Quelques questions à Transistor Galaxii qui dévoile ‘Origamii’ EP

Décidément, la ville de Reims semble regorger de talents électroniques à suivre. Un exemple de plus avec Transistor Galaxii (qu’on retrouve également sous Bruit Fantôme), membre du stimulant collectif Vapeur et signé chez Highlife Recordings, label à la créativité survoltée qu’on ne vous présente plus. Il dévoile aujourd’hui Origamii, un nouvel EP 5 titres entre ambient, house et électronica, au parfum d’errances nocturnes pluvieuses propres aux méditations vaporeuses.

Manifesto XXI – Tu n’utilises pas un seul mais plusieurs pseudos pour diffuser ton travail sur les internets, pourquoi ce choix ? 

Transistor Galaxii : Par pure schizophrénie, certainement. C’est aussi une manière plus simple pour moi de compartimenter stylistiquement mes morceaux. Comme je ne me fixe aucune limite de style quand je compose, je peux partir dans tous les sens. Le dernier morceau de Transistor Galaxii, qui n’est pas sur l’EP, est d’ailleurs un morceau house lofi.

Et ce sont aussi des manières complètement différentes de travailler.

Peux-tu nous décrire un peu le matériel et les principales techniques que tu as utilisés pour composer cet EP ? 

Pour Origamii, je n’ai utilisé que mon mac, live, pas mal de samples, un clavier midi à deux octaves et un launchpad. Je voulais une démarche inverse à celle que j’utilise actuellement pour Bruit Fantôme : des petits synthés hardware, des contrôleurs midi, des câbles partout…

Ensuite, la plupart des morceaux ont été enregistrés en direct, en plusieurs fois, et il y a finalement assez peu d’edit sur ces morceaux. Je voulais garder un côté un peu spontané au truc.

Il se dégage quelque chose de très mélancolique de cet EP, d’où te vient ce spleen que tu mets en musique ? Est-ce que tu l’as composé à des heures nocturnes ? Quelles images avais-tu en tête en le concevant ? 

Pour la mélancolie aucune idée, j’en parlerai à mon psy. Je ferai un combo avec la schizophrénie. Par contre, je te rejoins sur l’aspect nocturne. J’avais clairement des décors en tête : ceux de la mégalopole du film Blade Runner, une référence qui revient souvent chez moi. Des ambiances urbaines, pluvieuses, baignées des lumières criardes des néons et de l’éclairage artificiel.

Tu es membre du collectif rémois Vapeur, comment s’est faite cette rencontre ? Qu’est ce que ce collectif t’apporte dans ton parcours de musicien ? 

Si je me souviens bien c’était à la Cartonnerie, lors d’une soirée,  Puzupuzu et clap42 sont venus me proposer d’intégrer le collectif qui était en train de se monter avec Slowglide, ShonenBat et Sans Tord. Je connaissais un peu les gars via les internets et Puzupuzu m’avait invité à jouer lors d’une soirée mémorable au Patio à Reims. J’ai accepté sous la contrainte d’une arme de poing et parce que Puzupuzu avait kidnappé mon chat, qu’il détient toujours d’ailleurs…

Aujourd’hui, Vapeur sort des cassettes et commence à sortir des EP. Il y a une dimension label DIY qui me convient très bien. On participe aussi à pas mal de soirées. La scène électronique rémoise actuelle est vraiment super intéressante. Il y a une vraie énergie autour des musiques électroniques avec des collectifs comme La Forge ou des labels comme Lune ou Highlife, par exemple. Assez loin de l’electro-pop qui a prédominé ces dernières années. Et si demain Shonen Bat sort un EP de gabber lofi au kazoo, on validera tous.

Tu sors cet opus sur Highlife Recordings, pourquoi te reconnais-tu dans l’identité de ce label ?

Je pense que c’est une affaire de personne et d’état d’esprit avant tout, comme pour Vapeur finalement. Je connais Etienne depuis un moment maintenant. Il a une démarche, une intégrité et une philosophie du truc que j’apprécie et que je respecte. Je le vois un peu comme notre Ninja Tune à Reims.

Et puis il suffit de jeter une oreille au catalogue et y voir une qualité indéniable : Remo, Helper, Puzupuzu entre autres. Ça se pose là. Donc je suis vraiment très fier de pouvoir sortir cet EP sur Highlife.

À quoi vas-tu travailler prochainement ? 

Probablement préparer une version live de mon autre projet “Musique d’ambiance” orienté ambient, finir par réellement enregistrer les prochains morceaux de Bruit Fantôme qui n’existent pour le moment qu’en live. Et poursuivre le développement de Vapeur avec le crew. Et je vais engager des mercenaires pour libérer mon chat du joug de Puzupuzu.

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