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Le collectif Isengard délivre sa première mixtape : GUILDE

Le collectif Isengard délivre sa première mixtape : GUILDE

Les sorcier·e·s du collectif d’artistes bruxellois sortent enfin des ténèbres pour nous en mettre plein les yeux avec une nouvelle forme de magie noire : un poster et une tape, astucieusement baptisée GUILDE.

Après avoir orchestré de nombreuses soirées comme la Isengard Saves The Queen’s en compagnie des membres du collectif Hueco Mundo en 2019 à Bruxelles, la HIGH HEAL à la Brasserie Atlas cette même année, ou encore la production du projet musical Lo único que puedo darte du prestigieux membre de la guilde, LIanto, c’est à présent sous la forme d’un micro label que l’on va pouvoir retrouver les membres talentueux·ses du jeune collectif Isengard (Instagram ici), ce 7 décembre 2020, pour écouter leur première mixtape.

Manifesto XXI – Comment avez-vous construit ce projet ?

Isengard Guilde : La construction narrative de la compilation au sens musical s’est faite d’elle-même, nous avons essentiellement travaillé avec des artistes proches ou faisant partie du groupe, d’où le titre éponyme GUILDE.

En manque de sorties musicales et de fêtes en plein air, on envisageait ce projet comme un exutoire club promettant un été dansant, comme un fantasme qui traînait dans la tête de chacun·e après nos derniers échecs d’organisation d’événements en période de pandémie mondiale. Le contexte de cette année a été déterminant dans tout le processus de création de ce projet.

Justement, comment fait-on pour travailler sur ce genre de projet artistique durant une crise sanitaire mondiale ?

Tous les échanges entre nous ainsi qu’avec les artistes invité·e·s à y prendre part ont été rendus plus complexes et laborieux. La tape initialement prévue pour le début d’été 2020 sort finalement en fin d’année, le 7 décembre. Évidemment ce délai n’a pas manqué d’altérer les sonorités dans l’ensemble, ce qui amène le projet à divaguer entre bass music, noise, dub, quelques notes d’ambient avec des soubresauts pop. Créant ainsi une narration qui représente de manière assez cohérente l’esprit du collectif.

Votre tape est accompagnée d’un poster A3 imprimé en risographie, pouvez-vous me parler de cette proposition graphique ?

La proposition graphique fait vraiment partie de notre identité en tant que collectif, on tient à conserver cette marque de fabrique. Elle n’est pas à considérer comme un accessoire pour mettre en valeur la cassette, mais comme faisant partie intégrante du projet GUILDE.

Pour ce qui est de la partie objet, la tape a été conçue par Paul Peyrolle et Loic Le Hécho qui, toujours dans ce contexte d’entre deux confinements, se sont adonnés à un jeu d’échanges visuels jusqu’à réussir à trouver un équilibre entre leurs styles respectifs. Le tout agrémenté du savoir-faire de Paul en matière de design graphique et d’impression.

GUILDE – Isengard – 2020 © Isengard

GUILDE Tracklist

Pour donner un aperçu de ce qui vous attend, on a sollicité chacun·e des artistes de la tape à en dire un peu plus sur leur morceau.

Face A

  • Llanto – « Cabrón »

Pour ce track je crois qu’il y avait une seule grosse ligne directrice : celle de rester dans une consommation ciblée. Je ne voulais pas être dans l’émotif (sauf dans les vocaux, pour contraster). Il fallait un titre linéaire, efficace, et qui vienne frapper sans trop en dire, pour danser sur la limite avec ce petit twist du milieu, la petite farce.

Llanto

J’ai fait ce track en 4 sessions d’une heure. Et ça a donné lieu à 5 morceaux. J’ai démarré la base mélodique avec des sonorités trance oldschool 90’s pour le publier lors de For The Love of Trance, un événement trance organisé avec High Heal et Lambert Duchesne. Donc au départ, c’étaient des accords de violons, arps de supersaw, beat house et blips mélancoliques. Sauf qu’en le rouvrant la semaine d’après, j’ai appliqué la même mélodie sur des kicks hardstyle avec un bpm plus rapide que le track olschool d’origine.

Après une ellipse d’un an, je ressors les stems de ce track pour le jouer en live enfin, et je me rends compte que les arrangements 90’s et hardstyle sont un peu trop kitsch pour mon mood actuel. Alors je le ralentis presque de façon ambient et je trouve un nouveau lead plus expressif et émotif qui m’évoque beaucoup d’euphorie et de paix, que je complète avec une ligne de basse saturée plus pop.

Cette version manquait de caractère et d’altérité, et j’avais en plus un nouveau développement en tête qui me rappelait « Come To Daddy » d’Aphex Twin ou un Manson qui finit par exploser dans un hymne world et hygiéniste, avec de simples notes de piano sur des kicks. Cependant je n’ai pas pu m’empêcher d’ajouter des parties de guitare, des chœurs, etc. Mais aussi de casser une nouvelle fois la narration avec un synthé inharmonique et plutôt moche pour finir.

Allpass
  • Cajm – « Glass Look »

J’ai fait cette piste quand j’avais 18 ans, donc en la retrouvant j’avais ce sentiment de vous présenter une formidable découverte, plus qu’un track dont j’étais l’auteur.

Cajm
  • Shushu – « I’m Not Okay »

J’ai fait cette chanson pendant le confinement. La première idée était de faire un petit montage de quelque chose de joyeux et de dur. À un moment donné, j’ai commencé à chanter dessus. À la fin ça devient : It’s what it’s. It’s all about my obsession.

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Shushu

Face B

Moi j’ai fait mon track le 17 mars de cette année (2020), le soir de mon anniversaire et le premier jour de lockdown en France (rires). Je pense qu’il faut rester flex dans la vie malgré tout. Peace !

Fetva

Je voulais faire un track club, un morceau que tu peux jouer en soirée, différent de ce que je peux produire d’habitude. Il commence sur des drums un peu break avant de partir sur un drop straight up techno, des couleurs sombres et des grosses basses. Ce sont des directions que j’explore peu en général. C’était un plaisir de faire ça pour la guilde !

Nitro251

J’avais pas mal de travail dans la période où j’ai conçu ce morceau, donc mes rares sessions de composition étaient des moments où je voulais me relâcher, m’amuser, essayer des choses, sans pression. J’ai essayé d’aller assez loin dans les patterns rythmiques sur certaines parties, d’une certaine manière de remplir le plus de cases possible, tout en conservant un balancement et de l’air !

Pardon
  • Rogergoon – « I Can’t Seem To Remember »

J’avais pour intention de faire un son assez lent et calme, avec une montée ou un changement sur la fin. J’ai essayé de m’amuser avec les détails et les subtilités qui viennent s’ajouter sur la basse assez flottante, avec des 808 qui apportent de la lourdeur et la petite mélodie de piano qui contraste. Les rares drums présentes sont samplées d’un son de Linkin Park.

Rogergoon
  • Katy Perry x Mechatok x Emigr

J’ai réuni deux monstres de la pop music pour ta soirée du nouvel an. Plié en une heure sur Ableton, ce rêve adolescent interprété par l’infatigable Katy Perry est sublimé par la prod scintillante de Mechatok. Initialement conçu pour les dj sets de l’été, le blend va libérer en toi toutes les énergies réprimées pendant cette année monacale.

Emigr

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Écouter la mixtape : GUILDE

Image à la Une : © Isengard Guilde

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