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Mon nom est clitoris : un docu détendu du gland

Mon nom est clitoris : un docu détendu du gland

Le clitoris, seul organe humain dédié uniquement au plaisir, a plus de 8000 terminaisons nerveuses. Le saviez-vous ? Non ? Ou alors vous l’avez appris récemment ? Magritte du meilleur documentaire 2019, Mon nom est clitoris met en lumière de manière inédite la méconnaissance et les tabous qui entravent encore l’épanouissement de la sexualité féminine en 2020. Sorti en salle en France le 17 juin, ce film dresse le portrait d’une génération de jeunes femmes en pleine reprise en main des questions d’éducation sexuelle.

Effacé des manuels d’anatomie les plus élémentaires, le clito est partout dans les cercles féministes depuis quelques années. Symbole d’une reconquête du droit au plaisir et à la liberté sexuelle, il est le sujet de nombreux comptes Instagram et de publications. Pourtant, Mon nom est clitoris, apporte bien quelque chose de nouveau et de puissant dans ce courant. Réalisé par le duo Daphné Leblond et Lisa Billuart Monet, le film prend le temps de nous mettre face à notre propre ignorance et à nos propres hésitations : douze jeunes femmes de 20 à 25 ans racontent à visage découvert le parcours de leur sexualité depuis lʼenfance. « Nous ne voulions pas quʼelles aient trop de recul sur leur sexualité, ou un chemin de réflexion très long. Chez les trentenaires, il y a souvent un effet de bilan. Nous, on cherchait des lapsus, des moments où on se trahit par la parole! Cʼest rare de réaliser un documentaire où les réalisatrices sont concernées directement par les questions posées aux personnages, et cʼest quelque chose de fort, je trouve. » explique Daphné Leblond dans le communiqué de presse du film. Sans prétendre à l’exhaustivité, les jeunes femmes sélectionnées racontent une belle diversité d’expériences du corps féminin.

Le docu joue à fond la carte de la proximité, en épousant la forme d’une discussion entre copines dans la chambre des interviewées : « Faire les interviews sur le lit, cela nous semblait cohérent. Comme cʼest un témoignage difficile à livrer, il fallait un endroit où les filles soient en sécurité, où elles se sentent chez elles, pour rendre leur parole plus fluide et plus naturelle. Et puis cela donne aussi à voir un espace qui les représente. Cʼest un pan de leur personnalité, que lʼon devine à travers le décor. » dit Lisa Billuart Monet. Si la sexualité féminine est encore un tabou en général, on nomme encore trop rarement celui qui entoure la masturbation féminine en particulier. Et comme ce que l’on ne nomme pas n’existe pas, le silence prive beaucoup de femmes de leur propre plaisir… et empêche de concevoir le sexualité en-dehors du cadre hétérosexuel de la pénétration. Voir des personnes se confier sur le sujet produit un effet de soulagement inattendu. Avec ses quelques pointes d’humour bien placées, Mon nom est clitoris a tout pour devenir une référence en matière d’éducation sexuelle.

Projections et rencontres à Paris, lundi 13 juillet et jeudi 16 juillet 2020.

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