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Christian Löffler s’affranchit du passé avec «Noah»

Christian Löffler s’affranchit du passé avec «Noah»

Le 20 mars prochain, comme pour annoncer la lumière du printemps, l’allemand Christian Löffler sortira son nouvel album Lys sur son propre label Ki Records. Depuis la semaine passée, le producteur nous met l’eau à la bouche en teasant quelques singles et, aujourd’hui, dévoile le clip de «Noah», une belle ode au passage précipité du temps.

Christian Löffler s’entoure donc du réalisateur Mishka Kornai pour produire cette superbe vidéo dans laquelle 3 protagonistes sont filmés dans 3 cabines téléphoniques dispersées dans le monde, et à 3 moments distincts de leur vie.

L’artiste a trouvé un moyen efficace pour illustrer la lumière et la sérénité. Le producteur, qui ne chante que très rarement sur ses sons, décide ici de se rendre présent. Des paroles pratiquement indéfinissables qui s’effacent tout au long de la chanson. Ce n’est sûrement pas un choix anodin d’avoir filmé des séquences où les protagonistes semblent se perdre dans leurs souvenirs respectifs tout en se confiant à un personnage anonyme. Dans le son, et le visuel qui l’accompagne, tout semble avoir une symbolique thérapeutique et les personnages ressortent de leurs espaces confinés avec un sourire aux lèvres. Un instant qui leur procure un peu d’espoir, tout comme ces quelques minutes planantes.

Löffler dit de ce titre qu’il a pour but d’exprimer le besoin de s’affranchir de notre passé pour être plus en osmose avec soi-même au présent. Pour ce faire, il faut pouvoir analyser le temps passé tout en s’éloignant de la mélancolie propice à ces souvenirs. Les trois protagonistes évoquent ce qui les a forgés mais décident néanmoins de ressortir de cet espace cubique et de couper court à la conversation pour réapparaitre dans l’immédiat. L’utilisation récurrente de timelapse renforce le côté éphémère et rapide de la vie et des échanges humains qui ne font sens que dans un temps donné.

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À travers sa voix floutée, les beats et le paysage sonore spectral, il parvient à créer, avec « Noah », un son émotionnellement chargé. Dans son album précèdent Graal (prologue), Löffler tente d’exprimer sa frustration lors de ses tournées. Une frustration qui émerge lorsqu’il ne peut se retrouver seul, analyser ses émotions et procéder à une introspection nécessaire à la santé mentale. Cette dépossession et le sentiment de tourner en rond l’empêchent de créer. Löffler prend donc le temps de respirer afin de nous livrer une sonorité downtempo proche de la minimal et de l’ambient par moments ; qui a l’avantage de nous mettre en transe en pleine journée.

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