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Halloween : La playlist murder party

Halloween : La playlist murder party

Cette année, Halloween tombe à pic avec la sortie de notre playlist bi-mensuelle. Pour l’occasion, on souhaite retracer les origines de cette célébration pour accompagner notre sélection musicale : voici plus de quatre heures d’écoute pour les plus assoiffé·es de la nuit.

En France, le 1er novembre est consacré à la commémoration des défunts. Très peu fêtent les esprits, plus ténébreux, le 31 octobre. C’est à cette date que maints déguisements sortent de leur cachette pour s’arborer fièrement dans les rues pour Halloween.

Halloween, l’apogée de l’individualisme capitaliste

Halloween nous vient tout droit des États-Unis et beaucoup restent critiques à l’égard de cet évènement qui est devenu en majorité capitaliste : Ainsi, le bureau éditorial de l’Université de l’Illinois a choisi de retracer cette évolution dans « Halloween is capitalism in a costume » (« Halloween est le capitalisme en déguisement », belle ironie). Selon leurs recherches, Halloween serait la deuxième fête la plus rémunératrice pour les commerces aux États-Unis, après Noël.

Au-delà de la critique capitaliste se retrouve un impérialisme économique et culturel. En effet, les masses de costumes inspirés de la culture populaire sont souvent fabriqués hors de nos territoires et à faible coût. L’impérialisme culturel est plus évident : Halloween se comprend actuellement à travers le prisme des États-Unis et s’éloigne lentement de ses fondements symboliques.

Une fête païenne pour célébrer les esprits

Halloween puise ses origines dans la fête gaélique du Samhain. On retrace cet historique jusqu’au IXe siècle. À l’époque, des communautés celtiques s’adonnaient à des rituels spirituels, à rebours de l’expression des fantaisies individuelles actuelles.

Ces rituels païens avaient lieu en Irlande, Écosse et sur l’île de Man, et non pas aux États-Unis. Le déguisement n’était qu’une mince partie de ces évènements. Ce qui important surtout était les rassemblements, les feux, et parfois même les sacrifices. Un mythe irlandais veut que les passages de tombeaux néolithiques s’alignent avec la levée du soleil donnant ainsi accès à l’Autre Monde. Pendant ces festivals de rituels, les frontières entre notre monde et l’autre s’amincissaient pour laisser entrer les esprits et fées.

C’est aussi au IXe siècle que l’Église Catholique s’aligne avec ces évènements et déclare sa propre fête des esprits au 1er novembre : la Toussaint. L’un fête les saints ; l’autre, les âmes. Les rituels plus traditionnels prennent donc en compte la recherche spirituelle et honorent la lumière tout comme les ténèbres. Aujourd’hui encore, certaines communautés décident d’honorer les morts à leur façon et tout au long de l’année. Par exemple en Bretagne, l’histoire veut que les Bretons pensent fortement à la cohabitation terrestre des humains et vagabonds de l’autre monde. Les esprits se baladent sur les terres et nous existons avec eux.

Toujours en Bretagne, le mythe de l’Ankou permet de démystifier la suprématie de l’homme sur Terre. L’Ankou, serviteur de la mort, erre sur terre, accompagné de sa fauchette. Son apparition symbolise le décès imminent d’un·e proche, ou votre propre mort. Une église à La Roche Maurice s’orne de symbolique propre à ce mythe, ainsi que de la phrase suivante en latin : « Souviens-toi, homme que tu n’es que poussière ». Certain·es diront glauque, d’autres que c’est un rappel que notre existence furtive est égale à toute autre vie sur Terre.

Samhain : célébration des forces de la nuit

Les ténèbres sont souvent associées à l’imagerie d’Halloween. La nuit du 31 au 1er annonce le début de l’hiver selon le calendrier gaélique. Par conséquent, on entre dans la moitié la plus sombre de l’année. Le soleil s’éclipse pour faire place à la lune, et la nuit. La nuit a souvent été le lieu d’explorations mystérieuses, sa noirceur est le lieu de tous les possibles et inspire de nombreux contes maléfiques et enchantés.

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Aujourd’hui, ces histoires se manifestent visuellement à travers la culture. Ces dernières années, nous avons vu émerger une nouvelle fascination pour les mondes parallèles. On ne compte plus les séries faisant la narration du surnaturel. Dans la mode, les personnages fictifs se baladent sur les podiums : Ricardo Tisci pour Burberry fait défiler ses créations sur des elfes post-modernes, les modèles se baladent fièrement avec des têtes coupées sur le défilé Gucci automne/hiver 2018, une veuve couture apparaît chez Christian Lacroix en 2005. Les sorcières font leur grand retour dans la culture populaire lors des présidentielles aux États-Unis en 2020 : sur TikTok, elles jettent des sorts en faveur de l’élection de Joe Biden. En 2021, l’extraordinaire fascine et va de pair avec une société en constante quête de divertissement.

En musique, le surnaturel est un peu plus complexe à représenter, mais on a tenté l’exercice tout de même. Le caractère du gore qui peut se voir est plus difficile à entendre. En son, c’est surtout l’éloignement du réel qui prône. Pour cette playlist spéciale Halloween, on vous a rassemblé des titres shoegaze, witch house, goth-pop, punk rap, horror core, et bien plus.


Image à la Une : stills tiré du film Doom Generation de Greg Araki.

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