Aliocha, nouvelle tête blonde du folk-pop franco-québécois

Quelques heures avant son live aux Bars en Trans, on a eu le plaisir de rencontrer le charismatique et très sympathique Aliocha Schneider, artisan d’une folk-pop mélancolique et intemporelle des plus envoûtantes. Son premier EP, Sorry Eyes, a vu le jour à l’automne 2016 sur le label Audiogram.

Manifesto XXI – Tu es originaire du Canada ?

Aliocha : Je suis originaire de Paris, mais j’ai grandi au Québec. Ma famille y a déménagé en 1996, quand j’avais 3 ans. On est revenus en France tous les étés, et depuis trois ans à peu près, je suis vraiment entre les deux, Paris et Montréal.

En France, j’ai souvent l’impression que les gens voient Montréal comme une sorte d’eldorado, pour plein d’aspects, comme les libertés ou l’effervescence artistique… Qu’en penses-tu ?

Je le pense aussi ! (rires) D’ailleurs je me dis parfois qu’il faut que je vienne plus souvent à Paris, parce que Montréal c’est les vacances, je ne travaille pas. Je croise les potes, on s’installe au café, on passe la journée de café en café, puis 18h arrive, puis la soirée… Et on ne fout rien ! (rires) Mais il se passe vraiment plein de choses artistiquement, et notamment musicalement.

C’est stimulant pour toi dans ta création ?

Oui, c’est hyper stimulant !

Et Paris, en comparaison ? 

À Paris, il y a beaucoup plus de mouvement, tu as toujours l’impression de rater quelque chose. En fait, à Montréal, tu te dis : « Je suis à l’endroit où il faut être », à Paris tu te dis : « Je suis en train de tout rater, de passer à côté de ma life ! ». (rires)

Tu fais aussi du théâtre. Comment ces pratiques artistiques s’entremêlent-elles pour toi ?

Mon premier rêve était d’être chanteur : à 10 ans, j’ai dit à mes parents « Je veux être chanteur ». Ils m’ont inscrit au cours de chant, et je me suis aussi inscrit dans une agence de comédiens. Ça a commencé à marcher assez vite en fait, à me prendre pas mal de temps. J’ai commencé à faire de la télé et tout ça, et au Québec, sans être connu, ça commençait à bien marcher quand même. Du coup, j’avais une espèce d’image de comédien, alors que moi dans ma tête j’étais dans la musique, je continuais à jouer de la musique, et je travaillais mon album. Ça fait cinq ans que j’ai signé avec mon label au Québec, et que je travaille dur là-dessus, donc ça fait du bien que ça sorte enfin, parce que c’est vrai que là-bas j’étais vu comme un comédien.

Et du coup en live, est-ce que tu t’inspires de ton expérience de comédien, est-ce que tu cherches à créer un personnage sur scène ? 

Non, pas vraiment, pour moi c’est vraiment dissocié. C’est un peu comme si j’avais étudié, je ne sais pas, la médecine, et qu’en parallèle j’avais fait de la musique… Peut-être pas tout à fait, dans la mesure où en tant que comédien, il y a quand même une certaine culture artistique qu’il faut que tu aies : il faut que tu lises, que tu t’intéresses à l’histoire, à toutes sortes de choses, qui sont les mêmes qu’en tant que chanteur.

Tes instruments de prédilection sont la guitare et la voix ; mais travailles-tu avec d’autres personnes sur tes compositions ?

En studio, j’ai fait les guitares acoustiques, quelques guitares électriques, le piano et quelques claviers, sinon Samy Osta a fait quelques claviers, guitares électriques et la basse ; puis on a invité un batteur suédois, Ludwig Dahlberg – le nouveau batteur d’Indochine.

C’était dans quel studio ?

En Suède, parce que Samy Osta venait d’enregistrer l’album de Feu! Chatterton là-bas, et il m’a dit « C’est super, il y a la console sur laquelle David Bowie a enregistré “Heroes” ! », donc il m’a dit on va là-bas, et moi j’ai dit oui ! (rires)

Comment t’es-tu retrouvé à jouer ici pour les Bars en Trans, et quelle a été ta réaction à cette annonce ? 

