Techno Parade, 20 ans et le combat reste le même

20 ans de Techno Parade, ça se fête, non ? Un anniversaire qui résonne étrangement au vu de l’actualité d’un week-end de teuf troublé en septembre 2018.

L’histoire de la Techno Parade commence subitement en 1996 après l’annulation de la soirée Polaris à la halle Tony-Garnier. Très rapidement, les activistes français se retrouvent à Lyon pour créer l’association Technopol, qui organise en 1998 la première Techno Parade afin de revendiquer le droit à la fête dans une société où les musiques électroniques sont vues d’un mauvais oeil, et où nombreux sont les évènements qui voient leur existence contrainte, empêchée.

Ce week-end du 15 et 16 septembre 2018, le collectif Fée Croquer est contraint d’annuler sa soirée suite à une inspection de police sur le lieu des festivités. Malgré les documents, les contrats et tous les autres justificatifs légaux (assurance, location, statuts, etc.) attestant que les organisateurs étaient dans leur droit et donc la soirée était parfaitement légale ; les forces de police n’ont rien voulu entendre, soupçonnant « une rave déguisée ». La sentence a été irrévocable : interdiction de rentrer sur le lieu que ce soit pour les organisateurs, les prestataires, les bénévoles, ou de toute évidence, les clubbers. Pour couronner le tout, un contrôle réalisé sur un des bénévoles s’est avéré positif à la détention de stupéfiants, décrédibilisant l’événement, et légitimant les autorités dans leur volonté de nuire à la soirée.

Même jour, autre emplacement le CNAP – Nouvelle Adresse. Après trois mois où nous avons vu défiler pléthore d’événements sur Facebook, un nouveau lieu ouvre ses portes, dédié à la performance, à la culture et l’art. Est organisée pour l’opening une soirée clubbing avec DJ Deena Abdelwahed, La Fraicheur, The Post Post et Virginia. Même jugement : après avoir bataillé toute la journée avec la préfecture, les organisateurs sont dans l’incapacité de changer la donne. Fort heureusement, le grand sauveur de la soirée finira par pointer le bout de son nez : « à la folie Paris » célèbre club de La Villette propose d’ouvrir gracieusement ses portes pour accueillir artistes et fêtards.

Et enfin le samedi soir, la Possession, soirée qui prône l’égalité, la liberté et l’ouverture d’esprit se voit elle aussi empêchée d’organiser son événement en collaboration avec le collectif RAW qui pourtant offre un line-up de rêve en mettant en avant des DJ comme I Hate Models, Illnurse, Hermann etc. se retrouvant également sur le carreau.

Le message semble plutôt clair.

Deux décennies de fêtes et le constat reste le même : les musiques électroniques sont toujours considérées comme débauchées par l’opinion publique. On comprend que la politique de l’Elysée lors de la fête de la musique – qui était d’ouvrir ses portes le temps d’une soirée symbolique pour montrer un esprit de bienveillance face à LA musique dans toute sa diversité, avec même Kiddy Smile vêtu de son tee-shirt« Fils d’immigré, noir et pédé » invité  – n’était qu’un écran de fumée.

La fête doit rester dans un club, elle ne doit pas le quitter. La rave doit rester comme dans les années 90, invisible, prohibée. Le clubbing est plus que jamais politique et son appréciation plus que jamais controversée. Et si nous redonnions à la Techno Parade sa force politique d’antan au lieu de se satisfaire de son apparat contestataire ? Il y a 20 ans, beaucoup de personnes se sont battues pour récupérer le droit à la fête que nous pourrions perdre à nouveau. Cette année, et si nous fêtions politiquement la techno parade ? Et si nous manifestions en musique ?

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