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Les 21 meilleurs albums de 2021

Les 21 meilleurs albums de 2021

top albums 2021
À quelques jours de l’arrivée de 2022, l’heure est désormais aux bilans et rétrospectives. On conclut l’année sur les 21 albums qui nous ont le plus marqué·es.

Comme chaque fin d’année, la rédaction musique se réunit pour débattre des albums qu’elle a préférés en 2021. Parmi une flopée de disques et suggestions, 21 albums ont finalement retenu notre attention. Alors si vous vous êtes encore retrouvé·es cette année avec les mêmes LP qui tournent en boucle depuis des lustres, on vous invite à aller jeter un coup d’œil à ceux-ci. Une sélection éclectique, sans classement, d’ici et d’ailleurs, qui nous a fait danser, chanter, pleurer et nous a consolé·es. Voici notre top albums 2021 !


Amyl and the Sniffers – Comfort To Me

Composé pendant le confinement du groupe à Melbourne, cet album contient toute l’énergie d’une bande de quatre fauves en cage. Ce temps d’activité restreinte, suivie des feux terrifiants qui ont ravagé l’Australie à l’été 2020, aura au moins permis aux Renifleurs de produire treize titres impeccables. Survoltée et captivante, Amy Taylor s’impose en icône punk avec ce deuxième LP et ses textes qui rejettent la sexualisation de son corps et le slut-shaming. Elle réclame sans concession de pouvoir sortir tard, boire et s’éclater comme sur l’explosif « Hertz » (Take me to the beach / Take me to the country / Climb in the backseat / If you love me). Avec cette féminité féroce, Amy revendique d’être au premier plan avec tous les autres weirdos du coin chante-t-elle haut et fort sur « Freaks to the front », et surtout qu’on ne l’enferme pas (« Don’t fence me in ») ! Sorti en septembre, Comfort To Me est une invitation à tout envoyer valser pour partir en road trip, danser au clair de lune ou sur le zinc d’un bar.
AB.


Arlo Parks – Collapsed in Sunbeams

Collapsed in Sunbeams est l’album dont nous avions besoin pour rêver un peu cette année. La prose de la jeune Anglaise autrice compositrice interprète, déjà repérée en 2020 avec son single « Eugene », nous balade dans son univers mélancolique, doux et sincère, entre crises de panique et histoires d’amour fantasmées. En 12 titres, Arlo Parks distille une vision de l’indie-bedroom pop touchante sur un fil de justesse gracieux.
EF.


CHINAH – Feels Like Forever

Groupe découvert au détour d’une playlist du duo GENTS en début d’année, CHINAH nous a tout de suite marqué·es. Feels Like Forever est un second album pop expérimental brillamment produit, mêlant opulence et légèreté, féérie musicale et sincérité. Une composition presque épique où la formation originaire de Copenhague fait appel à des codes musicaux riches, du RnB à l’hyperpop en passant par la musique électronique, tout en gardant une constance et une cohérence forte.
CF.


Chloé, Vassilena Serafimova – Sequenza

Sequenza est le fruit de la rencontre entre la productrice, compositrice et DJ française Chloé et de la percussionniste bulgare, virtuose du marimba, Vassilena Serafimova. Si la relecture de l’œuvre de Steve Reich a lancé la collaboration, le duo invente depuis un langage commun porté par l’expérience live, au croisement des machines et des percussions, de l’électronique et de l’acoustique. L’alliance des sonorités, entre la froideur de l’électro et le caractère aérien du marimba, crée une musique aux boucles enivrantes, entre transe et introspection. 
LT.


Duval Timothy, Rosie LoweSon

Belle surprise de cette fin d’année, Son, fruit de la collaboration entre Rosie Lowe et Duval Timothy, est une véritable bulle de réconfort dans laquelle il fait bon se lover. Composé entre Londres et Freetown (Sierra Leone), l’album fait la part belle aux voix et propose en une série de titres courts de R&B choral emprunt de ses racines spiritual, coulée dans des instrus minimalistes mêlant field recording, hip hop et electronica ; un album aux propriétés curatives affirmées.
GM.


