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MIX : Sylvere explore des horizons bass music pour inaugurer la sortie de EP2

MIX : Sylvere explore des horizons bass music pour inaugurer la sortie de EP2

Chaque mois, Manifesto XXI donne carte blanche à une figure prometteuse de la scène électronique française : l’occasion pour elle de nous présenter son univers en quelques morceaux. Nous invitons aujourd’hui Sylvere pour un mix riche en kicks, juste à temps pour épauler la sortie de son EP2.

On ne compte plus les line-up où on a pu trouver le nom de Sylvere (Couvre x Chefs, soirées La Créole, en live sur BBC Radio 1, Megalasting à Londres, etc). Prodigieux producteur vivant désormais à Paris, il rend hommage aux percussions des Caraïbes tout en s’inspirant de la culture soundsystem, très mise en avant en Outre-Manche. Manifestement inspiré par les musiques émergentes des sous-cultures anglaises comme la jungle, les breaks, la UK Funky ou la drum and bass, Sylvere prévient qu’il ne veut pas se mettre dans des cases. On le retrouve souvent à l’affiche du collectif La Créole, avec des tracklists dancehall et parfois reggaeton. Ayant des origines martiniquaises, Sylvere fait honneur à la culture soundsystem qui y est très courante. C’est d’ailleurs ce qui inspire EP2 et qui le rend si unique. Les basses assourdissantes actualisent cette culture en faisant le pont entre un passé caribéen et un renouveau européen bien présent. Les vibrations y sont moins granuleuses à l’ère du digital. Un projet de cinq titres où Sylvere s’amuse à saupoudrer le dancehall de teintes drum and bass ou de techno, au choix.

Après avoir inauguré la série de mix avec VEL, nous avons invité Sylvere à l’occasion de cette sortie. La tracklist ingénieuse qu’il confectionne pour Manifesto XXI montre bien ses multiples ressources et sa capacité de jongler selon son audience.

Manifesto XXI : Ta première date live remonte à 2012, selon Resident Advisor. Presque une décennie plus tard, quel est ton meilleur souvenir en tant que DJ ?

Sylvere : C’est vrai, 10 ans déjà ! Il y a eu de nombreux événements incroyables, mais celui que j’ai en tête est un de mes derniers sets. C’était au Nitsa à Barcelone pour ma toute première Monkeytown label night en décembre dernier, aux côtés de Catnapp et Modeselektor. C’est dans ce genre de moment que tu te vois basculer du statut de fan à celui de membre du label. J’ai fait le closing juste derrière Modeselektor, l’énergie était incroyable jusqu’à 6h du matin, ce moment restera gravé très longtemps.

Tu as vécu en Angleterre. À quel point ce séjour a-t-il influencé (ou non) ton esthétique musicale d’aujourd’hui ?

Oui j’ai vécu dans East London, j’ai écumé la plupart des clubs de Dalston, entre autres. Toute la musique électronique outre-Manche me parle, de la Jungle à la UK Techno en passant par la UK Funky, Bass music etc. Ce qui est fascinant pour moi, c’est leur facilité à embrasser les cultures des minorités, par exemple les musiques issues de la communauté jamaïcaine, à les digérer intelligemment et recréer quelque chose de nouveau : un genre, un courant qui leur est propre. On pense notamment à tous les genres cités précédemment comme la Jungle ou le dubstep qui découlent directement de la culture des soundsystems, mais aussi la Drill, le Grime, etc.
J’ai pu sortir trois EPs sur deux labels anglais basés à Londres, relativement orientés UK Funky. Cette expérience m’a permis de tisser des liens forts avec de nombreux producteurs et DJs de la scène anglaise, d’être identifié et « validé » en tant qu’artiste français qui sort de la musique sur des labels outre-Manche, ce qui n’est pas une mince affaire en soit.
En bref, j’en suis très fier, mais je suis passé dans une dimension différente, la musique que je produis aujourd’hui me représente totalement, je ne me fixe aucune règle et ne cherche pas à respecter certains codes. Je me fiche de savoir si cela sonne Chicago, Berlin ou Londres, et c’est mieux ainsi.

EP1, puissance dancehall et UK funky, sort sur Monkeytown Records en octobre 2021. En mars 2022, tu reviens avec EP2. D’où puises-tu ton inspiration pour ces deux travaux qui se suivent de près ?

J’ai la chance d’avoir à présent une équipe qui m’épaule à merveille. C’est un grand changement pour moi. Cela me/nous permet de travailler vite et bien. Et je suis totalement libre musicalement parlant. Ce sentiment de liberté m’a très certainement facilité la tâche, et c’est ainsi que j’ai pu enchaîner deux EPs si rapidement. Auparavant, je pouvais bloquer trois, voire quatre mois sur un même morceau, maintenant je sens que c’est différent. J’aime beaucoup travailler le matin, c’est là que je me sens le plus inspiré. La vision du label en lui même m’a toujours inspiré, il diffuse une musique électronique puissante qui aime casser les codes.
Autrement, la musique électronique d’hier et d’aujourd’hui m’inspire, de la rave des années 90 auqom d’Afrique du Sud de 2022. La musique caribéenne aussi. Ça, c’est assez évident quand on écoute « Twenty Four Seven ».

Ces EPs ont apparemment été ficelés pendant la pandémie. Comment rendre hommage à la nuit sans forcément pouvoir la vivre ?

EP1 a été produit en pleine pandémie en effet. Il me semble aussi que les clubs n’avaient pas encore rouvert quand j’ai écrit EP2. Une chose est sûre, j’ai produit tous ces morceaux en m’imaginant les jouer en club. Il fallait garder espoir et je n’avais qu’une hâte : c’était de jouer « Because » en closing d’un set en club ou festival, ou encore de jouer « Twenty Four Seven » sur un soundsystem massif ! À contrario, même si mon background musical est très éclectique, la musique électronique m’a toujours fait vibrer, et je n’ai pas forcément besoin d’être en club pour la vivre pleinement.


Tracklist :

Voir Aussi

Moderat – Ramadan
Addison Groove – Bad Things (feat. Spank Rock)
Pangaea – Hex
Chants – Dance The Crevice
Sylvere – Conception
Cleveland – Gamma
Andy Martin/Lee « Scratch » Perry – Revolution
Sylvere – Pulsar
DJ Lag – Dj Lag
Oik – Soulo
Planetary Assault Systems – Say it loud
Sylvere – Carnival
Glaskin/Malwina – Querschläger
Monobox – Forwardbase Kodai (Ø Phase Remix)
Peder Mannerfelt – Year Of The Rats
Glaskin/Malwina – Querschläger (Planetary Assault Systems Remix)
We Call It Voight-Kampff – Gates
Modeselektor – War Cry
Radio Slave – Acid Dip
Max Duley – Some place else (Bambounou Edit)
Sylvere – Fields
Sylvere – Toys


Vous pouvez voir Sylvere en live au Rex Club en Mai, au Solidays avec La Créole, et au Bikini à Toulouse en juin.

Photograhie : Tristan Conchon / DA : Loic Ougier

Pour suivre Sylvere : Instagram / Facebook / Soundcloud

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