CINES.X, un week-end sulfureux signé Polychrome

Polychrome

Pour ceux à qui ce nom reste pour l’instant étranger, Polychrome est une association parisienne qui organise des évènements de diverses natures autour des notions de corps, de désir et de genre. S’ils proposent des rendez-vous réguliers, ils s’apprêtent ce mois-ci à vous inviter pour l’un de leurs grands temps forts de l’année, qui se tiendra les vendredi 16 et dimanche 18 février à La Station.

Au coeur du projet, la volonté de faire découvrir des courts-métrages expérimentaux (post)-pornographiques. Mais pas seulement. Fidèle à sa signature kaléidoscopique, Polychrome nous proposera également des lives, des dj sets, des conférences ainsi que des ateliers pour le moins insolites !

Retrouvez les programmes détaillés de chaque journée :

Vendredi 16 février 20h-6h : CiNES.X + Club w/ Techno Thriller • Hildegarde • Oktober Lieber

Dimanche 18 février 15h-23h : CiNES.X • JOUR II

Pour mieux comprendre la volonté qui sous-tend cet évènement, nous avons posé quelques questions à Alexandre Paty de Polychrome, et Marie La Nuit qui jouera en dj set lors de la soirée du vendredi. Pour l’occasion, elle nous a concocté un mix qui a la particularité de s’écouter… dans les deux sens. 

Tracklists en description sur Mixcloud – Visuel © Julia Spiers.

Manifesto XXI – De quoi est né ce projet de mini-festival Polychrome ? 

Alexandre Paty : C’est vraiment parti de cette idée de ciné x, c’est quelque chose qu’on a déjà fait trois fois mais il y a longtemps. C’est Renaud (ndlr le président de Polychrome) qui en était à l’origine, et personnellement j’avais adoré la dernière édition, avec une programmation drôle, sexy, un peu hard, avec plein d’émotions qui se mêlent, puis ça avait bien marché auprès du public, donc j’essayais de le motiver à en refaire une. Cette année il a monté ça avec une petite équipe spécialement réunie pour cet événement.

Pourquoi avoir choisi de faire ça à La Station ? 

A.P. : On a nos marques là-bas, puis c’est un lieu culturel pluridisciplinaire, donc c’était intéressant aussi pour eux d’accueillir des projets qui sortent du pur clubbing.

À partir de cette idée de ciné x, comment se sont agrégées toutes les autres facettes de l’évènement ? 

A.P. : La Station nous offrait un lieu avec un ensemble de possibilités, donc on s’est dit autant rentabiliser tout ça et en faire notre évènement un peu phare de l’année. C’était l’occasion d’exposer les différents pôles de Polychrome au sein d’un même évènement.

Quels sont ces différents pôles ? 

A.P. : Il y a donc un pôle ciné, un pôle musique, dont je m’occupe, un pôle ateliers, un pôle conférences, et un pôle communication et partenariats.

Peux-tu nous résumer le déroulé de l’évènement ? 

A.P. : Le vendredi on commence avec un dj set, les projections, puis une transition de Patrick Thevenin vers le clubbing. Hildegarde ouvrira avec un live, puis Techno Thriller enchaineront, ensuite Oktober Lieber, et c’est Marie La Nuit qui assurera le closing. Il y aura aussi un deuxième niveau en sous-sol avec des dj sets de Tax Robote et Front de Crypte.

Côté ciné, ce sera donc une projection d’un ensemble de courts-métrages ? 

A.P. : Oui, ce sera en trois parties avec des entractes. Chaque partie comprendra plusieurs courts-métrages. On essaie d’avoir une sorte de crescendo.

Comment s’est faite cette sélection ? 

A.P. : Au sein de Polychrome chacun a ramené un ensemble d’idées, on a organisé des visionnages, débattu, puis voté.

Ce sont des courts-métrages plutôt contemporains ou plus anciens ? 

A.P. : Dans l’ensemble c’est plutôt contemporain, mais il y a aussi des choses plus historiques.

Pourquoi la projection de ce type de court-métrages vous tenait à coeur ? Car c’est un genre sous-représenté ? 

A.P. : Ça correspond au coeur de Polychrome : corps, genre, désir, on a toujours proposé des choses autour de la sexualité, c’est notre propos. C’est aussi faire entendre des voix minoritaires : du porno expérimental, queer… Ce sont des oeuvres qu’il serait difficile de voir ailleurs.

Qui sont ces réalisateurs ? 

A.P. : Ce sont des gens d’horizons, d’âges et de nationalités diverses.

Toi Marie, par quel biais t’es-tu retrouvée programmée en dj set à cet évènement ? 

Marie La Nuit : On se connaissait déjà, on se croisait très souvent à La Station, où j’anime la web-radio Station Station avec trois autres personnes depuis septembre. Alexandre m’avait aussi déjà vue en dj set.

A.P. : Je me rappelle de ton dj set à Comme nous brûlons, je me suis vraiment dit qu’il fallait qu’on organise quelque chose ensemble.

Marie La Nuit : On a échangé un premier contact à ce moment-là, en juillet dernier, et l’occasion de collaborer s’est présentée avec cet évènement.

Quel est ton profil à toi Marie ? 

Marie La Nuit : J’ai une émission de radio depuis 4 ans, Marie La Nuit, et je fais des dj sets de temps en temps depuis un peu plus d’un an. Je ne suis pas du tout musicienne, c’est vraiment une passion de la sélection.

Je participe aussi à Music Herstory, un projet multimédia qui explore les intersections entre les cultures musicales et les problématiques de genre.

Quels sont tes styles de prédilection ? 

Marie La Nuit : J’écoute autant du post-punk, de la new-wave que de la techno, de la pop… J’ai un spectre très large, et en dj set je m’adapte totalement différemment suivant le lieu, l’ambiance, l’heure à laquelle je joue…

Où est-ce que tu diggues principalement ? 

Marie La Nuit : Je suis énormément sur Soundcloud, c’est ma source première.

Pour cet évènement de Polychrome que vas-tu jouer ? 

Marie La Nuit : Pour cette fois de la techno ! J’aime beaucoup par exemple ce que fait Tripalium Corp, je passe beaucoup de leurs artistes, c’est assez représentatif de ce qui me plait.

Tu es du genre à préparer minutieusement ton set à l’avance ou à laisser libre cours à l’improvisation ? 

Marie La Nuit : Je prépare tout à l’avance très méthodiquement, j’écris vraiment mon set.

Alexandre, toi, comment as-tu construit cette programmation ? 

A.P. : J’ai toujours une sorte de liste de mes coups de coeur du moment, je reste en contact avec eux, et je les place dès que possible.

Est-ce que tu peux résumer en quelques mots ce qui t’a plu chez ces artistes ? 

A.P. : Pour Hildegarde, ça sera la release party d’un nouvel EP intitulé J’espère que ça va bien se passer. Ce que j’ai beaucoup aimé c’est le rapport au visuel de son univers, elle travaille avec des prothèses, des costumes, des masques…. c’est très performatif, ce qui colle à l’identité Polychrome. Sa musique est assez mystérieuse, entre ambient, electro et bass music.

Le dernier album de Techno Thriller m’a vraiment plu dans les recherches de sons, d’atmosphères… c’est un peu un retour à Marilyn Manson sous amphétamines ! Il y a un côté presque black métal parfois. Ça va être percutant, sombre, bien deep. Je crois que leur live est plus énervé que leur album.

Oktober Lieber c’est un duo féminin qui fait une sorte de synthwave assez dansante, le genre de chose que j’aime beaucoup généralement, c’était assez naturel de les programmer.

Vous avez donc une prog avec plus de femmes que d’hommes. C’est un sujet important pour vous la parité dans les line-up ?

A.P. : Oui je fais toujours attention à ça.

Est-ce que c’est difficile pour toi en tant que programmateur de trouver autant de femmes que d’hommes ? 

A.P. : Ça peut paraître plus difficile, mais en même temps comme ça te donne une sorte de cahier des charges à suivre, quelque part ça te met des contraintes positives sur lesquelles tu construis.

Pour finir sur les ateliers, ça vous tient à coeur d’amener un aspect participatif et créatif dans vos évènements ? 

A.P. : Oui ça a toujours été dans l’ADN de Polychrome, c’est pour ça que cet évènement est central pour nous, car il recoupe tous les aspects de ce que nous faisons, c’est une belle occasion de donner une vision d’ensemble de notre activité. En plus de ça, on a toujours été attachés à une certaine culture du DIY et du Do It Together.

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