C’est super, après j’avoue que je ne connaissais pas forcément, car moi depuis mon Québec… Et j’ai compris la chance de faire cette date proportionnellement à la façon qu’ont eu les gens de me l’annoncer en fait ! Je suis super content d’être là en tout cas !

Est-ce que tu as déjà joué en France ?

En France, je n’ai fait qu’un seul concert pour l’instant, à Paris le mois dernier pour le MaMA. C’était vraiment chouette ! Donc c’est notre deuxième, et c’est la première fois qu’on vient à Rennes.

C’est un vrai désir de monter sur scène devant un public français ?

Oui, absolument, car déjà je me sens Français, puis j’ai enregistré l’album en Suède, mais aussi à Paris. Pour moi c’est naturel, je n’ai pas l’impression de partir à l’étranger quand je viens en France.

La voix a une place importante dans ta musique ; est-ce que tu peux nous parler un peu de tes textes ? Est-ce qu’il y a des thématiques récurrentes dans ce que tu écris ?

Je n’ai pas vraiment de thèmes sur lesquels je veux forcément revenir, mais il se trouve qu’on me dit que je parle beaucoup d’amour, et au final c’est vrai. Je ne sais pas pourquoi, ma première réaction quand on m’a dit ça c’était « Non ! » (rires) Puis finalement, j’ai regardé et je me suis dit qu’ils avaient raison. Mais ce ne sont pas que des déclarations d’amour, et je pense que dans la plupart des histoires en général, même si c’est politique ou social, il y a de l’amour.

Quelles sont tes grandes idoles ?

Bob Dylan vraiment, sinon Lennon, Elliott Smith, Radiohead, The Tallest Man on Earth…

Ce sont surtout des artistes devenus un peu des « institutions » du patrimoine musical, est-ce que tu écoutes aussi des artistes plus récents ou émergents ? 

Je suis du genre à écouter peu d’albums, mais énormément. Donc c’est vrai que ces vieux albums-là, je les réécoute en boucle… J’écoute aussi des choses plus récentes, mais c’est plus rare que je m’arrête sur un album et que je l’écoute en boucle. Ça arrive, mais c’est plus rare.

Pour des gens qui n’auraient encore jamais vu ton live, comment peux-tu le décrire, et que pourrais-tu dire pour leur donner envie de venir le découvrir ? 

(rires) Il se trouve que sur l’EP il n’y a que cinq chansons, alors que là c’est un spectacle de quarante-cinq minutes. On va jouer douze morceaux, dont certains vont se retrouver sur l’album. Je suis accompagné de mon frère Volodia Schneider à la batterie, du bassiste Tom Tartarin, et de Christian Sean aux backs/guitare électrique/clavier, qui est un musicien vraiment exceptionnel. Et ce soir je vais jouer deux nouvelles chansons, qui ne sont ni sur l’EP ni sur le futur album. On les jouera pour la première fois.

Lequel de tes morceaux déjà disponibles symbolise le mieux ton univers à tes yeux, pour faire découvrir ta musique à quelqu’un ?

« Sarah », que je salue d’ailleurs !

Propos recueillis par Eléna Tissier et Alice Heluin-Afchain.

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Prochainement en live :

13 déc. 2016 | Cologne | Studio 672

14 déc. 2016 | Hambourg | Kleiner Donner

15 déc. 2016 | Berlin | Privatclub

14 janv. 2017 | Varennes | Pavillon des Arts de la Scène du Collège Saint-Paul

02 fév. 2017 | Sainte-Thérèse | Cabaret BMO

03 fév. 2017 | Sherbrooke | Théâtre Granada

10 fév. 2017 | Shawinigan | Maison de la culture Francis-Brisson

09 mars 2017 | Montréal | Club Soda

10 mars 2017 | Québec | Impérial Bell

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