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Radio Tempête : les artistes femmes, non-binaires et trans déferlent sur les ondes

Radio Tempête : les artistes femmes, non-binaires et trans déferlent sur les ondes

Une nouvelle initiative radio entraînante s’est retrouvée sur nos radars la semaine dernière. Et pas n’importe laquelle : une tempête ! Une webradio 100% femmes, personnes transgenres et non-binaires.

Sur Radio Tempête, à toute heure du jour et de la nuit s’enchaînent des chansons d’artistes plus ou moins connu·e·s et de tous genres. En une heure, nous font danser la house envoûtante de la coréenne Yaeji, le tube « Bad Reputation » de Joan Jett mais aussi de la soul, du doux folk, de la pop entraînante ; bref : il y en a pour tous les goûts.

La semaine du 23 novembre, se succédaient une playlist « carte blanche d’invité·e·s », entièrement programmée par la chanteuse et parolière November Ultra, une programmation spéciale Thanksgiving par des artistes autochtones canadien·ne·s, américain·e·s et australien·ne·s, des sélections dédiées aux artistes noir·e·s, et, c’est promis, bien plus à venir !

DP, réalisé par Florent Porta

Très intrigué·e·s par cette initiative féministe sur les ondes comme il y en a peu, nous sommes allé·e·s à la rencontre des créatrices de cette webradio qui a, clairement, de beaux jours devant elle. 

Derrière Radio Tempête, il y a Mathilde et Mathilde, deux mélomanes qui partagent un « goût particulier pour la musique ». Les fondatrices sont engagées dans d’autres initiatives féministes : « L’une fait partie de l’équipe [du média] Women who do stuff., l’autre a participé à un Camp Rock destiné aux jeunes femmes et minorités de genre (ce qui commence à faire une belle majorité de gens). » Pour elles, « lancer ce projet ensemble était assez naturel ».

On vit une période qui n’est pas à la fête et il nous fallait un projet pour canaliser cette énergie.

Mais alors, pourquoi se pencher sur le format de la webradio musicale ? À l’heure où tous les clubs sont fermés et où les lieux pour danser, se rencontrer, faire de la musique sont menacés de fermeture, les deux DJ météorologues choisissent de créer Radio Tempête « un peu sur un coup de tête ». « Mathilde avait envie de se lancer depuis un moment et en a parlé sur son compte Twitter. Après avoir regardé les contraintes techniques et financières et déterminé que ‘oui, ce projet est possible’, on a décidé de faire le grand saut. On vit une période qui n’est pas à la fête et il nous fallait un projet pour canaliser cette énergie. » 

Nos discothèques regorgent de femmes, de personnes trans et non-binaires, et c’est toustes ces artistes-là qu’on voulait mettre en lumière parce que ce n’est pas forcément le cas ailleurs.

Quand on sait que, selon une enquête du CSA en 2018, les voix masculines représentent la majorité des programmations sur les ondes radiophoniques françaises, une initiative comme celle de Radio Tempête fait du bien et porte l’ambition d’inverser la tendance. « Le choix de ne pas diffuser d’hommes cis, ça c’est fait naturellement. Par nos convictions féministes, nos divers engagements et, tout simplement, dans la vie de tous les jours, nous privilégions la culture produite par des femmes et minorités de genre, comme Alice Coffin l’explique parfaitement dans son livre Le Génie lesbien. Nos discothèques regorgent de femmes, de personnes trans et non-binaires et c’est toustes ces artistes-là qu’on voulait mettre en lumière parce que ce n’est pas forcément le cas ailleurs. Et puis surtout parce que c’est la musique qu’on aime. » 

Un retour des Riot Grrrls ? 

La construction de cette webradio, très punk et DIY, est une bouffée d’espoir : programmer « seulement » des femmes, personnes non-binaires et transgenres n’est pas réducteur, au contraire ! « On a commencé à rassembler tous les morceaux qu’on a pu trouver sur nos vieux disques durs, via les cartes de téléchargement de nos collections de vinyles, dans la discothèque familiale ou encore à partir d’années d’achats sur Bandcamp. Une fois que notre médiathèque a été suffisamment conséquente, on a lancé la radio en aléatoire. » Une bonne collection de départ, nécessaire au lancement de leur plateforme, complétée par « des playlists thématiques, arrivant au fur et à mesure sur les ondes digitales ».

Les deux jeunes femmes ont aussi l’intention d’aller chercher des collaborations en donnant des cartes blanches. « November Ultra nous a fait l’honneur d’être la première et on a adoré sa sélection ! La programmation est en perpétuelle construction parce qu’on s’est vraiment lancées sans trop se poser de question, mais on reste très attentives aux retours et aux suggestions qu’on nous fait. »

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Pour le futur de leur webradio, les créatrices sont optimistes, sans se mettre la pression : « On bidouille et on se débrouille comme on peut. On fait ça sur notre temps libre et ça nous convient très bien. On verra comment la radio va se développer et quelles seront nos envies au fur et à mesure, mais il n’est pas exclu qu’on développe d’autres formats. » 


Pour écouter Radio Tempête : http://radiotempete.com

Pour retrouver un titre de la programmation : https://twitter.com/BotTempete


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