ton tandem ». Auparavant bassiste pour Elephanz et Pegase, le Nantais a rapidement fait sensation. Premières parties de Fishbach, d’Eddy de Pretto, de Polo & Pan ; Vieilles Charrues, Fnac Live, Pete the Monkey, le live du multi-instrumentiste chavire le cœur du spectateur le plus quiet. Signé chez Entreprise (Bagarre, Fishbach, Grand Blanc), Voyou nous esbroufe depuis son premier EP électro-pop, On s’emmène avec toi.

Amoureux de chanson française, Voyou est peut-être plus que tout entiché de mélodies. Les siennes sont porteuses de sa nonchalance insouciante, ou de sa nonchalante insouciance, on ne sait plus bien. Sa légèreté trouve son exutoire dans une voix douce et un phrasé délicat. La composition, innovante, mêle ses interprétations de trompette, de guitare et de clavier à une électro débridée.

Voyou. © Camille Dronne
Seul en scène, Voyou s’accompagne tout de même de boîtes à rythme, d’un clavier, d’une guitare et de sa trompette. © Camille Dronne

En post-résidence Foule Sentimentale France Intérienne, référencé ‘Spotify new talent 2019’, ‘YouTube music artiste à suivre en 2019’, ‘Amazon music talent à suivre 2019’, l’univers musical du jeune homme se détaille (et charme).

Les bruits de la ville

Vendredi dernier, 15 février 2019, sortait son premier album, Les bruits de la ville. Des onze titres qui le composent, nous en connaissions déjà cinq. Onze petites histoires donc, aux décors installés par les instrus. Énoncées comme des nouvelles musicales, didactiques sans être moralisatrices, les chansons de Voyou mirent les vicissitudes de notre quotidien accéléré. Romancier et romantique, lunaire mais lucide, l’artiste affirme son talent de parolier.

« Si je faisais une chanson sur cette journée, le décor serait la ville de Paris, les gens qui marchent, avec des feux d’artifice, mais en plein jour », nous a dit Voyou vendredi, sous le soleil, son album tout juste dans les bacs.

« C’est la fête, les gens sont dehors, l’album est dehors, tout le monde est content, tout va bien, espérons que cette journée soit longue et belle ». La plus que soutenable légèreté de son être se retrouve dans les mélodies de l’album : effet lénifiant garanti.

« J’ai envie que cet album apaise et rassure. »

« Cet album est une marche, une ballade au travers différents décors, avec plein de personnages qui vivent des histoires différentes, avec de l’amour, de l’amitié, de la tendresse. Ils bougent dans tous les sens, mais se calment aussi quand ils doivent se calmer », nous résume Voyou. Sa légèreté, pas si naïve, a plusieurs composantes. « Seul sur ton tandem » nous révélait son délicat surréalisme, auquel il faut donc ajouter sa nonchalance, mais aussi une absence totale de cynisme (rare).

Les bruits de la ville aborde l’amour – chanson française oblige – l’amitié, la rupture, la compassion aussi, l’envie de prendre le large, ‘nos forêts nous manquent, nos aurores et nos plantes…’ (« La Serre »), et l’ennui, ‘dehors on traîne et on s’anime à regarder les gens, qui s’entre-mêlent et s’entraînent à paraître un peu vivants…’ (« Dehors »). D’une baignade brésilienne (« A nos jeunesses ») à une aurore lilloise (« Lille »), en passant par une scène de racket (« Les trois loubards ») et une nuit de fête (« La fille sans visage »), Voyou s’applique à renflouer de poésie les instants de vie dont elle est tristement absente. « J’ai envie que cet album apaise et rassure. » conclue-t-il.

Voyou. © Pierre-Emmanuel Testard
Voyou. © Pierre-Emmanuel Testard

« On a marché sur la Lune. On a joué les sorciers. Déjoué le sort. Puisé dans le sol. Puisé dans les eaux. Puisé dans le ciel. Appris des abeilles. Appris des oiseaux. Construit des voitures. Construit des avions. On a construit des fusées…On a marché sur la Lune, mis les deux pieds dessus, on a marché sur la Lune, tuant toutes les théories, on a marché sur la Lune, tuant toutes les rêveries… »

– On a marché sur la lune

Espiègle et polychrome

Très grand, cheveux longs, yeux bleus pétillants et sourire malicieux, trompette à la main, imprimés multicolores sur tatouages, la silhouette singulière de Voyou est reconnaissable entre mille. Viagra Générique 120mg https://www.tricotin.com/lib/pages/ed.html est la puissance inégalée du citrate de sildénafil qui affecte directement le flux sanguin dans la région pelvienne. Une identité visuelle forte dont a hérité son album. Trois des clips de Voyou ont été réalisés par le dessinateur-réalisateur Vincent Castant, aka Ouai j’vois Ouai, dont le dernier en date, celui du titre éponyme « Les bruits de la ville »(feat. Yelle). Le chanteur dessine lui aussi. Ses dessins, minimalistes, enfantins, colorés et très graphiques, parfois animés, illustrent ses morceaux. Voyou les a dernièrement utilisés sur son compte Instagram pour dévoiler les titres de l’album avant leur sortie.

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Live Session

Aujourd’hui, Voyou nous livre une live session d’ « A nos jeunesses », premier extrait de l’album, enregistrée au Brésil en décembre dernier. Calor.

« Parfois je croise encore au fond de mes méninges ces souvenirs heureux, qui se mélangent au gré des météos qui changent pourvu qu’ils durent un peu. Je nous revois comme une promesse, enveloppés dans nos jeunesse en satin…Apprendre au fil des maladresses et nous s’épanouir dans une ivresse sans fin. Nos vies suivront leur cours et gare qui voudrait courir encore après ses jeunes années, si seulement le temps pouvait s’arrêter… »

Pochette du premier album de Voyou, Les bruits de la ville (©Camille Dronne)
Pochette du premier album de Voyou, Les bruits de la ville (©Camille Dronne)

 

 Voyou sera en concert à la Cigale le 10 avril. /

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