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ZULI, ou l’art de rebondir à grands coups de breaks

ZULI, ou l’art de rebondir à grands coups de breaks

ZULI All Caps Manifesto 21

Reparti de zéro après avoir perdu le résultat de plusieurs mois de travail, ZULI, que l’on a récemment pu apercevoir en collaboration avec Maoupa Mazzocchetti et à l’affiche du festival CTM, nous offre avec All Caps six titres pour remuer nos popotins ramollis par des mois de confinement et de restrictions de déplacement. 

All Caps (clin d’œil au titre éponyme de Madvillain), c’est d’abord l’histoire d’une galère : après la sortie de Terminal, son premier album sur lequel il invitait des rappeurs égyptiens à poser sur des instrumentales électroniques sombres et expérimentales, le producteur s’apprête à publier un nouvel EP quand, juste avant de partir au mastering, il se fait chourrer son matos. Toutes les chansons se sont envolées, sauf une, « Penicillin Duck », qui a miraculeusement survécu et que l’on retrouve sur All Caps.

S’il est beaucoup plus orienté dancefloor que le précédent, All Caps, signé sur UIQ, label londonien géré par Lee Gamble, n’en est pas moins taillé dans la même étoffe. Entre amen breaks à toute blinde, nappes visqueuses et stridences synthétiques, flows hachés et field recording, basses en pales d’hélicoptère et percussions traditionnelles, plages ambient, footwork industriel et jungle caverneuse, on retrouve ici la palette sonore complexe d’un artiste qui s’est toujours opposé à ce que son travail soit réduit à son lieu de résidence. 

Lors de la sortie de Terminal en 2018, celui-ci expliquait ainsi que ses interlocuteurs, qu’il s’agisse de journalistes ou de personnes gravitant dans le milieu des musiques électroniques, lui prêtaient des opinions politiques, un mode de vie et des influences préconçus en se basant uniquement sur sa nationalité : « C’est une caricature qui s’est révélée très marketable, apparemment bien plus intéressante à lire, discuter et programmer, qu’une personnalité humaine multi-facettes et, par conséquent, unique, comme celle de chacun·e d’entre nous […] Mon expérience au Caire a peut-être plus en commun avec celle d’un comptable indien qu’avec celle d’un autre musicien égyptien au Caire. »

L’EP se termine ainsi sur « Bro! (Love it) », un titre en forme de pied de nez à ce néo-orientalisme qui ne dit pas son nom et nourrit autant qu’il gangrène l’industrie musicale.

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Image à la une : © Malak El Sawi

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