Appel à dons pour le nouveau lieu d’archives LGBTQI+ à Marseille

Qui nous apprend mieux à aimer et baiser que nos adelphes queers, vivants ou trépassés ? En ce lendemain de Saint-Valentin consumériste, on vous encourage à contribuer à la création du nouveau local de Mémoire des sexualités : un projet de lieu d’archives LGBTQI+ associatif, non commercial et autogéré à Marseille.

Mémoire des sexualités, c’est le collectif d’archives LGBTQI+ autonome le plus important en France. Dans le quartier de la Porte d’Aix à Marseille, il occupe un vieil appartement ensoleillé aux murs couverts d’étagères pleines de livres et de boîtes d’archives, qui donne sur un petit jardin. Il rassemble des documents permettant de retracer quarante ans d’histoire queer, de façon entièrement indépendante : on y trouve des revues, des photos, des affiches, des correspondances, des enregistrements audio, des livres ou des films. Un très riche fonds documentaire composé d’archives privées homosexuelles, notamment de militants morts du sida, d’archives issues de la vie associative et militante marseillaise, ainsi que des documents provenant de dons à échelle régionale, nationale ou internationale.

Mais « Mémoire » est loin de n’être qu’un espace de stockage : c’est avant tout un lieu de vie. Les membres du collectif s’attache à faire y vivre ce fonds documentaire et la vie culturelle et militante LGBTQI+ en général. Des permanences ont lieu une fois par semaine, le mercredi ou samedi après-midi, pour donner accès aux archives. Un atelier d’écriture se déroule également tous les lundis de 18h à 20h, dont un lundi par mois au Vidéodrome. De nombreuses rencontres et des débats y sont aussi organisés, comme la journée « Nos vies de pédé » en juillet dernier, qui arpentait l’identité pédé à travers plusieurs générations d’invités.

© Mémoire des sexualités

Un mois sur deux, Mémoire invite qui veut à venir prêter voix aux archives, pour diversifier les moyens d’accéder à l’archive et ainsi la décloisonner. Si vous ne connaissez pas le lieu, vous pouvez donc le découvrir ce jeudi 17 février pour l’événement « Les archives à la bouche », durant laquelle chacun peut piocher dans les archives, sélectionner des textes, ou partager ses propres archives, afin de les enregistrer et de créer un objet sonore collectif.

© Mémoire des sexualités
Un nouveau local, pourquoi faire ?

Mémoire des sexualités est actuellement situé dans des appartements privés, inaccessibles aux personnes à mobilité réduite. Le déménagement du collectif répond donc à la nécessité de rendre les locaux accessibles à tous·tes et plus ouverts sur la ville. Le nouveau local se trouvera en plein cœur de Marseille, en rez-de-chaussée, avec une grande vitrine, lui offrant plus de visibilité. Ce grand espace de 90 m2 permettra d’accueillir de nouveaux projets, et des événements pourront même s’organiser sur la rue.

Parmi les projets que le collectif souhaite développer en priorité, il y a le sous-titrage des films projetés – et idéalement de toutes les archives audiovisuelles – afin de les rendre accessibles aux personnes sourdes et malentendantes. L’association souhaiterait également avoir recours à des interprètes lors de ses réunions, et constituer un fonds d’archives des personnes queers sourdes. Mais aussi proposer des emprunts d’ouvrages de leur bibliothèque, voire même ouvrir un café et une librairie. Bref, tout cela est très excitant, et il incombe aussi à tous les membres de la communauté de s’engager au niveau qu’iels souhaitent dans ce lieu collectif et autogéré, comme l’expliquaient la semaine dernière Paule et Heidi, membres de l’association, à Radio Grenouille.

Marseille manque de lieux identifiés LGBTQI+. Ce local représente donc aussi l’opportunité d’offrir une base pour accueillir d’autres groupes, collectifs, associations LGBTQI+, et de propulser de nouvelles dynamiques militantes. Un élan qui s’inscrit dans une démarche intersectionnelle, en lien avec l’histoire des luttes marseillaises, très nombreuses et radicales, et que les nouveaux·lles arrivant·es à Marseille ignorent parfois.

© Stay Happening
Comment donner ?

Vous serez donc bien inspiré·e par la donatrice inconnue ayant donné 137 000€ à l’association pour leur permettre d’acheter un nouveau local ! Une bienheureuse qui semble avoir compris l’importance de cultiver nos mémoires et nos généalogies, sans attendre les pouvoirs publics. Les États pourraient s’effondrer qu’on poireauterait toujours, il nous faut donc compter sur nos propres moyens. Si l’achat du lieu a été couvert par la mécène anonyme, les travaux, à hauteur de 50 000€, restent encore à financer. L’association a donc lancé un appel à dons, ayant à ce jour récolté près de 5000€ grâce à 85 donateur·ices. Pour le futur de nos luttes, pour notre présence dans la ville, pour notre vie communautaire, pour l’inclusion de tous·tes dans nos espaces, donnons !

Voir Aussi

La campagne de don se déroule sur Helloasso. Vous pouvez effectuer un don ponctuel ou mensuel, du montant de votre choix. Le don mensuel permet à l’association d’avoir une visibilité des apports sur plusieurs mois. N’hésitez pas non plus à partager au maximum la campagne de dons sur vos réseaux ! Que vous soyez marseillais·e ou non, ce local bénéficiera à la communauté dans son ensemble. Enfin, si vous souhaitez également vous investir physiquement, vous pourrez participer aux travaux du nouveau local. Stay tuned !


Mémoire des sexualités :
• la campagne de dons
• leur site plein de ressources
• leurs pages Facebook et Instagram
l’événement « Les archives à la bouche » jeudi 17 février
Adresse actuelle : 52 rue d’Aix, 13001 Marseille

Image à la une : © Mémoire des sexualités

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