Une pensée qui crie. L’inconscient s’expose !

©Antoine Janot, Présence, 2017
©Antoine Janot, Présence, 2017
Chacun de nous a son propre vécu de l’inconscient, ses propres mirages, ses propres fantômes, ses rêves et ses chutes, mais dans cette exposition, nous nous sommes entendus sur quelques point. L’inconscient pour nous est LE possible, c’est la mobilité même, l’altération constante – devenir autre, c’est l’intimité de l’inconnu. – Judicaël Eymard

Sur une idée d’Antoine Janot, l’exposition « Une pensée qui crie » réunira des artistes autour de la thématique de l’Inconscient. Présentée à la Sorbonne à partir du 15 février 2018, et offrant une carte blanche à l’artiste, l’exposition est inspirée par cette pensée subjective et instable de l’inconscient. Alors, d’un artiste à l’autre, les œuvres reproduisent ce mouvement et cette instabilité, évoluant et s’ajoutant les unes aux autres au fil du temps de l’exposition.

Une Pensée Qui Crie – Vernissage le 15 février 2018 à partir de 18h – Université Sorbonne faculté des sciences, 4 place Jussieu, Paris 5ème – Exposition du 15.02.18 au 14.03.18.

©Antoine Janot, Lapsus, 2018 - extrait, production en cours pour l'exposition
©Antoine Janot, Lapsus, 2018 – extrait, production en cours pour l’exposition

« On ne sait pas grand chose de l’inconscient et c’est parce qu’il est intrinsèquement inconnu qu’il me passionne. Je ne sais même pas s’il existe, s’il est moi ou en dehors de moi. Certains croient que cet Autre qui nous constitue est Dieu ou un quelconque esprit, un mauvais peut-être. Si l’inconscient est une mémoire cachée, alors je travaille à la découvrir depuis longtemps à travers mes travaux, j’essaie de retrouver instinctivement les images mentales qui me définissent et dont je n’ai que la sensation. […] Je présente des œuvres qui évoquent des images mentales, des images à la limite de l’intelligible, qui pulsent, fragmentées, effritées. » Antoine Janot

©Garance Alves, Fragments, vidéo, 2017 - extrait
©Garance Alves, Fragments, vidéo, 2017 – extrait

« Bien que mon travail ne soit pas directement lié à l’inconscient, il tisse néanmoins des liens avec cette notion. Je m’intéresse à tout objet qui touche de près ou de loin le corps sans forcément que ce dernier soit présent. […] Je cherche à montrer, transposer de manière plastique, une sensation, le souvenir d’une action passée, d’un corps en mouvement dans l’espace et ainsi proposer au spectateur une expérience onirique. » Garance Alves

Les œuvres Trouble, une installation de tulle, et la vidéo Fragments, qui seront exposées, évoquent toutes deux une rencontre entre danse, mémoire et la peau d’un tissu.

©Agathe Lepoutre, Sans titre, dessin
©Agathe Lepoutre, Sans titre, dessin

« J’ai l’intuition d’avoir un para conscient suffisamment fissuré pour qu’il y ait de nombreuses communications entre mon conscient et mon inconscient. L’inconscient est donc pour moi une fenêtre toujours ouverte dans ma quotidienneté. Elle me montre des possibles, des lieux inconnus, j’y vois des familiers étrangers, c’est ma seconde vie simultanée. » Et dans l’exposition ? « Trois tête représentées comme une trinité. L’une en intériorité lourde et secrète. La seconde lumineuse d’où sortent des vagues de matière et la troisième qui fait écho à l’universalité avec son bruit blanc. Trois représentations de cet inconscient qui déborde. » Agathe Lepoutre

©yvette de march, documents de travail pour une installation lumineuse
©yvette de march, documents de travail pour une installation lumineuse

« L’inconscient représente pour moi un lieu théorique où la contradiction est maître : le temps n’y a pas d’ordre établi. Il est le lieu de l’inintelligible et de l’insaisissable. En effet cette thématique me suit depuis quelques années sans pour autant être le sujet principal de mon travail. Les œuvres que je souhaite présenter se veulent comme des dimensions lumineuses qui donnent à voir des amalgames de souvenirs. » Yvette de March

©Judicaël Eymard, Carnets, en cours
©Judicaël Eymard, Carnets, en cours

«Demander l’importance de l’inconscient dans le travail de l’artiste est comme lui demander le rôle du foie dans la digestion. Personnellement, je ne l’ai jamais nommé, et je n’en ai jamais fait l’économie. Je me confronte à l’impossible, à la révélation dont on trace le chemin mais qui ne peut être contenue. Je vais présenter un mur d’écriture, une sorte de nudité aveugle, un carnet cristallisé qui symbolise – par la matière et un jeu sur les particules – peut-être ce cri de la pensée… et un hologramme qui cherche à présenter une image libérée de la gravité de ce monde, de notre croix. » Judicaël Eymard

©David Chapuis, sans titre, résine et encre sur verre, 2017
©David Chapuis, sans titre, résine et encre sur verre, 2017

« Le « langage machine » du corps, le binaire humain, une langue construite dans le dos de la conscience avec la complicité des perceptions. L’interpréter c’est perdre sa poésie mais bénéficier de son sens, ne pas le faire c’est perdre son sens mais bénéficier de sa poésie. Le début de mon travail artistique est jalonné de tentatives de fixation d’images en provenance de l’inconscient sans l’interprétation. Une fois fixées elles bouclent la boucle perception – inconscient – conscient – perception et en agissant comme un résonateur permettent parfois d’accepter le sens caché sans perdre la poésie métaphorique. Les œuvres présentées cette fois ne fixent pas d’images précises […]. Les œuvres constituées de résine et d’encre entre deux plaques de verre sont une analogie des phénomènes cognitifs du corps et de l’esprit en même temps qu’un support abstrait magique pour faire émerger l’inconscient. » David Chapuis

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