EKLPX, la frappe techno venue des enfers des hangars

EKLPX - Imaginarium Festival

C’est au détour de la Folie Villette que nous avons rencontré Laura aka EKLPX, dj et productrice. De clubs en hangars, et de Paris à Dresden cette hyperactive des platines a su nous prendre et nous faire voyager avec sa techno venue des entrailles. À l’occasion de la Jeudi OK x Cockorico le 2 août où nous pourrons la retrouver pour un set des plus énervés, on a parlé musique, féminisme, et club safe avec EKLPX. Du début sur Ableton aux énormes ateliers d’impression du Monde, EKLPX est là pour nous tabasser avec sa techno deep.

Manifesto XXI – On t’a vue mixer à la Tragedy, mais aussi dans des hangars industriels pour la Quarantaine, qui es-tu ? Et pourquoi autant de consonnes dans ton nom ?

EKLPX : Je suis productrice et dj au sein du collectif La Quarantaine. Et autant de consonnes parce qu’au départ c’était Eklips, mais au bout de six mois je me suis rendu compte que je n’aimais pas du tout et que je ne voulais pas que les gens m’appellent comme ça. Alors j’ai remplacé le « s » par le « x ».  Malheureusement aujourd’hui on m’appelle encore Eklips, du coup j’ai décidé de laisser filer et de laisser juste EKLPX.

J’ai commencé à mixer en 2015 dans le collectif OSCIL8. On organisait des soirées dans des lieux comme le Batofar ou le Pigallion, ce qui m’a permis de bien avancer et de bien évoluer. Et puis j’ai un de mes potes qui faisait de la prod qui m’a filé deux semaines de cours sur Ableton et un clavier, et je m’y suis mise de manière plus sérieuse. Je l’ai même suivi en cours du soir dans une formation de musique électronique à la SAE. Ce mec m’a donné les bases et ensuite j’ai volé de mes propres ailes.

Ensuite je suis rentrée chez Exil, sauf que je n’étais pas assez méticuleuse, et c’est un collectif qui demande beaucoup de rigueur, donc je n’y suis pas restée longtemps. Par la suite j’ai rencontré le collectif la Quarantaine qui m’a prise en résidente et depuis que je suis là-bas j’ai de plus en plus de dates que ce soit entre Paris, Berlin et ailleurs. 

Comment choisis-tu les soirées où tu mixes ?

Par principe je ne refuse aucune dates, si l’orga est cool, s’il n’y a pas de problème avec celui qui me booke, j’y vais ! Au départ je mixais gratos, c’était normal, je n’étais pas encore trop connue, je ramenais pas spécialement de monde. Aujourd’hui ça a un peu changé, je suis à l’aise dans ce que je fais et et puis il n’y a pas de raison que je ne sois pas payée, c’est différent de mixer pour tes potes que de mixer en grosses teufs.

Tu as une manière précise de travailler ?

Je travaille différemment en fonction de ce que je fais. Si je produis ce sera déjà par période. Il faut que je sois dans certaines conditions comme par exemple être en dehors de Paris pour sortir du contexte de teuf. Quand j’ai commencé à produire j’en faisais tout le temps. Et puis chez Exil j’ai plus ou moins arrêté de produire car je n’avais plus d’inspirations, et je suis incapable de me forcer pour créer alors j’ai arrêté. Depuis le début de l’année j’ai produit sept tracks mais je l’ai fait tranquillement sans pression.

Pour ce qui est du mix, je saute de chaînes Youtube en comptes Soundcloud, je me tiens au courant de ce qu’il se passe. J’écoute pas mal PWFM qui a une bonne sélection et je cherche de manière beaucoup plus sérieuse les tracks qui me plaisent lorsque je dois préparer un set.

Un souvenir de teuf ?

L’anniversaire de la Quarantaine, c’était le lendemain de mon anniversaire, on avait un hangar de 10 000 mètres carré dans les anciennes imprimeries du Monde. Je mixais de 6h à 8h et de 11h a 12h. Comme je mixais tard je n’ai pas fait d’erreurs de débutant : je suis arrivée tard, le temps d’un café et c’est parti ! Les gens étaient trop chauds, et il y avait masse de monde même au lever du jour ! 

Etre une femme ça change quelque chose ? Tu as des commentaires parfois ?

Je dirais qu’être une femme c’est un avantage aujourd’hui, enfin je le vois comme ça. Je suis plus bookée que mes potes mecs et ça c’est assez drôle. Lorsque j’étais chez OSCIL8 j’étais la seule meuf mais avec le plus de dates. Ça m’a aidée car il y a deux ans, il n’y avait pas autant de filles que maintenant qui se mettaient dans le son. Forcément on connaît tous les grands noms comme Nina Kraviz, ou Amelie Lens. Aujourd’hui, ça change et c’est plutôt cool tu vas voir des meufs qui cartonnent comme Mila Dietrich ou Sentimental Rave. Par principe on est des meufs alors on se démarque.

Ouais forcément, mais ça me fait plus rire qu’autre chose. T’entends souvent un mec qui a un moment s’étonne de voir une meuf mixer. Au contraire, je suis une meuf, ma musique elle tabasse, et tant mieux si ça t’en bouche un coin. Franchement, le mec qui te fait ce genre de remarque c’est que ça le travaille énormément, et c’est assez rare.

Un club safe ?

J’adore les hangars, j’ai quitté les boîtes pour ces teufs-là. L’ambiance est complètement différente, en tant que fêtarde je préfère le hangar pour la place, si tu veux danser à poil tu danses à poil, on va pas te faire chier à l’entrée parce que tu es mal habillée. Pareil si t’es deux mecs ça va être tendu de sortir en club. Comme si maintenant c’était devenu impossible de sortir à deux mecs en clubs. En tant que dj, aussi je préfère les warehouse, c’est immense, ça me fait hyper peur de mixer devant autant de monde, tandis qu’en club, les gens viennent pour la musique. À 4h du mat’ les gens s’en foutent.

Passer des hangars aux soirées queer, expérience à refaire ?

Ouais carrément ! J’ai mixé à la Kindergarten, à une Tragedy et bientôt à la Jeudi OK et à chaque fois l’ambiance était incroyable. Le public est cool et plus ouvert. Tout le monde est plus gentil avec toi. À chaque fois j’ai eu affaire à des gens qui savent organiser des teufs et les vivre. La fête semble plus libre, des filles torses nus, des gens en slip, et le tout avec une certaine bienveillance.

Tu as des projets en cours ?

Jeudi OK x Cokoriko le 2 août, et le tour en Colombie sur trois semaines ! J’ai trop hâte c’est la première fois que je pars aussi loin mixer. 

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