Erika de Casier – Sensational

C’est le deuxième album studio de la chanteuse danoise Erika de Casier. Elle fait appel aux codes pop et RnB des années 2000 pour fragmenter les stéréotypes de la femme célibataire qui endure les partenaires égoïstes. Parfois parsemé de rythmiques garage, surtout dans « Busy », elle parvient à clamer son indépendance en dansant. Cet album a su conquérir les Y2K nostalgiques d’une autre époque, ainsi que les amateurices de club music. De plus, Erika de Casier est une femme moderne, une « boss bitch » qui a ses objectifs de réussite et n’a pas de temps à perdre pour ceux qui ne la voient pas à sa juste valeur. Elle souhaite avant tout passer du bon temps, car tendresse et amour sont dissociables.
AdC.


Fatima Al Qadiri – Medieval Femme

Mystique et expérimental. C’est ainsi que l’on pourrait simplement introduire le travail de la productrice Fatima Al Qadiri, originaire du Koweït. Mais rien n’est simple étant donné que Fatima Al Qadira vient analyser les dynamiques de pouvoir et la représentation des femmes en évoquant les poétesses du monde arabe du Moyen Âge. « Zendaq » s’inspire du terme islamique médiéval « zendeqa » qui réfère à toustes celles et ceux qui pensent ou agissent contrairement aux dogmes centraux à l’Islam. « Sheba », teinté de soupirs, fait la narrative sonore du voyage de Sheba vers Solomon, selon le Coran. « Malaak » fait appel aux anges pour l’ascension vers les dieux. Cet album a su évoquer des sujets centraux à l’histoire du monde physique et spirituel du monde arabe. Les chants accompagnés du luth et du piano sont les ingrédients qui poussent à la rêverie de l’auditeurice.
AdC.


Japanese Breakfast – Jubilee

« Be sweet to me baby » est le message que nous souhaitions faire passer à 2021. C’est un peu raté pour cette année, mais pas pour l’artiste américano-coréenne Japanese Breakfast. Son troisième album Jubilee, sorti au milieu de l’année et doublé d’une version live dans la foulée, distille une vision expérimentale et rafraîchissante de l’indie rock. Le tout mêlé à une voix enchanteresse, à des balades acoustiques sorties tout droit des contes de fées et à des refrains catchy, Jubilee est une véritable ode à un idéal d’espoir.
EF.


Laylow – L’Étrange Histoire de Mr.Anderson

Avec son album-concept, Laylow lance une grande béquille dans la fourmilière du rap. Poursuivi tout du long par cette voix, ce personnage qui lui rappelle ses pires travers, le rappeur exerce une large introspection filée dans le récit d’une longue et étrange journée, rythmée par des instrumentales remarquables sur lesquels il invite quelques gros noms à poser leurs couplets. Innovant, audacieux et réussi, ce nouvel opus de l’artiste toulousain bouscule les codes du rap toujours en recherche de singles et tubes, pour rendre toute sa valeur au format d’album.
LS.


Léonie Pernet – Le Cirque de Consolation

Après le manque vient la consolation. Léonie Pernet signe son retour avec Le Cirque de la Consolation, trois ans après Crave, un disque bien plus lumineux que le précédent, dans lequel elle y dresse ses introspections, magnant la langue française avec justesse. Mariant cordes, percussions africaines et électroniques, Léonie Pernet nous invite à rejoindre un monde commun « bercer dans la lueur de nos illusions ».
GF.


✩ Little Simz – Sometimes I Might Be Introvert

Après un passage dans les studios berlinois de la chaîne YouTube Colors pour son single Venom en 2019, la jeune artiste originaire des quartiers nord de Londres signe un deuxième album intime et puissant. Ses textes engagés pour les causes féministes (« Woman », « Fear No Man ») et antiracistes (« Introvert »), portés par une prose et un phrasé puissant amènent cet album au-delà des limites du rap classique. Si l’on jette un dernier œil sur les instrus acoustiques mêlant parfois trompètes, batteries, pianos, violons et boîtes à rythmes, il n’y a plus de doute : Sometimes I Might Be Introvert assure une place à Little Simz parmi les grands du rap.
EF.


