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Gloria! Collectif : la création féminine à bras le corps

Gloria! Collectif : la création féminine à bras le corps

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Engagée dans la promotion et la visibilisation des artistes femmes depuis 2018, le Gloria! Collectif part à la rencontre des talents de demain. Avec l’exposition Ras La Moule de la censure, qui rassemblait les productions de sept artistes plasticiennes à l’espace Marseille 3013 du 4 au 9 septembre, l’organisation cherche à mettre à mal les diktats imposés aux femmes dans nos sociétés. Rencontre. 

Marseille. 10h. Une douce lumière estivale caresse les visages des badauds encore endormis. Dans la rue de la République, à l’espace Marseille 3013 situé à deux pas du quartier du Panier, les membres du Gloria! Collectif, s’affairent aux derniers préparatifs de leur nouvelle exposition. Le vernissage a lieu en fin de journée et l’excitation est palpable dans l’espace de présentation : « Je suis curieuse de voir comment ça va se passer ce soir et de voir l’accueil du public marseillais. »  lance Camille Tournay, membre active du Gloria! Collectif, en charge de la communication et de la programmation. 

Ras la moule de la censure 

Pour cette première manifestation marseillaise, Ras la moule de la censure, préparée en pleine période du confinement sous forme d’appel à projet, le collectif de curation parisien s’est penché sur le thème de la censure imposée aux femmes. Censure des corps, des pratiques sexuelles, des discours, tabou des règles, violences gynécologiques, domination masculine… Autant de problématiques abordées à l’instar des productions des sept plasticiennes programmées pour l’occasion.

© Marie Casaÿs

« Pour cette exposition, nous voulions parler de censure car ce n’est pas une petite histoire, parler de sexualité, de nudité, d’érotisme. (…) La réalité est telle que la censure s’inscrit partout. Nous souhaitions faire une exposition qui marque les esprits. » rétorque la jeune curatrice.« Mélanger les saveurs et les couleurs, les médiums et les matériaux. Nous voulions qu’il y ait de la photo, de l’illustration, du collage, du son. Faire quelque chose de singulier et de foisonnant à la fois. Dans cette exposition, il n’y a pas qu’une seule direction. » ajoute-t-elle.

Body Language

Sur un mur, les corps en tension de Marie Casaÿs déploient toutes leurs plasticités en un feu d’artifice chromatique. Sur un autre, les femmes aux mille et une courbes de Jessy Maillard prennent un tout autre visage sous le regard du spectateur. Sur un autre pan, les « guérillères » sans pupille de Clémence Moutoussamy exposent leur rage de vaincre. Dans le sas central, les kakémonos de Claire Laboissette viennent nous confronter à une maladie bien réelle et encore trop souvent invisibilisée : l’endométriose

Constance Léon

En face, le visage masqué d’Isaline Dupond Jacquemart interroge notre rapport à l’identité et aux codes de représentation des corps. Un peu plus loin, les silhouettes détournées, à moitié cachées de l’artiste franco-portugaise Alexandra de Assuncao se placent en miroir de la censure. En fin de parcours, l’installation de la journaliste Constance Léon déploie le spectre de l’expérience féminine en croisant les discours, les voix et les regards. 

© Alexandra de Assuncao

Des oeuvres qui en disent peut-être plus que les mots et qui placent le corps de la femme au centre des préoccupations : « Moi je pense qu’il y a d’autres biais que les mots. L’art peut toucher d’avantage de public. Je pense qu’il y a des choses que l’on est plus à même de saisir par la création. Les oeuvres nous permettent de faire notre propre interprétation des choses. » souligne Julie Lartigue, chargée de production dans l’association. 

Art pour toutes, toutes pour l’art 

Avec Ras La Moule de La Censure, le collectif parisien poursuit ses ambitions premières, à savoir de toucher un maximum de public par le prisme de la jeune création artistique des femmes : « Nous voulons toucher un grand public en proposant des programmations assez fortes. L’idée, c’est de parler de plein de pans du féminisme et des questions qui gravitent autour. Il y a une dimension démocratique chez Gloria! », appuie Louise Hamon fondatrice du collectif avant de poursuivre : « Nous aimons travailler dans des espaces où les gens se sentent bien, accueillis, peuvent se déployer autant que les artistes invitées. Ça fait aussi partie de la genèse du projet.« 

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© Clémence Moutoussamy

En mettant un pied dans la cité Phocéenne, les sept membres actives de l’organisation comptent bien renforcer cette dimension, tant la vie associative y est dense et vive : « Je pense que c’est intéressant de voir ce qui se passe à Marseille, de saisir ce qui se passe sur un plan associatif car, c’est quelque chose qui est très présent contrairement à la ville de Paris où ce milieu n’est familier que pour les personnes qui y gravitent. » conclut Amélie Quintus, seconde chargée de production. Et si l’horizon créatif se trouvait à Marseille pour le Gloria! Collectif ? L’avenir nous le dira.

Image à la Une : © Isaline Dupond-Jacquemart

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