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Teleraptor, un duo qui te retourne comme un backflip

Teleraptor, un duo qui te retourne comme un backflip

Manifesto 21 - Teleraptor

Avec leur premier EP Bestiality, le duo Teleraptor a jeté un pavé dans la mare du rap français. Image maîtrisée et son jubilatoire, Texto Dallas et Toïyo nous ont livré tous leurs secrets et leur origin story.

Tout a commencé avec un clip, « Ichibang », que nous avons relayé dans un de nos Catch-Up Clips. Le choc fut brutal. Cela nous paraissait alors évident que Teleraptor faisait partie des groupes à suivre en 2020. Quelques semaines plus tard, Texto Dallas et Toïyo, nous retrouvent pour un shooting exclusif. Jouant sur l’excentricité de l’un, et le caractère réservé de l’autre, l’équipe a mis en scène la complémentarité des deux artistes.

Nous étions aussi là pour comprendre un peu plus l’univers survitaminé et absurde de ce duo, notamment en commençant par l’analyse d’une punchline qui a attiré notre attention…

Manifesto XXI – Dans « Ichibang », vous affirmez que nos sœurs font leur thèse sur Teleraptor. Quels sont les axes de recherche que vous leur conseillez ?

Texto Dallas : Sur le sujet Teleraptor, on parle d’une thèse en cinq points. En général, on commence par la genèse. On peut poursuivre sur la fabrication/construction du groupe, puis l’esthétique. Ensuite les propos, mais attention car c’est la partie qui peut sembler la plus vague à première approche, donc on leur souhaite bon courage. Et pour terminer, la contradiction dans tout cela. Je pense que là on est sur un bon plan.

La genèse de ce duo est d’ailleurs bien atypique. Pouvez-vous détailler cet élément historique ?

T.D. : Tout vient à la base d’un cri du web. Toïyo suivait sur Instagram mon compte de dessins sexuels. Un soir, où je devais en avoir gros sur la patate à ce moment-là, j’ai déclaré en story vouloir arrêter le dessin pour me lancer dans le rap. J’étais juste à la recherche d’un beatmaker. C’est alors là que Toïyo m’est apparu.

Toïyo : En parallèle, j’avais envoyé un son à un pote, qui sortait de ce que je faisais d’habitude, où je cherchais un rappeur. Il l’a montré à Texto pile à ce moment-là. C’était un épisode de nos vies où il cherchait un producteur, et moi, une voix.

T.D. : Sauf qu’à la base Toïyo voulait une meuf. Du coup je lui coûte plus cher en coiffure. (rires)

Manifesto 21 - Teleraptor
© Adriana Pagliai

Je pense qu’on fait ce projet pour « rester enfants » surtout, mais en étant plus sérieux.

Texto Dallas

Toïyo, l’univers musical de ce projet puise dans l’eurodance, la drum & bass, mais aussi dans des sonorités de films pour enfants comme l’Histoire sans fin. L’EP est-il adressé pour les enfants également ? Vous allez faire des figurines pour les magasins de jouets ?

T.D. : Alors une chose est sûre, c’est que c’est bien une histoire sans fin. Et je te rejoins carrément sur le merchandising. J’imagine déjà des figurines, des pistolets à eau… Et si ça se ressent dans le son c’est extraordinaire.

T : J’ai jamais vu l’Histoire sans fin, mais c’est vrai que le premier CD que j’ai acheté dans ma vie, c’était Génération Dance 1998. Sur la pochette de la compile, il y avait même écrit « Vu à la TV », pour te dire le gage de qualité du produit. Dans mes projets musicaux précédents, j’étais beaucoup plus axé sur la technique, et le projet Teleraptor, c’est un peu ma manière de revenir à mon enfance, à ce CD. J’ai grandi avec Radio FG, à une époque avant que ça devienne n’importe quoi.

Peut-on résumer votre style musical avec l’équation suivante : O-Zone + taz = Teleraptor ?

T.D. : Déjà, si j’ai un message à faire passer, c’est que la drogue… Ce n’est pas une dynamique. On est là pour aller de l’avant. Du coup je préconiserais plutôt du gingembre. O-Zone + gingembre, alors là… On tient quelque chose d’incroyable.

T. : Mais tu n’aimais pas le gingembre quand tu étais petit.

T.D. : C’est vrai. Je prenais pas de taz non plus. Alors dans ce cas, si tu veux, on peut partir sur O-Zone + Kinder Pingui. J’en ai dans mon frigidaire d’ailleurs si tu en veux. J’ai pas évolué là-dessus.

Manifesto 21 - Teleraptor
© Adriana Pagliai

Texto Dallas, je crois que tu aimes beaucoup Canal J. Si tu devais faire le générique d’un dessin animé, lequel serait-ce ?