Lulu Van Trapp – I’m Not Here to Save the World

Suite à de sempiternels reports, 2021 a enfin vu paraître I’m Not Here to Save the World, premier album des fantasques princes et reine de bals, Lulu Van Trapp. Jusque-là, le groupe était notoirement reconnu pour ses shows délurés aux costumes toujours extravagants ainsi que ses prestations autant irradiantes que sulfureuses. L’iridescent quatuor a finalement habilement su conserver cette aura aussi glam que décadente sur ce premier long-format qui n’attend qu’une suite pour assouvir l’impétueux désir de leurs adeptes.
MAF.


Mansfield.TYA – Monument Ordinaire

C’était l’un des albums qu’on attendait le plus en ce début d’année 2021 : le Monument Ordinaire de Mansfield.TYA. Cinq ans après Corpo Inferno, le duo Carla Pallone et Rebeka Warrior ont livré un cinquième album crève-cœur. Une ode à la vie et à la mort, s’inspirant des mélodies new-wave sur une douce poésie fiévreuse et glaçante. Elles sont d’ailleurs pré-sélectionnées dans la catégorie « Artiste féminine » des Victoires de la Musique pour 2022, une première pour un label indé (fondé qui plus est, il y a à peine plus d’1 an). 
GF.


Maoupa Mazzocchetti – UXY Dosing©

Troisième album solo de Maoupa Mazzocchetti sorti en début d’année chez Brothers From Different Mothers, UXY Dosing© est une virée étrange, souvent angoissante, qui puise ses ingrédients dans une multitude de répertoires sonores, et les met au service d’une expérience synesthésique corrosive. Une mixture électronique, orchestrale, sombre et déroutante qui confine au grandiose à condition d’avoir l’estomac bien accroché… au risque de l’indigestion.
GM.


Samuel Organ – A Safe Place In Cyberspace

Lors d’une interview avec Dummy Mag, Samuel Organ explique que ses inspirations viennent lors de ses promenades matinales à vélo sur la côte de Brighton. Selon les jours, l’émotion peut être plutôt cathartique ou apaisante. Dans cet album, il ne souhaite mettre de côté aucun des deux, ce qui résulte en une montagne russe de productions.
AdC.

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Silly Boy Blue – Breakup Songs

« It’s okay to cry / it doesn’t mean you’re not brave / I’ve got your back » : en 12 titres, Breakup Songs vous fait le câlin dont vous ne saviez pas avoir besoin. Pour son premier LP, Silly Boy Blue explore les insécurités adolescent·es (« Teenager ») qui ressurgissent notamment quand une histoire d’amour bouscule les cœurs sensibles. Cet album d’apprentissage pose un regard tendre et honnête sur nos failles secrètes. Que la romance soit réelle ou fantasmée (« 200 Lovesongs »), elle nous pousse à apprendre sur nous-même et grandir. Au fil des chansons portées par des mélodies pop et électro accrocheuses, on entend l’affirmation d’une jeune femme qui refuse d’être maltraitée (« Be The Clown »), et chante un libérateur au revoir aux amours mortes (« Goodbye »). 
AB.


Smerz – Believer

Believer est le premier album du duo norvégien Smerz (Henriette Motzfeldt et Catharina Stoltenberg), sorti au début de cette année chez XL Recording. Ce condensé insaisissable de musique pop et électro expérimentale, R’n’B minimaliste, musique baroque, chants en norvégien en fait une œuvre en clair-obscur. Les musiciennes déroutent par leur dualité et celle des thèmes évoqués, entre tristesse et bonheur, anxiété et apaisement. L’album, bercé d’interludes, évoque aussi bien les corps dansants envoûtant le dancefloor que l’atmosphère chimérique des paysages norvégiens.
LT.


Squid – Bright Green Field

S’il fallait retenir un seul album parmi cette grosse vague de disques post-punk qui nous vient du Royaume-Uni, on retiendrait le premier album de Squid, Bright Green Field signé chez Warp. Un album post-punk mais pas que ; la formation repousse les frontières du genre pour y injecter du krautrock, du jazz et du funk. Et si le nom de l’album évoque un magnifique champ verdoyant, le groupe nous rappelle que derrière toute beauté se cache souvent une société pourrie jusqu’à la moelle. 
GF.


