« Sshhee », l’hommage contemporain de T/O au folklore alsacien

Avec Ominous Signs, son premier album sorti cette année chez October Tone, T/O se positionne déjà comme un outsider du rock français. Car le strasbourgeois d’origine n’a que faire de rentrer dans le moule. En faisant converger ses nombreuses influences au sein des 9 titres de l’album, T/O construit là un disque hors-norme, à la fois débordant de références et pourtant profondément personnel.

Il semblerait que ce soit le rock alternatif  à tendance garage qui pose les bases de sa musique inédite. Les guitares sont déstructurées et vrillent sans retenue, la batterie est franche et les textures se superposent, épaisses, pèle-mêle et sans complexe. On pense bien sûr à Beck (époque Odelay), mais aussi à Blur ou pourquoi pas, à un Royal Blood aujourd’hui.

Mais le côté psychédélique n’est jamais très loin, et T/O rend parfaitement hommage à nos freaks contemporains. On retrouve l’atmosphère vaporeuse de Connan Mockasin dans « Time To Rise » et « Halfway To Go », et le fouillis expérimental et décalé d’Ariel Pink dans des morceaux plus tordus comme « Like Alwayz ». Sans oublier la référence à Nine Inch Nails pour l’aspect globalement sinistre, presque industriel. Malgré tout ce bricolage, Ominous Signs est un disque cohérent, équilibré, où T/O s’approprie ses nombreuses influences sans jamais qu’elles ne prennent le pas sur sa démarche personnelle.

L’album se ferme avec « Sshhee », doux chuchotis en ascension psychédélique. L’un des meilleurs morceaux du disque selon nous, et sans aucun doute le plus personnel. La tension monte, portée par le rythme d’une batterie lourde et mécanique, progressivement rejoint par un arpégiateur tourbillonnant qui termine sa course comme un éclat de lumière. C’est beau, et c’est ce morceau de clôture que T/O a choisi de mettre en image, en faisant appel à la réalisatrice Laura Sifi.

Ouverture, pas un mouvement, concentration. Sur la scène, une troupe de danseurs traditionnels alsaciens, tout costumés de chemises bouffantes, vestes en cuirs ou fausse fourrure, s’emparent des premières notes du morceau. Au premier coup de baguette asséné, la troupe s’élance en ronde dans un même entrain. Au milieu d’eux l’œil de la caméra capture tous les regards complices, les échanges de sourires, les corps qui tournent ensemble, qui se croisent, se rencontrent, et s’échangent sous la lumière.

On le retrouvera sur la scène des Bains le 10 janvier pour la Super Pool Party avec Les Inrocks, accompagné de Brace!Brace! et de Eggs.

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