T.D. : Il y en a tellement… Je peux t’en lâcher cinquante. Mais je pense surtout à Kids Next Door. C’est un univers où les enfants font la guerre aux parents. Et les ados, ce sont des gens « entre-deux », ils ont du mal à choisir leur camp. Les gosses vivent dans une énorme cabane dans un arbre. Très belle série. Le fait de se battre pour devenir adulte, c’est un peu ça aussi Teleraptor. Toïyo vient de dire qu’il faisait ce projet pour revenir à son enfance, mais je pense qu’on fait ce projet pour « rester enfants » surtout, mais en étant plus sérieux. Et avec le sexe en plus, car c’est la seule chose de bien qu’on a appris en devenant adulte.

T. : On vient de parler d’enfance pendant plusieurs minutes pour que tu finisses par parler de sexe. Ça commence à devenir un peu étrange là non ? (rires) En plus sous notre clip de « Ichibang » sur Youtube, il y a quelqu’un qui a mis en commentaire « Numéro un au hit parade des pédophiles« , donc évitons tout malentendu.

Bestiality pose les bases de ce que peut être Teleraptor. Mais il n’en est pas la signature.

Texto Dallas

Votre EP s’appelle Bestiality. Qui est le plus bestial entre vous deux ?

T.D. : Toïyo cache bien son jeu… Je suis beaucoup plus « fleur bleue », un petit chien avec une grande bouche. Toïyo, c’est quelqu’un de mystérieux mais… derrière… On ne va pas tout dire.

T : J’aime bien le shibari. C’est un art ancestral japonais qui est consiste notamment à attacher. Mais Texto Dallas, lui je le laisse courir dans la cour, après ses croquettes (rires).

Bestiality est, comme son nom l’indique, assez vénère. Vous imaginez un jour faire des morceaux plus calmes, comme dans le registre du cloud rap ?

T : A fond. On est fermés à rien. J’arrête pas de demander à Texto de rapper plus lentement en plus.

T.D. : Bestiality pose les bases de ce que peut être Teleraptor. Mais il n’en est pas la signature. On est en perpétuelle évolution.

T. : Récemment, on nous a demandé, pour une blague, de faire une reprise de « Sous le Vent » de Céline Dion et Garou. Et en vrai même maintenant on l’écoute en pleurant. Qu’ils refassent un morceau tous les deux : les gens n’attendent que ça.

T.D. : L’appel du come-back. Si je peux poser une question à Garou par la même occasion : quelle est la signification du passage « Respire un peu le souffle d’or » ?

Manifesto 21 - Teleraptor
© Adriana Pagliai

Le dernier morceau de l’EP s’intitule « Le Sacre de la cuisse ». De quelle religion ou courant spirituel vient cette fête ?

T.D. : C’est une tradition des pays plats, une région inventée. Un mélange entre l’Irlande profonde et le désert turc. Il faut juste que tu t’imagines des rugbymen le faire en tout cas.

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Il pourrait du coup devenir l’hymne officiel du Top 14 de Rugby avant chaque début de match ?

T : J’en pleurerais. Les maillots du Stade français sont carrément dans l’image Teleraptor en plus.

Dans votre clip et sur votre cover, on retrouve des mains géantes d’une créature. A qui appartiennent ces mains ?

T.D. : La légende raconte que ce sont les mains du Teleraptor. Et si la main de la cover de Bestiality et celle du clip de « Ichibang » sont très différentes, c’est car cette créature est multiforme et en évolution constante.

T : La main qui fait un doigt d’ailleurs est aussi appelée le « Mighty Fuck ». Elle est avec nous pendant nos lives. C’est un peu le troisième membre du groupe.

Pause Tuto pour les curieux.ses qui souhaitent faire leur propre main de Teleraptor chez elleux :

Texto, tu as clairement une grande passion pour le Nail Art. Vu la grandeur des mains du Teleraptor, ça lui coûte plus cher pour une séance ou il a des passe-droits dans certains salons ?

T.D. : Le Teleraptor a développé ses propres techniques. Donc le Teleraptor n’a pas besoin d’aller dans des salons de Nail Art. Il est lui-même un salon de Nail Art.

Toïyo, tu arbores un masque. Tu es chirurgien, mysophobe, ou juste un super-héros de film à petit budget ?

T : C’est une super bonne question… Je dirais plutôt que c’est par peur que les gens me lisent. Mais il y a un peu de mysophobie aussi. Conclusion : c’est ma manière de me protéger du public.

T.D. : En fait Toïyo n’aime pas les gens, tout simplement.

Manifesto 21 - Teleraptor
© Adriana Pagliai

Prochain live de Teleraptor au Klub le 13 février

Crédits Photos :
D.A et stylisme : Louis Guimard
Photographie : Adriana Pagliai
Make Up : Axelle Jovanovic
Nail Art : Lisa Granado (Super Saphique)

Merci aux marques Arthur Avellano, J. Simone et Kevin Jacoto, ainsi que l’agence Station Service

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