Ottis Coeur, le duo qui fait rimer sororité et rock indé

Ottis Cœur
Ottis Cœur est un jeune duo de rock indé étincelant composé de Margaux à la guitare et Camille à la basse. Nous les avons rencontrées ce 4 décembre aux Trans Musicales de Rennes, une semaine après la sortie de leur premier EP Juste derrière toi.

C’est juste après la conférence « Pour une juste place des femmes dans les musiques actuelles » que nous rencontrons le duo Ottis Cœur aux Trans Musicales de Rennes. Après avoir enflammé les iNOUïS du Printemps de Bourges, la Boule Noire et très récemment Petit Bain, le groupe s’expatrie à Rennes le temps d’un week-end pour jouer sur la scène enviée de l’Étage, dans le centre névralgique du festival. Devant une salle comble et très enthousiaste, elles remercient leurs parents « sans qui rien n’aurait été possible ». Ottis Cœur est un enfant du confinement, fruit d’une rencontre entre deux âmes qui résonnent sur le même créneau et partagent des histoires de vies communes. 

La sororité comme fondement créatif

En moins de deux ans, tout s’enchaîne comme dans un rêve pour le jeune projet. Margaux et Camille adoptent la sororité comme un mode de communication et de fondement créatif. Au-delà des thèmes abordés dans les chansons, au sein de leur duo, les deux femmes s’écoutent, partagent des vécus communs, cultivent la bienveillance et apportent une attention particulière à leurs cœurs respectifs. C’est donc tout naturellement que leur premier EP Juste derrière toi, dévoilé à la fin du mois de novembre, soigne la figure de la grande sœur réconfortante et prévenante des dangers des aventures amoureuses dans les systèmes patriarcaux. Le duo explore la polysémie du mot « cœur », comme thème, mais aussi comme instrument de création vocale.

Les deux voix de Camille et Margaux résonnent souvent ensemble, en chœur, comme pour appuyer sur le vécu qu’elles partagent à deux, la sororité qu’elles entretiennent entre elles et qu’elles souhaitent partager.

Influencées par Izïa Higelin, « qui m’a donné envie de monter sur scène » nous confie Margaux, mais aussi Anna Calvi, Sharon Van Etten ou encore Jehnny Beth pour Camille, les « modèles » des deux femmes s’inscrivent dans des traditions de la scène pop-rock féminine qui infusent leurs manières d’être, en duo de meufs rock assumées. 

« More Women On Stage », co-Manifeste pour une scène rock engagée

Pendant leur live aux Trans Musicales, Margaux et Camille retournent leurs instruments. Apparaît alors le slogan « More Women on Stage » gravé au scotch. Dans un festival où la parité n’est pas encore d’actualité – de même que toute la scène des musiques actuelles, comme il est état dans le dernier rapport de lObservatoire de l’égalité entre femmes et hommes dans la culture et la communication du Ministère de la Culture –, cette initiative menée par la bassiste Lola Frichet apporte un vent de militantisme féministe DIY sur une scène rock qui en a cruellement besoin.

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Les deux artistes nous confient ainsi : « C’est un message fort et nous souhaitons qu’il circule sur nos instruments, c’est symbolique ! On veut des meufs aux instruments, sur scène. Ce mouvement est repris par Bandit Bandit, Periods, Grandmas Ashes et sur le compte Instagram du même nom ». 

À la fin de leur set, le pari est réussi. Nous avons progressivement envie d’y croire : la sororité, le militantisme féministe et le rock fait par des meufs existent bien au-delà des scènes underground et des clichés dans lesquels l’industrie musicale essaie de cantonner les femmes.

Image à la Une : Ottis Cœur par Luis Escudero Gimenez

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