Palmbomen. Doux malaise et méditation sonore

Crédits : Juan B Cano

Il y a maintenant trois ans, au chinois, lors d’une I’ve seen the future planante, nous avions découvert Palmbomen, OVNI californien dont on n’avait pas su déterminer le niveau de second degré. Lors de sa venue en France l’année dernière, nous l’avions alors rencontré, presque étonnés que cet être sorti des Internet, de vidéos homemade aux arrières-goûts lynchiens, existe dans le monde réel.

J’ai lu dans la presse que tu es un sad boy. Que tu cultives une certaine tristesse dans tes chansons. Pourtant, le tout dégage quelque chose de plutôt apaisé. Comment tu expliques ce contraste ? 

J’aime la mélancolie plus que la tristesse. J’aime quand les choses ne sont ni joyeuses ni tristes, ce qui est le propre de la mélancolie en fait.

Tu viens de Californie, on pourrait s’attendre à un brightside dans ta musique, un truc ensoleillé. Enfin, qui correspond à des stéréotypes un peu à la con…

Il y a un brightside intrinsèque dans la culture américaine. Surtout la Californie, parce qu’il fait beau. Mais les Etats-Unis ne sont pas une nation très exemplaire, en ce moment. Je n’ai jamais eu trop envie de faire des choses ensoleillées.

En Californie on fait de plus en plus de musique minimale, de la noise. C’était des idées européennes, mais nous développons ça chez nous aussi, avec la danse en plus, parce que la danse fait partie de Los Angeles.

Je n’ai jamais eu trop envie de faire des choses ensoleillées.

Le son est un moment de danse, de méditation, d’introspection pour toi ? Ou alors juste, tu danses ? 

Je danse juste, cela va avec le reste. Mais la chose la plus importante est la danse, en effet. Je ne veux pas faire des chansons qui donnent un sens au malheur, je veux juste faire de la musique qui transporte. Ok, c’est mélancolique, mais ce n’est pas la mélancolie de Radiohead

Ok c’est mélancolique mais ce n’est pas la mélancolie de Radiohead

Ta musique peut être lue de manière très spirituelle. Tu en penses quoi ? 

Je ne suis pas très spirituel et je ne crois pas en Dieu. Je médite beaucoup, peut-être que cela fait partie d’une spiritualité ? Est-ce que faire du yoga est quelque chose de spirituel ? Peut-être, mais je ne suis pas certain.

Cette question est complexe en fait. Parce que je fuis les religions organisées, je me moque un peu de cela d’ailleurs. J’essaye de créer ma propre religion si on peut le dire, mes propres références.

Donc tes films devraient être drôles ? 

Oui, je pense. Mais pas drôles comme une vraie satyre. Juste drôles.

Comme les films de David Lynch ? 

Voilà. Je pense que c’est drôle, Lynch.

Palmbomen I et Palmbomen II, quelle est la différence ? 

J’ai expliqué ça dans un talkshow que j’avais fait. Palmbomen I c’était un groupe, avec guitare et instruments et tout. Je ne me sentais pas libre, alors que là tout est électronique et je me sens plus indépendant.

J’aime le petit malaise qu’on ressent quand on regarde des petites émissions de télés un peu à côté de la plaque, ou alors quand on regarde des cours de yoga.

Crédits : Nick Lapien

Je voudrais revenir sur cette idée du talkshow. Tu en fais pas mal, tu fais aussi des fausses pub, des vidéos 3D jouant avec les codes de la publicité. Cela rentre dans ton côté satyrique j’imagine ?

Oui, tout à fait. Je fais des fausses émissions avec moi-même. Je parle de films, musiques, choses qui se passent dans un monde inexistant où il n’y a que moi. Comme une petite chaîne locale.

Et tu improvises ?

Oui, beaucoup. Comme ça, les choses sont plus étranges. J’aime quand c’est bizarre. J’aime le petit malaise qu’on ressent quand on regarde des petites émissions de télés un peu à côté de la plaque, ou alors quand on regarde des cours de yoga.

Mais c’est une petite moquerie. Je peux paraître un peu aérien, mais je ne le suis pas beaucoup. Je suis complètement les pieds sur terre. Je suis pragmatique. Juste romantique, probablement.

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