Samedi 16 novembre à la Grande Surface, Sang Rancune revient encore plus engagé :
CONTRE le tabou des règles et de tout ce qui entoure le corps dit “féminin”
CONTRE la normalisation des corps, des identités et des sexualités,
CONTRE la violence médicale et toute autorité qui contribuerait à renforcer des normes.

Pour cette édition de Sang Rancune, Cyclique association à l’origine du projet, passe au crible les influences des normes de genre sur nos corps, la prise d’hormones et la gynécologie moderne, les effets du colonialisme et du capitalisme sur la santé « féminine » et notre apprentissage des questions de la sexualité.

A l’intersection

Déconstruire les tabous et idées reçues sur le corps, la sexualité et la douleur « féminines» en se les réappropriant et en reprenant la main sur les discours infantilisants, invisibilisants ou médicalisés, tel était l’objectif rempli et délivré avec succès lors de la première édition de Sang rancune. Forte de cette formule plus rafraîchissante que n’importe quelle pub Nana, le festival queer féministe inclusif repousse les limites de ses ambitions de mise à disposition des connaissances gynécologiques générales pour tout·es en témoignant d’une programmation pensée sous le prisme du féminisme queer et de l’intersectionnalité délivrée par une affiche d’expert·es d’élite. Et petit plus: cette année chacune des conférences seront interprétées en LSF pour les personnes sourdes et malentendantes.

Ainsi assisterons-nous au cours de la journée à une discussion au sommet entre Françoise Vergès et Elise Thiébaut, autrices respectives de Un féminisme décolonial et Ceci est mon sang, à propos de l’exploitation du corps des femmes sous un régime capitaliste héritier de la colonisation. Suivra une conversation entre Diane Essere, fondatrice de Sexy SouciS, Jack Parker, autrice de Le grand mystère des règles, Giovanna Rincon, présidente d’Acceptess Transgenres et Audrey Taguet, membre de Femmes Sourdes Citoyennes et Solidaires autour de l’accessibilité à la santé sexuelle, animée par Clémence Allezard.

La testostérone, invitée surprise de cette édition

Enfin, Juliet Drouar art thérapeute et fondateur·ice de Des Sexes et des Femmes, Marie-Rose Galès, autrice du blog Endométriose mon amour et Fanny Godebarge, présidente de Cyclique qui s’attaqueront à la vaste question de l’intrication du patriarcat dans la prise hormonale. Elles tenteront de répondre à une question aussi essentielle que rarement posée : Comment la société sexiste a t-elle influencé nos corps et la prise en charge des personnes endométriosiques ?, modération assurée par Mounia El Kotni, docteure en anthropologie médicale et culturelle. Le thème est particulièrement sensible pour la présidente de Cyclique, atteinte d’endométriose et qui révélait dans son communiqué de presse se soigner avec des microdoses de testostérone. « J’ai commencé au mois de mars 2019 et depuis huit mois, je revis. » Elle poursuivait ainsi, invitant à débattre le jour du festival :

« Aujourd’hui, nous souhaitons interpeller et sensibiliser les personnes concernées par l’endométriose, mais également les laboratoires pharmaceutiques, sur les enjeux liés à l’usage thérapeutique de la testostérone. Nous sommes conscient·e·s et indigné·e·s par le fait que l’accès à cette hormone soit restreint pour les personnes transgenres, qui font régulièrement face à des pénuries  injustifiées. Nous souhaitons aujourd’hui la rendre disponible pour toutes les personnes qui en expriment le besoin, sans limitation de genre ou de moyens. »

A ces belles réflexions collectives s’ajouteront les projections des films d’Angèle Marrey et Rayka Zehtabchi, de nombreux ateliers allant du speed coaching à l’auto-massage en passant par la broderie féministe ou l’écriture cathartique, le goûter d’écoute de Nori Benz, la chorale féministe Hot Bodies Choir, un espace décolonial prévu pour les enfants animé par Annette Davis du collectif MWASI et un marché des règles. Nos estomacs seront remplis par le traiteur végan et féministe Putsch. Le tout sera rythmé par les magnifiques Sophie Morello et Leslie Barbara Butch aux platines.

Plus d’informations sur l’événement

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Par Chahina Moussa & Apolline Bazin

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