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Para One, Lulu Van Trapp, BERGMANN… Catch-Up Clips #39

Para One, Lulu Van Trapp, BERGMANN… Catch-Up Clips #39

Manifesto 21 - Clips

Toutes les deux semaines, la rédaction musique de Manifesto XXI vous dévoile ses meilleurs clips. Au programme, des artistes qui débordent encore de créativité après plus de dix ans de carrière, d’autres émergeants qui deviennent de plus en plus fort.e.s, et accessoirement une virée dans le Far West.

Para One – Shin Sekai

Para One relie l’humain à la machine dans ce premier extrait, explorant les traces visuelles des rêves empreints par une musique transcendante annonçant son prochain album SPECTRE : Machines of Living Grace prévu pour mai 2021. Réalisé par William Laboury, une machine s’infiltre dans le cerveau d’un sujet, retranscrivant des images rêvées. L’expérience peut démarrer. Les cœurs bulgares s’élèvent – et on ne peut s’empêcher de penser au thème de Ghost in the Shell produit par Kenji Kawai – suivi de percussions retentissantes, pour terminer sur l’envoi d’une techno plus sombre, dévoilant le discours de l’activiste américain Mario Savio « Operation of the Machine » de 1964. Le rêve s’illustre, animé de pixels numériques colorés sur l’écran noir de la machine. « Shin Sekai » est le premier des clips, s’inscrivant d’un projet visuel en 3 parties.

Lecourt Mansion x Dian & Lediouck – Gourmandise

Dian débarque pour la première fois en solo l’hiver dernier avec deux singles (« Insanity » et « Bailerina » ). Passée par la mode avant de se reconvertir dans la musique, l’artiste transgenre s’entoure ici du musicien Lediouck pour signer « Gourmandise », bande-son trap et électro d’un clip dévoilant la nouvelle collection du label Lecourt Mansion. Sur des podiums aux allures de dancefloors, apparaissent tour à tour les fidèles de la marque, de la mannequin Dustin à Christine and the Queens. Toustes exhibent fièrement les créations de Nix (tout en hair flip à la fin du clip) dans une mise en scène en ombres et lumières … rouges si possible. À rebours des défilés plus statiques présentés lors de la dernière fashion week, ici corps en mouvement et danses sont à l’honneur – twerk inclus !

NTO – Invisible

Le clip réalisé par Jean-Charles Charavin illustre ce que NTO avait en tête au moment de composer « Invisible ». On suit un adolescent effacé, discret, voire absent aux yeux des autres. Un jeune homme introverti et un peu mal dans sa peau, qui galère dans la vie. Sans dialogue, le jeu de Thomas Agouloye et Cherine Ghemri est expressif et nous plonge dans un univers proche de celui de la série britannique « Misfits ». Troisième sortie depuis qu’il a rejoint Allpoints France, NTO livre un morceau bien construit qui sous-titre un court-métrage muet réussi. Il nous amène crescendo vers un tableau final quelque peu tragique, mais plein d’espoir.

Sevdaliza – Darkest Hour

L’univers immense de Sevdaliza ne cesse de nous fasciner et de nous captiver avec la sortie du clip accompagnant son titre phare « Darkest Hour ». Les réalisatrices Sarah Benjamin et An Simin ont collecté des images de femmes de tous les horizons ; leurs portraits vidéos faits maison se succèdent et agissent comme une véritable source d’autonomisation. Ces femmes, qui historiquement sont bien trop restées dans l’ombre, cachées, invisibilisées, marginalisées, transcendant aujourd’hui l’écran. Elles surpassent leurs origines géographiques, leurs âges, leurs orientations sexuelles et revendiquent une féminité basée sur la solidarité, la communauté, la diversité. « What It Feels Like To Be A Woman. It’s a perfect world. We are the perfect girls. »

Bergmann – Pity Party

Toute de rose vêtue et accompagnée d’une fiole à strass, la très glamour Bergmann se rend à un enterrement. Sur le chemin du retour, elle se retrouve dans un safe space : le confessionnal moderne semble se retrouver dans nos groupes sociaux ou chacun.e fait preuve de bienveillance. On y expose ses deuils, tristesses et pêchés mignons sans honte. Car ici, la pitié n’existe pas s’il n’y a pas de jugement. Sur scène, Bergmann invite ensuite son audience à la confession sans pudeur.

DÆMON & MODULAW & XZAVIER STONE – Big Business

Fruit de la collaboration entre le rappeur-performeur DÆMON, le duo de producteurs Xzavier Stone et Modulaw et le studio d’animation Lucid Interval, « Big Business » nous entraîne sur les chemins d’un Far West steampunk. Dans cet univers façon Red Dead Redemption, un personnage sapé comme un cowboy fait mordre la poussière au grand capital et fait tourner ses pilules colorées : « Blue pills, red pills, pink pills, got the whole color wheel », les affranchi.es peuvent à nouveau danser.

Boys Noize & Kelsey Lu – « Ride Or Die » feat. Chilly Gonzales

« Embarquez à bord d’un train enflammé traversant un désert extra-terrestre ». Telle est la promesse tenue par le dernier clip de Boys Noize, « Ride or Die ». À la manière d’un véritable court métrage d’animation, nous sommes transporté.e.s dans un univers SF haletant à 140 bpm, traversant des paysages « rouge sang » et des mers trop translucides pour être vraies. Le tout mettant en scène une personnification de la musicienne Kelsey Lu, en featuring sur le titre, tantôt princesse en fugue, astronaute en mission ou encore fée interdimensionnelle. C’est donc un pari réussi pour « Ride or Die », réalisé par le studio américain Art Camp, déjà à l’origine de clips bluffants à l’instar de Last I Heard de Thom Yorke ou Bright Eye de Marina Trench. Nous ridons volontiers dans ce voyage onirique intersidéral.

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[Exclu] – Gargäntua de retour avec « J’ai faim »

Bonus : Lulu Van Trapp – Joan of Arc

Initialement intitulée « I’m Not Here to Save the World » (devenu le titre de l’album) pour éviter de prêter à confusion avec la chanson « Joan of Arc » du groupe Orchestral Manœuvre in the Dark, Lulu Van Trapp a ficelé cette composition lors d’une session d’enregistrement du premier long-format attendu pour avril. Autant influencé par la soul d’Amy Winehouse et le rocksteady que par le groupe californien The Gun Club et les synthétiseurs oniriques de Beach House, ce single exploite le potentiel international et les inspirations multiculturelles des quatre musiciens. À l’instar de leur détonant « Brazil », la figure du monstre est toujours un élément essentiel de la mythologie du quatuor qui est parti effrayer, à cette occasion, le paisible littoral de Capbreton pour le tournage des scènes dans lesquels ils campent les hybrides chimères pêchées dans la faune aquatique. Entrecoupé avec des captations de leurs expériences scéniques toujours hallucinatoires et autres plans à la photographie rétro pour la promotion du nouvel opus, ce clip sous forme de making of prépare le retour en chair et en os de cette bande déjantée qui, on l’espère, pourra bientôt nous faire vivre à nouveau leurs happenings démentiels sous forme de concert.

Par Michel-Angelo Fedida, Géraldine Faure, Eva Fottorino, Selma Nem, Bryan Ferreira, Gabin Morvan, Adélaïde de Cerjat et Laure Thébert.


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