Tirzah – Colourgrade

Si Devotion en 2018 nous avait d’ores et déjà conquis·es, Tirzah a montré une nouvelle fois tout ce dont elle était capable avec Colourgrade. Son dernier album se décline comme une mixtape profondément organique où gravitent tour à tour sa voix limpide, des arrangements électroniques réfléchis, et le travail sincère de Coby Sey et Mica Levi. Sur Colourgrade la musique est tirée dans cette dimension expérimentale, les variations de voix, les rythmiques, les petits défauts et les grandes qualités qui font toute la différence et rendent cette composition plus que remarquable.
CF.


Viagra Boys – Welfare Jazz

Alors que 2021 s’annonçait à peu près aussi morose que l’année covidée qui s’achevait, Viagra Boys lâcha Welfare Jazz, un deuxième album résolument joyeux et loufoque. L’opus ouvre sur « Ain’t Nice » où Sebastien Murphy revendique à sa manière d’être un bad boy déglingos, et propose une introduction faussement négligée à un disque hédoniste, au mix d’influences bien travaillé. L’esprit jazz se fait entendre par un petit intermède tonique de saxophone sur « Cold Play » puis s’épanouit pleinement sur le crescendo « 6 Shooter ». Difficile de savoir d’où le groupe aura tiré autant d’euphorie, qu’on retrouve concentrée dans les titres « Creatures » et « Girls & Boys », les plus tubesques du LP. C’est peut-être parce que le monde s’écroule que Viagra Boys nous invite à célébrer la joie simple et nihiliste d’exister ensemble ? Les accents country se font en tout cas entendre sur le crépusculaire « Into the Sun » et « In Spite of Ourselves », feat mi-parodique mi-poétique avec Amy Taylor, que l’on retrouve plus haut dans ce classement. Les deux leaders de groupe réunis ont formé l’un des meilleurs duos rock entendus depuis longtemps. 
AB.


You Said Strange – Thousand Shadows Vol.1

Après Salavation Prayer (Fuzz Club Records), un premier album retentissant en 2018, produit par Peter G. Holmström, guitariste des Dandy Warhols, le quatuor de Giverny vient de signer un sensationnel retour discographique avec Thousand Shadows Vol.1 (Le Cèpe Records). Avec ce nouvel opus, You Said Strange, également cofondateurs du festival Rock in the Barn, conservent leur position privilégiée à la cime de la talentueuse scène rock indépendante hexagonale.
MAF.


Récapitulatif du Top Albums 2021 :

✩ Amyl and the Sniffers – Comfort To Me
✩ Arlo Parks – Collapsed in Sunbeams
✩ CHINAH – Feels Like Forever
✩ Chloé, Vassilena Serafimova – Sequenza
✩ Duval Timothy, Rosie Lowe – Son
✩ Erika de Casier – Sensational
✩ Fatima Al Qadiri – Medieval Femme
✩ Japanese Breakfast – Jubilee
✩ Laylow – L’Étrange Histoire de Mr.Anderson
✩ Léonie Pernet – Le Cirque de Consolation
✩ Little Simz – Sometimes I Might Be Introvert
✩ Lulu van Trapp – I’m Not Here to Save the World
✩ Mansfield.TYA – Monument Ordinaire
✩ Maoupa Mazzocchetti – UXY Dosing©
✩ Samuel Organ – A Safe Place In Cyberspace
✩ Silly Boy Blue – Breakup Songs
✩ Smerz – Believer
✩ Squid – Bright Green Field
✩ Tirzah – Colourgrade
✩ Viagra Boys – Welfare Jazz
✩ You Said Strange – Thousand Shadows Vol.1



Sélection rédigée par Apolline Bazin, Laure Thébert, Géraldine Faure, Gabin Morvan, Eva Fottorino, Adélaïde de Cerjat, Léa Simonnet, Michel-Angelo Fedida & Caroline Fauvel.

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