Ce qu’on a retenu de la Route du Rock 2017

© Alain Bibal

Pour cette édition 2017, les organisateurs de la Route du Rock avaient mis le paquet avec des artistes très attendus comme The Jesus and Mary Chain, PJ Harvey, Oh Sees ou Ty Segall, désireux de rester dans la course face à un nombre croissant de festivals partageant la même identité « rock ». On pense notamment à Rock en Seine qui avait lieu le week-end d’après à Saint-Cloud et dont la programmation ressemblait beaucoup à celle de la Route du Rock, avec les mêmes têtes d’affiches. Hormis les pintes de cidre et les galettes-saucisses, pourquoi le festival malouin, qui fêtait sa vingt-septième année, est toujours un événement à ne pas rater ? On vous raconte tout ici.

Le premier groupe à entrer en scène, c’était Froth, qui venait défendre son dernier album Outside (Briefly), LP sous forme de nouveau départ pour le groupe américain, qui se détache de son image « garage de Los Angeles » et de son omnichord pour aller vers un son plus atmosphérique, voire expérimental. JooJoo Ashworth et sa bande ont enfin trouvé leur identité et ça fonctionne.

Froth-©Nicolas-Joubard

Après cette entrée en matière, on a particulièrement hâte de voir Foxygen entrer en scène, dont le dernier concept-album Hang, nous a totalement conquis par sa grandiloquence et son côté comédie musicale cheesy à la Meat Loaf. On se doutait qu’il n’y aurait pas d’orchestre symphonique, mais on était quand même agréablement surpris de voir quelques cuivres sur scène. Le groupe nous a régalé avec des morceaux comme ‘Avalon’, ‘America’, ou ‘Follow the Leader’, exécutés dans une joie presque orgasmique par Sam France, dont le visage couvert de peinture argentée avait des airs de lune nacrée.

La tant attendue PJ Harvey livre, ensuite, une performance grandiose. Impossible de rester de marbre devant sa voix habitée et ses textes mélancoliques. C’est la parenthèse céleste du festival, avant qu’elle ne dérive dans une frénésie de pogos. L’année dernière, il y avait Fidlar, cette année il y a Idles, des Anglais très énervés dont la brutalité sur scène a conquis un public survolté. C’est une belle mise en bouche pour accueillir Oh Sees et son John Dwyer qui a du mal à garder sa langue dans sa bouche. Quelques jours avant, on avait pu écouter le dernier album ORC, un concentré de riffs puissants et lourds qui annonçait un concert à ne pas rater.

PJ-Harvey-©Nicolas-Joubard

Un autre concert à ne pas rater était celui de Temples, les irrésistibles Anglais chevelus au rock psyché efficace. Certains diront « poseurs » mais nous nous contenterons de dire « coquets » car on est forcés d’évoquer la veste pailletée de James, les pattes d’eph’ de Thomas et le veston bariolé d’Adam. Certes, ils n’ont pas révolutionné la musique mais ils savent livrer des morceaux entêtants qui font planer les plus sobres des spectateurs.

La Route du Rock, c’est aussi des concerts gratuits sur la plage de Saint-Malo. On a été charmés par la prestation de Kaitlyn Aurelia Smith qui est venue jouer son album Ears, petit bijou d’exploration électronique fait avec un synthé analogique appelé Buchla. Seul bémol : son set aurait mérité d’être vu dans un espace calme et silencieux, loin du brouhaha d’une plage bondée.

The Jesus and Mary Chain-© Nicolas Joubard

The Jesus and Mary Chain, un des groupes les plus attendus du festival, a su fédérer les plus âgés comme les plus jeunes des festivaliers, sans se complaire dans la nostalgie, en jouant autant de tubes mythiques que de morceaux plus récents issus de leur dernier album Damage and Joy. Un retour sur scène réussi.

Idole des jeunes, Mac Demarco était visiblement très content d’être à la Route du Rock pour livrer sa dream-pop de crooner défoncé. Demarco est cool et il le sait, clope au bec, rosé dans une bouteille en plastoc et batteur sous Xanax. Tout était réuni pour que l’on pique du nez entre Salad Days et This Old Dog mais, surprise! Tout d’un coup résonne la mélodie de ‘A Thousand Miles’ de Vanessa Carlton qu’il reprend avec brio.

Sans hésiter, la palme du meilleur concert revient à Ty Segall et sa bande qui ont livré un set bruyant à la croisée du garage et du rock psyché avec la touche 70s du piano Wurlitzer et des solos à la Alice in Chains. On tire notre chapeau à la Route du Rock qui a assuré une programmation presque sans bavure, réunissant le meilleur du rock garage et psyché de ces dernières années. Avec ce genre de niveau, on a hâte de voir ce que nous réserve la prochaine édition.

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Retrouvez tous les concerts en replay ici.

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