π : Le premier album irrationnel de Keev

Pi, premier album de Keev @Cover : Sandro Bioskop

Après plusieurs projets avec le collectif breton Artisanal, Keev s’envole pour son premier projet solo : π. Analyse d’un album de « ride » dans les rues de Paris, qui nous prouve que le rap français n’a pas fini de nous surprendre en 2019.

Keev est un artiste bien singulier dans le paysage du hip-hop français. Un flow nonchalant, des textes noirs et solitaires, … Le rap du rennais nage à contre-courant des tout « a priori » de ce monde, en ne perdant rien de son intelligence, de sa pertinence et de sa créativité. Après avoir tourné pendant presque dix ans avec le trio Artisanal (avec ses deux acolytes Tikro et Inos) en studio comme sur scène, Keev relève le défi du premier album solo avec succès. Une des forces majeures de l’album est sa diversité d’ambiances (de la house avec « On gagne, on perd » à la boom bap de « Dernier soir »)  tout an gardant une cohérence dans son univers. L’album est une véritable ballade dans les ruelles sombres, à la manière d’un polar noir, orné d’argot de titi parisien.

Crédits Photo : Sandro Bioskop

Pour cet album solo, Keev n’a pas été avare sur les collaborations. π est un véritable carrefour de rencontres entre beatmakers, producteurs et rappeurs issus de différentes générations et d’univers musicaux. Nous retrouvons bien évidemment Tikro et Inos  crédités sur l’album, mais également K.Oni de Micronologie, le duo Rezinsky ou encore une des figures qui a marqué  l’âge d’or du label Neochrome : Joe Lucazz.

La tracklist de π : un véritable projet collectif pour un album solo.

En plus de toutes ces collaborations de rappeurs, l’album est riche en production. On y retrouve des producteurs proches du rappeurs comme Rezo (moitié de Rezinsky) ou K.Oni (le rappeur excelle autant derrière que devant le micro), ainsi que Maseki, producteur de musique électronique, ou encore Sleem au scratch. Un véritable mélange scientifique de styles musicaux complémentaires.

Enfin, Keev nous montre sa diversité à travers des clips, tournés à chaque fois dans des endroits insolites. Du palais du communisme bulgare abandonné dans « On Gagne, On perd », aux plaines désertiques de Tchernobyl dans « Prypiat », son univers embrasse les lieux de l’abandon et de la désolation avec mélancolie. π devient alors un véritable témoin de ces lieux oubliés et donne une soudaine envie de partir en urbex.

Avec des collaborations intelligentes, des clips qui inspirent le voyage, et un univers sombre, Keev réussit donc le pari du premier album solo en alliant tous ces paramètres. π est donc l’album irrationnel du rap hexagonal, qui n’a pas finit de nous suspendre malgré sa popularité.

Retrouvez π de Keev

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