Rosaire. La relève du rock psyché de l’Ouest

© Judicaël Olivier

Le 22 mars, le groupe briochin Rosaire sortait To The Temple, le deuxième volet d’une trilogie de clips. Sur les routes de l’Ouest depuis 2014, le quator costarmoricain s’appuie sur une expérience sérieuse de la scène. Sous le regard bienveillant de Ricko, leur manager, Louis, Lucas, Simon et Guirec sortent leur premier album Crystal Eyes, le 19 mai prochain. Ce même jour, ils joueront à domicile sur la scène de la Passerelle à Art Rock à Saint-Brieuc, ville avec laquelle le groupe a grandi et à laquelle il reste très attaché. Une date qui marque le passage à un niveau supérieur. Rencontre avec quatre bonhommes bien déterminés à montrer que le rock n’est pas mort à Saint-Brieuc.

Rosaire a cette particularité d’avoir bien plus de concerts que de sorties à son actif. Cette multitude de dates vous paraissait nécessaire pour acquérir la maturité d’un premier album ?

Guirec : Déjà, c’est un moyen de se faire plaisir ! Le concert est l’endroit où l’on entretient une proximité avec les gens. On kiffe jouer. Dans un second temps, l’enregistrement d’un album requiert un long travail. On voulait faire quelque chose de joli. Comme on s’autoproduit, ça demande énormément d’énergie, d’argent, de préparation, donc beaucoup de concerts.

À se demander si votre musique est plus faite pour le live ?

Louis : Certains morceaux passent mieux en studio que d’autres. À ce moment-là, on en fait une deuxième version plus faite pour la scène. Et ça marche dans les deux sens. On s’adapte. C’est un travail d’équipe et d’écoute. On a mis un peu de temps à acquérir ces deux visions que sont le studio et la scène.

Lucas : En studio, on dispose d’une liberté qu’on n’a pas forcément en concert. On accorde une plus grande place à l’impro en rajoutant des percussions, une autre ligne de guitare ou de basse, par exemple.

“En studio, on dispose d’une certaine liberté” – Lucas © Judicaël Olivier

Au-delà de la prière et de la plage de la baie de Saint-Brieuc, Rosaire est souvent représenté par une figure féminine, notamment sur vos covers. D’où vient cette envie ?

Louis : C’est l’amour…

Simon : … de la beauté du corps féminin.

Louis : Plus sérieusement, cela apporte un côté romantique au sens littéraire. On retrouve cette figure dans nos paroles et notre musique. Même si ce n’est pas le sujet de la chanson, je vois toujours une femme à travers mes paroles.

Vous avez enregistré votre premier album à Kerwax. Comment s’est faite la prise de contact avec ce studio ?

Ricko : En cherchant un studio analogique dans le secteur, je suis tombé sur Kerwax. J’en ai parlé aux gars et ils se sont chauffés.

Louis : Simon nous a aussi montré les lives sessions de Rover, de Lou Doillon, dans ce studio, filmées par Arte. Ça nous a bien plu.

Simon : Ce studio reflète une esthétique qui nous correspond.

En plus de l’esthétique, en quoi l’enregistrement analogique spécifique de Kerwax colle au rock psychédélique de Rosaire ?

Guirec : Avant de rentrer en studio, on a envoyé nos répèt’ à Christophe Chavanon, le directeur. Il nous a dit qu’un son se dégageait de nos extraits et que c’était cohérent avec le matériel. Sans compter, qu’il s’agit de la même console utilisée par Gainsbourg pour enregistrer Histoire de Melody Nelson. À savoir celle des studios Pathé-Marconi de Boulogne-Billancourt, qui a aussi vu passer les Beatles, les Stones, etc. C’est plutôt excitant…

Louis : On recherchait une certaine chaleur dans le son avec ce genre de matériel. L’analogique nous a permis de retranscrire une âme en one shot.

Lucas : Il n’y a pas eu de triche possible en enregistrant tous ensemble.

Cette année, vous êtes programmés à Art Rock, un festival que vous connaissez très bien en tant que festivaliers. Qu’est-ce que ça fait de jouer à domicile, sous les projecteurs ?

Lucas : C’est une fierté !

Simon : C’était mon rêve quand j’étais petit. Dès que je voyais un groupe, je me disais : “Putain faut qu’un jour, on joue à la Passerelle pour Art Rock”. Et en plus, on se retrouve sur cette scène, alors c’est mortel !

Guirec : C’est vraiment la meilleure scène sur laquelle on pouvait jouer, mais ça risque d’être un des concerts les plus stressants…

Louis : En jouant à Art Rock, on passe un certain cap. On joue à domicile. Il y aura du monde. Notre album sort le jour-même. Toutes les conditions sont réunies…

Rosaire en pleine séance de chamanisme © Judicaël Olivier

Justement, Rosaire existe depuis quatre ans. Est-ce que cette période était nécessaire pour acquérir la maturité d’un premier album ?

Louis : C’est dur de se sentir totalement légitime pour sortir un album.

Guirec : Pendant tout ce temps, on a patienté avec des EPs. C’était utile d’attendre pour pouvoir regrouper dix bons morceaux sans faire de remplissage.

Vous êtes toujours en autoproduction. Avec cet album, quelles sont vos attentes en termes d’évolution ?

Ricko : La première chose qui pourrait nous arriver après la sortie de l’album serait de trouver un tourneur pour que Rosaire continue de se faire connaître. Le but étant de bénéficier de l’intermittence pour commencer à tirer des revenus de notre activité.

Quatre garçons dans le vent ? © Judicaël Olivier

 

Des images commencent à se poser sur vos premiers morceaux. Vous avez sorti le deuxième opus d’une trilogie de clips. Comment cette idée a vu le jour ?

Louis : Cette trilogie a été réalisée par Judicaël Olivier, un ami qui est venu avec nous en studio pour une live session. On en a profité pour discuter du projet et écrire l’histoire de cette triptyque ensemble.

Simon : Dans Rosaire, tout se concentre autour d’une figure féminine, de couleurs vives, de la nature, de Saint-Brieuc… On voulait tourner l’ensemble des images dans le secteur.

Vous voyez vivre de la musique dans les années à venir ?

Lucas : Oui, mais bon il faut compter sur un coup de chance qui se provoque…

Louis : Ça reste incertain… On est un peu dans un entre-deux avec la musique et nos études. C’est un gros pari !

“J’suis pas rassuré” © Judicaël Olivier
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