Art Rock 2016 : (re)découvertes

Aujourd’hui dans la vaste famille des festivals, difficile de se distinguer et de rayonner. Pourtant Art Rock sait se distinguer avec un panel d’arguments bien sympathiques qui attirent un public de tous âges et de tous horizons. Petit compte-rendu de notre journée sur place le samedi 14 mai.

Rock it !

À regarder la programmation musicale d’Art Rock, déjà on ne sait presque plus où donner de la tête. Les artistes de la grande scène sont des pointures et ont ravi un public très large, des fans d’électro aux néo-rappeurs. Faute de pouvoir  se dédoubler, il faudra savoir faire des choix.

Première découverte surprenante : Jambinai, un groupe de post-rock coréen qui utilise des instruments traditionnels. Invités à l’occasion de l’année d’amitié France-Corée, la formation était déjà présente aux Transmusicales 2014 et poursuit sa tournée en Europe avant la sortie de son dernier album très bientôt. Sensations garanties quand le calme apparent d’un morceau explose après un délicat crescendo.

https://www.youtube.com/watch?v=K6ABpjyc1Gs

18h30 – Entrée en matière fulgurante d’Odezenne qui confirme son statut de bête de scène avec son alliage complètement déjanté de textes oniriques et mordants.  « On a été programmés un peu tôt c’est vrai, mais on s’est dit qu’on n’allait rien changer et faire tout comme quand on passe à 23h00. Est-ce que vous êtes là Saint-Brieuc ? ». Élocution brillante et incisive, sensuelle et graves intonations. Quand le duo entame « Je vais te baiser », une vague de chaleur hystérique parcourt la foule. À voir absolument dès que vous avez l’occasion, même si vous n’êtes pas fans à la base l’énergie du groupe vous entraînera. Les poètes surréalistes ne sont pas morts et ils inspirent encore à Odezenne ce rap hybride.

Il faut saluer aussi la grande générosité sur scène de Faada Freddy et ses voix qui font danser la foule avec une facilité incroyable. Chapeau au dandy sénégalais et son incroyable troupe de chanteurs, dont un showman pro du beatbox, qui renouvellent ensemble les codes de la soul et du gospel.

Très attendu, le groupe Caravan Palace présentait ses nouvelles compositions. Troisième album du groupe, The Icons a des couleurs de l’ère du temps, plus électro que swing ou manouche comme à ses débuts. Sur scène, le groupe est toujours au top musicalement et diffuse une bonne humeur qui fait sa marque de fabrique.

Enfin, la scène B et le petit théâtre n’étaient pas en reste ! Seule sur scène, Fishbach a fait découvrir sa voix unique au public de Saint-Brieuc. Le groupe de marseillais Husbands a littéralement enchanté les spectateurs, talents à suivre.

Unitied Paintings

En dehors des scènes, l’esprit du festival se cultive dans les multiples animations proposées et tous les sens étaient en éveil. Les papilles ont pu être secouées par les créations culinaires de Rock’n Toques, il y avait aussi des visionnages et un spectacle de danse. La 33ème édition d’Art Rock était placée sous le signe de « Unitied Paintings », l’affiche a été réalisée par l’artiste allemande MADC exposée sur place.

Et surtout, notre coup de cœur, les expos de peinture organisées par le commissaire indépendant Jérôme Catz. OBEY TO MUSIC – A visual tribute to music by Shepard Fairey nous plonge dans un univers graphique très punk. De l’artiste, nous connaissons tous le célèbre portrait tricolore d’Obama, mais l’exposition de focalise sur les affiches de concert réalisées par le peintre. Un mur entier consacré à l’exercice de style en noir et blanc. C’est une première mondiale de rassembler autant d’œuvres de cet immense artiste et DJ. Les œuvres n’ont jamais été présentées en musée.

#streetart l’innovation au cœur du mouvement, présente avec concision l’histoire du street art et ses évolutions contemporaines. Quelques objets bien choisis pour illustrer la reconnaissance progressive du travail des artistes, des activités interactives et un panorama d’œuvres dans le monde sont les ingrédients d’une exposition bien conçue et très humaniste, qui ravira aussi bien les petits que les grands.

Bref, Art Rock se décline et se vit comme une expérience complète et tout confort dans le cœur de la ville de Saint-Brieuc. On adore, on garderait bien ce petit paradis de culture pour nous même si on souhaite au festival d’accroître encore sa renommée.

À suivre, quelques questions au commissaire de l’exposition Jérôme Catz.

Infos pratiques :
Expositions du 10 au 28 mai 2016 à la maison de l’agglomération et au musée de Saint-Brieuc.

Spread the love !
  •  
  •  
  •   
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
More from Apolline Bazin

Jaffna, le nouveau voyage d’Intuitive Records

Comme souvent les belles histoires commencent par de belles rencontres. C’est le...
En savoir plus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *