Comment s’aimer quand c’est la fin du monde ? est la revue des dix ans de Manifesto XXI ! Pour cet anniversaire, nous nous penchons sur le thème de la réparation à travers les travaux d’artistes émergent·es, des jeunes auteur·ices, des journalistes qui nous ont inspiré·es une décennie durant, ou qui, selon nous, marqueront les années à venir. La revue sera disponible en librairie à partir du 17 janvier 2025.
Si l’on sait depuis longtemps que l’intime est politique, en 2024, il nous semble que l’intime est plus que jamais un récit d’art, de mémoire et de réparation. Ce mot qui fuit toute sophistication, la « réparation », répond à nos interrogations et prolonge l’idée du soin : quel héritage nous est laissé ? Quel est celui que nous voulons léguer aux générations futures ? Comment, dans un élan collectif, assumer la responsabilité de guérir le vivant ? Une fois abandonnées les dystopies, nous nous tournons vers des démarches qui apaisent notre éco-anxiété, notre sidération face aux guerres les plus meurtrières, notre peur des persécutions et de la montée de l’extrême droite. Nos corps, chacun queer à sa façon, sont notre moyen de création et de transformation.
Comment s’aimer quand c’est la fin du monde ? est à la fois une archive de cette décennie d’art et de récits révolutionnaires, et une joyeuse projection vers l’avenir. Avec les artistes et auteurices invité·es, nous voulons accompagner ce mouvement et imaginer ce vers quoi il fera transitionner nos pratiques. Notre édition est pensée comme un manifeste collectif. Nous y invitons des artistes émergent·es, des jeunes auteur·ices, des journalistes qui nous ont inspiré·es une décennie durant, ou qui, selon nous, marqueront les années à venir. Nous y publierons aussi les textes de certain·es membres de notre collectif ainsi que des longues conversations avec des figures iconiques. Par nos voix et nos plumes, nous voulons répondre à la question qui nous hante : comment s’aimer quand c’est la fin du monde ?

SOMMAIRE
Chap. 1 • qui soignent nos sens
Du crush à l’amourité : réflexions sur l’amour noir et l’anarchie relationnelle • Audrey Couppé de Kermadec et Douce Dibondo
Pourquoi a-t-on tendance à confondre les connexions intenses avec de l’amour romantique ? Comment en finir avec la hiérarchisation de nos liens ? Peut-on préserver nos relations des systèmes de domination ? Dans cette discussion, les journalistes et artistes Douce Dibondo et Audrey Couppé de Kermadec, anciens crushs devenu·es ami·es, s’interrogent sur la manière dont les relations peuvent évoluer. Remettant en question le conditionnement à l’amour romantique, ielles déroulent une réflexion tendre, traversée par leurs liens avec la spiritualité, l’anarchie relationnelle, la queerness et l’amour noir.
Against All Odds • Sidonie Ronfard
Dans cette série, la photographe Sidonie Ronfard fait dialoguer des images de faune marine translucide, produites lors d’une résidence à l’Ifremer, avec des portraits humains intimes. Elle explore ici sa passion pour la matière, et développe un travail autour de la notion de clairvoyance, de responsabilité émotionnelle et écologique, entre le tangible et l’intangible.

Aujourd’hui 3 juillet • Mariam Benbakkar
Mariam Benbakkar est une artiste et curatrice, fondatrice du collectif Filles de Blédards et de la page instagram « Marseille coloniale », et collaboratrice de la chaîne Histoires crépues. Dans un texte qui se lit d’une traite, palpitant au rythme rapide et percutant de sa réflexion, elle brosse le portrait d’un monde qui semble s’enfoncer dans l’apocalypse, incapable de détruire les mécanismes de domination coloniaux, entraîné dans les fantaisies des milliardaires capitalistes. Son ironie et la force de son propos laissent présager néanmoins un espace joyeux de résistance et de soin.
Ni réparation, ni domination : pour des subjectivités politiques a-réparables • Myriam Bahaffou
Myriam Bahaffou est chercheuse en philosophie féministe et activiste. Elle s’intéresse aux liens interespèces dans une perspective écoféministe et décoloniale afin d’élaborer une compréhension intersectionnelle des enjeux touchant à la justice climatique. Elle livre ici un long texte critique à l’égard de la notion de réparation, à laquelle elle préfère l’idée de régénération. Sans pour autant invalider la question de la restauration et de la guérison, elle propose d’autres pistes pour pousser la réflexion plus loin, avec la plume audacieuse, franche et libératrice qui est la sienne.
Lettre refuge aux résistances • Kianuë Tran Kiêu
Dans cette lettre intime à soi-même, Kianuë Tran Kiêu part à la rencontre de l’enfant queer qu’iel a été. Iel nous embarque dans une description aérienne et imagée de la nature qui l’entoure et du rapport profond et spirituel qu’iel entretient avec elle. Perché⸱es parmi les branches d’un bouleau pleureur, iel découvre ses premières envies de désobéissance à la norme, un tendre amour de soi et son besoin de trouver des espaces émancipateurs de résistance. Sa lutte rencontre celle de la Méditerranée tout entière, celle des peuples de l’Amazonie, du Congo, elle berce la Kanaky, le Soudan, le Yémen, Mayotte et Haïti, elle se mue en cri de soutien aux Palestinien·nes face au génocide, puis ramène l’auteur·ice au Vietnam, face à sa propre mémoire.
Castelo Caracóis • Vica Pacheco
Avec cette série de photos issues d’une résidence artistique au Portugal, l’artiste mexicaine Vica Pacheco s’adonne à un petit exercice personnel autour du soin. Un soin apporté autant à soi-même qu’aux êtres non-humains, qui partagent notre quotidien et nourrissent nos imaginaires et notre rapport au vivant.
Sara Ahmed : « Ce que la droite appelle conflit, nous, nous l’appelons lutte pour un droit à l’existence » • Benjamin Delaveau
Comment lutter pour un monde féministe quand les institutions dépossèdent les militant·es queers, antiracistes et féministes de leur propre vocabulaire, alors même qu’elles sont à l’origine de leur marginalisation ? Sara Ahmed nous invite ici à prendre en compte le rôle des émotions dans la fascisation des sociétés et à regarder les germes d’un monde meilleur qui poussent déjà et toujours dans nos communautés de luttes. Pour la philosophe, c’est en apprenant à s’échapper de l’injonction patriarcale au bonheur que l’on pourra faire émerger de nouvelles pratiques collectives véritablement joyeuses.
Comment Allen v. Farrow permet de repenser la médiatisation de l’inceste • Louise Malherbe
Réalisée par Amy Ziering et Kirby Dick, la série documentaire nous replonge dans l’un des scandales hollywoodiens les plus médiatisés : Allen v. Farrow est un objet essentiel et inconfortable, parce qu’il dévoile ce qui a toujours été là, lorsque l’opinion publique a préféré la célébrité en mégaphone du patriarche à la parole d’une fille de 7 ans. La journaliste Louise Malherbe signait en mai 2021 pour Manifesto XXI cette longue analyse, dont nous publions ici une version raccourcie.
Seumboy Vrainom :€
L’artiste « apprenti chamane numérique » Seumboy Vrainom :€ explore, grâce aux technologies d’intelligence artificielle, les possibilités visuelles d’un art post-occidental et post-raciste. Ses tableaux virtuels sont autant de lieux d’exploration d’univers décoloniaux au sein desquels se côtoient des spiritualités chamaniques, une tentative de réparation de la mémoire et une certaine forme d’ironie.

Au nom du cœur. WHO CLAIMS LOVE / WHO DESERVES IT • Constant Spina
L’auteur, journaliste et fondateur de Manifesto XXI Constant Spina mène une réflexion autour de la force politique et sociale de l’amour queer. Comment s’organiser face à la montée des extrêmes droites et comment insuffler dans les médias une approche queer et intersectionnelle ? Dans ce texte libre et déstructuré, il explore la forme du brouillon et du work in progress, dans le but de sortir du cadre classique de l’essai politique. Il y questionne la réappropriation du langage de l’amour par les fascistes et s’appuyant sur les thèses de Sara Ahmed.
Chap. 2 • qui laissent des empreintes
L’amour il est ni romantique, ni séduisant, mais il est là • Nesrine Salem
Artiste vidéo, poétesse et autrice, les travaux de Nesrine Salem tournent autour des procédés d’hypervisibilisation des êtres diasporiques. Son recueil What is the residue left from setting a black puddle on fire (Que reste-il après avoir mis le feu à une flaque noire) (2023) parle de traumatisme intergénérationnel, de tokenisme, et de pratiques de deuil. Elle propose pour cette édition un texte poétique personnel, écrit lors d’un séjour à Alger. Elle parcourt l’histoire de sa grand-mère et de ses deuils, de son existence sous la colonisation, et s’interroge sur la présence de l’amour dans cet environnement, un sentiment qui semble flotter sans qu’on puisse le capturer. Selon l’artiste, la fin du monde, ici, a commencé il y a bien longtemps.
« Des enfants, des jeunes, ça se protège inconditionnellement » • Diaty Diallo
Comment trouver les mots justes pour réagir à la mort de Nahel M. par un tir policier ? La voix forte de Diaty Diallo, que nous avions interviewée à la sortie de son premier roman, nous était restée en tête. Elle nous a fait confiance pour publier ce texte précieux, paru dans nos pages en 2023. Après avoir été contactée par plusieurs médias (y compris Manifesto XXI) pour s’exprimer au lendemain du meurtre et des événements qui ont suivi, elle dit ce que ces sollicitations médiatiques font aux écrivain·es racisé·es, ce que ces demandes disent du regard posé sur leurs œuvres et sur celleux qui se révoltent face aux violences d’État.
Rira bien qui rira le dernier • Luz Volckmann
La catastrophe politique dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui résonne comme le rire d’un ami cher. Il s’appelait Lamine, il avait 20 ans quand il est mort. C’est la violence du monde qui l’a tué mais Lamine rigolait toujours. Il se moquait de la politique française, il se moquait de notre fascisme montant et de nos barrages décevants. Son rire exige que l’on prenne la mesure de la défaite que constitue la disparition des personnes que l’on aime. Et il exige que nous allions plus loin. Il faut être à la hauteur de la mort de nos proches.
Sarah Schulman : « Je vois deux forces s’opposer : le fascisme et la solidarité populaire » • Constant Spina
Comment la cruauté d’un individu seul peut-elle se transformer en celle d’une famille entière voire d’un pays ? Que se passe-t-il lorsque les liens qui unissent un groupe sont fondés sur la haine, la marginalisation et la persécution de l’autre ? Selon l’essayiste new-yorkaise Sarah Schulman, le mal n’est pas une « banalité » mais une volonté dictée par la jouissance du pouvoir. Entre les murs d’une maison comme sur la place publique, l’amour est alors le plus courageux et responsable des choix.

Lesbianism is a spectrum • Gina Guasch Team
GGT est un studio de création et de design queer fondé en 2019 à Barcelone par Gina Guasch. La mission derrière le studio est d’apporter une vision féministe, inclusive et LGBTQ+ dans l’univers du graphisme. GGT joue avec l’étrange, en donnant vie à des illustrations provocantes et naïves à la fois. En jouant avec l’analogique, GGT prône une vision distinctive et rebelle du design. Gina Guasch a également cofondé un collectif de musique électronique queer, MARICAS, qui a acquis une reconnaissance mondiale grâce à son approche innovante du clubbing. Pour notre revue, le studio délivre un meme qui rappelle l’élasticité des expressions de genre.
Peut-on faire l’amour ? Charly Bechaimont et l’urgence d’un art performant • Elora Weill-Engerer
Charly Bechaimont est un artiste pluridisciplinaire dont la pratique prend des formes performatives, sculpturales ou filmiques. L’automutilation à l’agrafeuse, le découpage d’une caravane en deux ou l’utilisation de liquides toxiques sont des gestes qui inscrivent sa démarche à l’intersection des identités queers, voyageuses et prolétaires, tout en apportant un regard critique sur le rôle politique des corps précaires et dominés au sein de l’espace institutionnel. La critique d’art Elora Weill-Engerer dresse son portrait et mène une réflexion sur comment, au sens littéral, « faire » l’amour. Le construire. Ici, l’amour est niché dans l’ombre de la violence et l’aborder requiert de naviguer à travers un mélange opaque de sentiments et d’actions, au-delà des binarités.
« Quelques pistes » : une archive de famille incestée • Luki Fair
Dans cette lettre personnelle, véritablement adressée à son frère, Luki Fair questionne sa blanchité, sa transitude ainsi que le traumatisme de l’inceste, de son histoire familiale et nationale. Un texte salvateur qui aborde avec courage ce que la violence de l’inceste génère au sein d’une famille. C’est une tentative de politiser le sujet et en faire un enjeu collectif. L’auteur explore ici les liens entre transition et réparation. Réparer ses traumas, réparer son histoire familiale, remettre les choses à leur juste place.
Je me souviens du ciel • Sarah My
Journaliste membre de Manifesto XXI et rédactrice en chef de cette revue, Sarah Diep est également artiste sonore et poétesse sous ses prénoms Sarah My. Dans ses créations, elle développe un univers empreint d’intimité, de tendresse et de spiritualité, qui évoque sa quête identitaire au prisme du deuil, de l’exil et des amours perdues. Elle quitte ici un instant sa casquette d’éditrice pour partager de courts textes poétiques, pensées furtives qui se lisent comme des prières.
Dix ans, une rétrospective • Manifesto XXI
Qu’est-ce qui fait date dans l’histoire d’un média ? La manière de raconter l’actu qui s’impose à nous ou bien l’art d’anticiper des débats ? Le flair de révéler des talents ou les questions inédites posées à des pointures ? À travers cette sélection de moments clés, c’est une histoire collective des engagements et évolutions de Manifesto qui se dessine. Il y a des articles forts sur des moments historiques pour la culture et des rencontres qui ont été déterminantes pour nos vies de journalistes et de grandes personnes. Remonter le fil de nos archives, c’est aussi retracer nos découvertes avec des termes qui nous ont changé·es et nous constituent, comme les événements qui nous ont permis de donner corps à nos idéaux.
Chap. 3 • qui subliment nos blessures
Gay-rire ensemble : quand le stand-up queer ouvre les vannes • Léane Alestra et Apolline Bazin
L’humour queer serait-il une de nos meilleures chances de contrer l’offensive réactionnaire ? Mêlant rire et politique, une nouvelle génération d’artistes de stand-up LGBTQ+ nous mettent du baume au cœur. Les deux journalistes et autrices Léane Alestra et Apolline Bazin recueillent les propos de Mamari, Lou Trotignon, Noam Sinseau, et Maël Chabrillat Eboumbou du Move On Up Comedy Club à Marseille.
TRANS*GALACTIQUE
En partenariat avec la Gaîté Lyrique, nous avons interviewé les curateur·ices de leur exposition TRANS*GALACTIQUE qui célèbre « la possibilité d’un trans gaze, pluriel et émancipateur ». Iels nous parlent notamment du travail des artistes Bobby Sanchez, Roy Köhnke, Roberta Marrero et Darko de la Jaquette.
Fanny Souade Sow : un art du sabotage • Anne-Charlotte Michaut
« S’il n’y avait pas autant d’enjeux sociaux et politiques qui m’amenaient à créer des pièces, je ne ferais probablement pas d’art », nous a confié Fanny Souade Sow. Son travail témoigne de l’expérience des corps minorisés et opprimés dans l’espace public, de l’héritage colonial et de la violence raciale qui en découle. Empreinte de colère mais aussi de joie militante, son œuvre participe d’une réécriture communautaire de l’histoire. Rencontre avec une artiste pluridisciplinaire qui a décidé de faire de sa pratique une tribune pour son militantisme.
Michal Korzec
Dans la suite logique de sa série de dessins « Arbritus Traumotaticum », Michal Korzec continue d’explorer la puissance symbolique des arbres généalogiques. Dans une tentative d’exorciser les traumatismes et les tragédies que ceux-ci peuvent comporter, iel choisit ici de peindre des familles choisies. Celles qui soignent, enveloppent et protègent. Celles qui nous enracinent.
Sortir de la fast-fashion de l’amitié : vers une réparation sublime de nos écosystèmes • Alice Pfeiffer
Le néo-libéralisme, dans nos relations autant que dans les objets du quotidien, nous a interdit un geste essentiel : leur réparation. Après quinze ans passés entre deux milieux croisés, la mode et la queerness parisienne, la journaliste et autrice Alice Pfeiffer constate combien les deux systèmes se répondent en miroir. Visibilité, capital normatif, amitiés transactionnelles : elle questionne ce sentiment d’appartenir à un cours de la bourse de la coolness avec un indice de désirabilité fluctuant au gré de jobs, prises ou pertes de poids, problèmes de santé mentale peu photogéniques. À l’heure de l’accélération des tendances, quand tout se consomme et rien ne se garde, l’aftercare humain et matériel rend sa préciosité au monde qui nous entoure.
Léonie Pernet : « La darkness n’est pas une fatalité » • Laure Thébert
La voix de Léonie Pernet nous accompagne depuis de nombreuses années. Fin 2021, la multi-instrumentiste, chanteuse et productrice sortait son deuxième album : Le Cirque de Consolation. L’interview, menée alors par notre rédactrice musique Laure Thébert, a résonné tandis que nous travaillions autour de la notion de réparation pour cette revue. Dans ce disque, l’artiste poursuit son introspection, levant les voiles sur ses tourments intérieurs et démons du passé. À travers onze titres oscillant entre lumière et obscurité, intime et universel, Léonie Pernet panse les plaies et nous partage sa « profonde espérance ».

La Fissure • Rafael Moreno, Ethan Assouline et Lou Ferrand
Un week-end enfermé·es dans un appartement fissuré, à parler des villes qui n’arrêtent pas de grandir, de l’amitié, des rêves prémonitoires où l’on voit le capitalisme s’effondrer, des chats qui arrivent encore un peu à dormir tranquillement, du temps qui ralentit. Invité·e dans le cadre d’une carte blanche accordée à Aurélien Potier pour cette revue, Rafael Moreno a choisi de présenter des œuvres réalisées en duo avec Ethan Assouline lors d’une exposition sur une invitation de la curatrice Lou Ferrand.
Hiver • Dana Galindo et Sévérina Ianakieva
Graphiste et directrice artistique indépendante, Dana Galindo a conçu et réalisé l’identité visuelle ainsi que la maquette de cette publication. Elle y glisse quelques lignes douces et poétiques, partageant ses vulnérabilités et sa recherche personnelle de réparation. Ses mots sont accompagnés par les illustrations délicates de son amie Sévérina Ianakieva, artiste d’origine bulgare qui tente, dans son travail, de retranscrire les contes et récits qui l’ont vue grandir dans son pays natal.
Safia Nolin : guitare sur le cœur contre les haters • Hanneli Victoire
Depuis le début de sa carrière il y a dix ans au Québec, la musicienne Safia Nolin subit un cyber-harcèlement continu. Parce que femme, parce que grosse, parce que queer, et parce que talentueuse, aussi. Les vicieux n’aiment pas voir les autres réussir. Le journaliste et auteur Hanneli Victoire, lui aussi cible d’attaques transphobes et de harcèlement de la part de l’extrême droite, mène cet entretien touchant : comment réparer les blessures laissées par la haine ? Comment continuer à créer et s’épanouir quand notre présence dans le monde est remise en cause ?
Dans un pays perdu je me suis retrouvé • Noah Truong et Helio Pu
Noah Truong est poète et artiste plasticien. Il a sorti début 2024 son premier recueil, Manuel pour changer de corps, qui aborde notamment sa transition de genre. Helio Pu est cinéaste, monteur et acteur, poète et auteur. Né·e en Chine et installé·e en France depuis son enfance, diplômé·e de la Fémis, ses œuvres explorent le temps, la mémoire et les espaces utopiques. Dans cet échange épistolaire, les deux amis s’adonnent à une poésie profonde et envoûtante, qui laisse libre cours à leurs questionnements autour de leur transidentité, leurs identités asiatiques, leur spiritualité et leur amitié.
María Rivero González (@rivmer_)
Touché·es par son approche sensible des matériaux et l’attention délicate qu’elle porte aux détails, nous avons confié la couverture de la revue à la designer espagnole María Rivero González. Son univers graphique explore les notions de fragilité, de fragmentation et de réassemblage, jouant avec le subconscient, les erreurs graphiques et le langage.
Crédits
Direction éditoriale : Constant Spina
Rédaction en chef : Sarah Diep
Direction artistique : Dana Galindo
Conception graphique : Dana Galindo, Aurélien Potier, Juliette Lépineau
Édition & secrétariat de rédaction : Sarah Diep, Anne-Charlotte Michaut
Assistance éditoriale : Apolline Bazin, Constant Spina
Textes et contributions visuelles :
Léane Alestra, Ethan Assouline, Myriam Bahaffou, Apolline Bazin, Mariam Benbakkar, Audrey Couppé de Kermadec, Benjamin Delaveau, Douce Dibondo, Luki Fair, Dana Galindo, Gina Guasch Team, Sévérina Ianakieva, Michal Korzec, Juliette Lépineau, Anne-Charlotte Michaut, Rafael Moreno, Sarah My, Vica Pacheco, Alice Pfeiffer, Helio Pu, Sidonie Ronfard, Nesrine Salem, Constant Spina, Kianuë Tran Kiêu, Noah Truong, Hanneli Victoire, Luz Volckmann, Seumboy Vrainom :€, Elora Weill-Engerer
Couverture : María Rivero González (@rivmer_), 2024
Date de publication : 17 janvier 2025
Avec le soutien à l’édition du Centre national des arts plastiques, ainsi que celui du Palais de Tokyo et de la Gaîté Lyrique.
Prix de vente : 20€