Les Tops 2016 – Cinéma

William Laboury, Hotaru

Ce top 10 est fait de visions singulières fortes, et la démarche que retraduit ce classement n’engage que nous. L’année de cinéma 2016 fut aussi celle de courts-métrages à l’audace incroyable ou de petites productions françaises restées confidentielles, que nous avions à cœur de partager face à des longs-métrages davantage évoqués – qui même indépendants se retrouveront dans la plupart des classements de la presse cinéma. Attention le n°1 va vous étonner.

1. Hotaru de William Laboury (court-métrage)

Une navigation dans la mémoire, celle « des plus belles choses » du monde vers l’espace. Dans cette myriade de souvenirs, Hotaru. Ils se sont embrassés. Flirt avec l’éphémère et souvenir de l’amour en pixels.

2. The Assassin de Hou Hsiao-Hsien (long-métrage)

Quand deux précisions s’alignent – le geste de tuer de l’héroïne et le geste de filmer du cinéaste –, cela devient autant mortel pour les personnages que pour les spectateurs. C’est dire si nous avons eu le souffle coupé devant autant de beauté. En sublimant et en transcendant le genre du wu xia pian, Hou emmène le film vers un au-delà rare et miraculeux, quelque part entre le rite et la cérémonie.

3. Notre Héritage de Jonathan Vinel et Caroline Poggi (court-métrage)

Quand la pornographie se met au service de l’amour pour toucher du doigt les étoiles.

4. The Neon Demon de Nicolas Winding Refn (long-métrage)

Fable gore et pailletée, The Neon Demon nous plonge avec fascination dans le règne cauchemardesque de la beauté superficielle. Digestion difficile…

5. Malgré la nuit de Philippe Grandrieux (long-métrage)

Grandrieux nous offre une déambulation onirique et enivrante, jusqu’au bout du trip, de l’ivresse et de l’absolu. L’amour et la mort se confondent pour ne plus faire qu’un seul terme. Rêve et cauchemar se voient dépossédés de leurs frontières. Quand il n’y a ni jour, ni nuit, ni commencement, ni fin, il ne reste plus que la propension à s’accrocher à la poussière de nos mémoires.

6. Rester Vertical d’Alain Guiraudie (long-métrage)

Dans ce récit à la fois tortueux et désabusé, à l’image de son protagoniste, le cinéaste dessine avec finesse des portraits singuliers, rugueux et authentiques ; tout comme il parvient à filmer avec délicatesse des grands espaces, dignes d’un western. En mêlant le trivial et le mythique, Guiraudie affirme une fois de plus son immense liberté et son inépuisable créativité.

7. Gorge Cœur Ventre de Maud Alpi (long-métrage)

Au cœur de l’enfer d’un abattoir, entre fiction et documentaire et à hauteur animale, Maud Alpi filme avec tendresse les animaux qui observent et respirent pour la dernière fois. Un premier film audacieux et quasi hallucinatoire.

8. Mademoiselle de Park Chan-Wook (long-métrage)

Mademoiselle n’est pas qu’une simple histoire d’amour à rebondissements, c’est la passion de deux femmes servie par une mise en scène chirurgicale. Park Chan-Wook s’amuse dans ses tableaux exquis et ne doute jamais de sa capacité à nous faire rêver.

9. Nocturama de Bertrand Bonello (long-métrage)

Bonello capture l’essence de son temps, en écho tragique avec l’actualité. La jeunesse ne voit aucun avenir donc se révolte, avant de faire face aux conséquences de ses actes. Le film quasiment passé inaperçu à sa sortie est pourtant une traversée de Paris violente, belle et engagée.

10. Paterson de Jim Jarmusch (long-métrage)

La poésie du quotidien. Il n’y a pas de méchant, pas de fatalité, que la beauté qui s’exprime en vers libres. Jim Jarmusch crée un récit en couches quotidiennes, ciselant finement son histoire par ajouts subtils. Adam Driver est grand.

***

Par Victor Chevet, Lola Margrain, Yann Pichot et Lisha Pu.

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